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le : 28-04-2004 à 14:11:01
INTRODUCTION
Salut à vous les zamis.
Oui vous êtes sur mon blog.
Un blog qu’est-ce que c’est ? C’est un espace sur le net que se réserve un électron libre (en l’occurrence moi) pour étaler sa vie.

Bon, je ne peux pas dire qu’il se passe des choses incroyables dans ma vie, mais comme sur @Fluidz, mon blog ne sera renouvelé que tous les deux à trois mois, et encore tout dépendra des états physiques et mentaux d’Eric et de Vincent alors ça va. Et ça me convient amplement, vu que je suis d’une flemme en titane moulé par électrolyse à technologie NASA en ce moment, c’est vous dire.
Alors voilà, bienvenue dans la vie d’un dessinateur bd de renommée mondiale.



Heu... Finalement, je ne sais pas si je suis intellectuellement prêt pour commencer un Blog ?
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le : 28-04-2004 à 14:18:12
RON
Ce matin, je faisais la grasse comme tous les jours et voilà ti pas que le téléphone hurle sa haine et son dégoût des grosses feignasses encore endormies à mes oreilles. Tout à mon sommeil, je finis par tendre le bras vers la table de nuit et surtout vers ce combiné hystérique…
« Gn… aGNo ?… Y’a pas idée d’déranger les gens en pleine nuit… Qui… »
« Allo, Pixewl c’est moi Dgeorges, il fawt que je te pawrle absolutly »

(Merde pas lui, pas maintenant, je ne suis pas en état de lui parler à ce crétin pensais-je)

« Gn… Djeorges, t’es lourd là il est … Il est midi et.. »
« Pixewl, c’est très impowrtant, il faut que tu me donnes un conseil suwr la situachionne in Irak, je ne m’en sowrs pas at all please »
(Mon sang ne fit qu’un tour)

« HA MAIS TU FAIS CHIER GROSSE BUSE, T’AVAIS QU’À PAS Y ALLER AUSSI, ET MAINTENANT TU RÉVEILLES LES HONNÊTES GENS EN PLEINE NUIT POUR ÇA !? NAN MAIS JE RÊVE, DITES-MOI QUE JE RÊVE. T’AS QU’À TIRER DANS L’TAS À COUP DE MISSILES NUCLÉAIRES ET TU SERAS PEINARD ET MOI AUSSI PAR LA MÊME OCCASION ! »
Sur ce, je raccroche violement.

Le matin, je ne suis pas réceptif et je suis moyen patient. Georges est vraiment un gros bourrin, j’espère qu’il n’a pas pris mes dires au pied de la lettre. Il le sait au moins qu’il y a un décalage horaire entre les États-Unis et la France ?



Parfois la vie de dessinateur bd de renommée mondiale a ses inconvénients. Je n’aurais, par exemple, jamais dû accepter de dédicacer au Salon de la Bande Dessinée de Washington DC courant novembre car après on risque de se traîner des casseroles…
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le : 28-04-2004 à 14:23:19
RENCONTRE AVEC 3 TYPES
Enfin hier, je me suis décidé à sortir de chez moi didon. Ça faisait bien 8 ans.
Je suis allé me promener avec mon Solex en pleine nuit (il devait être 2 ou 3 h du matin).
Enfin, je me retrouve en pleine campagne. Une brume lourde courait sur les champs labourés, l’air sentait la terre humide et donc j’étais heureux cheveux aux vents.
À la sortie d’un virage, alors que je me prenais pour Michel Vaillant allant l’attaque de la ligne droite des Hunaudières, une lumière aveuglante m’aveugla (oui, ça paraît con, mais une lumière aveuglante aveugle souvent). Je freinais de mes quatre fers (c’est une image, j’étais toujours en Solex), et finis ma course folle dans un talus.

Tout étourdi par mon aventure, j’émerge tant bien que mal, du buisson épineux dans lequel je m’étais encastré, non sans pester… Pour une fois que je sortais.
Bref, remis de mes émotions, je pus analyser la situation comme un véritable analyste professionnel aurait pu l’analyser.
QUI AVAIT PU M’AVEUGLER DE LA SORTE ?
Et c’est là que je l’ai vu, au milieu de la route, immense, puissante, la soucoupe volante posée sur son trépied d’acier extraterrestre (oui j’ai vu ça au premier coup d’œil que ce trépied était fait d’un alliage extraterrestre). Du dessous, un sas était ouvert, et une lumière aveuglante (oui oui aveuglante) en jaillissait.



Je m’approchais, car je suis d’un naturel super courageux et constatais la présence d’êtres étranges en toges blanches qui m’observaient, le bras levé en signe de paix. Ils étaient trois.
Autant vous dire que ça m’a passablement énervé. Déjà hier ce connard de Georges qui me réveille aux aurores, maintenant ces belliqueux qui ont failli me foutre dans le décor ad vita patatram (j’ai fait 12 minutes de latin dans ma vie et je me rends compte que ça vient juste de me servir !) C’en était trop. Le vase n’était plus assez grand pour supporter une goutte de plus!
J’ai eu la haine qui m’est montée au nez comme de la moutarde en train de bouillir.
J’avisais le plus proche de moi et le saisie par le col…
« ALORS TAS D’SAINDOUX AU RAIFORT ÉVENTÉ ON GARE SA CHARRETTE DANS DES ENDROITS TOTALEMENT INTERDITS AU MÉPRIS DE LA VIE DES GENS !? »

Oui j’étais énervé. Ha ça !

« Heu… Désolé m… Mais n.… Nous... n… Nous somm… Nous sommes venus en pai... »

Je ne le laissais pas finir sa phrase, c’en était trop. J’étais hors de moi. UNE FOIS EN HUIT ANS QUE JE SORS DE CHEZ MOI ! UNE FOIS EN HUIT ANS !
« Nous... n… Nous somm… Nous sommes venus en pai...»

Et ce particulier qui insistait, bon dieu... !

« HAAA MAIS TU VAS ME LA FOUTRE LA PAIX HEIN !! »

Ceux qui l’accompagnaient semblaient aussi effrayés que celui que je manipulais du bout de ma basket et ils pouvaient, J’AVAIS VRAIMENT LA HAINE À FLEUR DE PEAU au bout de ma basket…

Je te les ai renvoyés à coups de pompes dans l’train et fissa.
Moi je suis un gars sympa à la base hein, mais bon quand on me pousse à bout, je dépasse les bornes du bout hein normal.

Ils n’ont pas demandé leur reste, ils sont partis dans une grande gerbe de lumière vers leur galaxie lointaine.

Pas si lointaine que ça leur galaxie en fait.
Le lendemain, la Terre était attaquée par une horde d’extraterrestres belliqueux en toge et on est tous mort. Ça m’apprendra à sortir de chez moi tiens.


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le : 28-04-2004 à 14:24:18
BLACK OUT
Il ne s’est rien passé, on est toujours mort.
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le : 28-04-2004 à 14:41:03
C’EST EN DESCENDANT LA POUBELLE QUE JE SUIS TOMBÉ DANS UNE FAILLE TEMPORELLE
Oui, c’est ainsi que commence ma journée par un beau matin ensoleillé. J’étais tout guilleret, car le beau temps a sur moi, comme sur beaucoup de gens, je crois, l’effet bénéfique de dessiner en place et lieu de la tronche morose habituelle, une banane de l’espace sur mon visage mal réveillé. Je mettais donc la clef dans la serrure du locale à poubelles, je poussais la porte et là, devant moi, je reconnus ce flou lumineux aux couleurs étranges, flottant dans cet espace exigu:
- « Tiens donc me dis-je, une faille temporelle… »



Effectivement j’ai déjà croisé des failles temporelles dans ma vie, plein même, mais des comme ça jamais ! Oh non, car celle-là c’était ce qu’on appelle dans le jargon des failles temporelles : « une active ». Les pires.

(LE COIN DES SAVANTS Part I : En effet, la faille dite « active » a la fâcheuse faculté d’attirer tout ce qui passe à sa portée. Elle aspire, elle suce. Elle pourrait être comparée aux trous noirs dans l’espace, mais sur Terre quoi. Une masse d’anti-matière qui annihile tout autour d’elle.)

Remarquez, dans un locale à poubelles, c’est assez pratique une faille temporelle active… Fini les déchets encombrants, vlouff ! Dans la faille, et exit !
Je me suis fait nettoyer comme une épluchure. J’avais beau essayer de m’agripper à la pauvre poignée de porte, je fus aspiré comme un paquet de Pépito vide.

Et là, comment vous dire... ?
Je pourrais vous faire le coup de toutes ces productions Hollywoodiennes, en vous décrivant mon voyage temporel comme une course sans fin dans un long boyau lumineux avec effets 3D, tournant et retournant dans tous les sens. Une montagne russe électrique, un joyeux bordel électronique à la Stargate bidule machin chouette…



Non.Je n’ai rien vu rien sentu trululu!

Tout d’un coup, je me suis retrouvé assis sur un tas d’immondices, ailleurs, en plein milieu d’une savane sauvage sur laquelle courait une brume légère. Le tas de saloperies venaient du locale à poubelles de mon immeuble, ça je le compris très vite en retrouvant les vieux journaux que j’avais balancés la veille au soir. Me dépêtrant du tas de détritus, je pus enfin analyser l’absurdité de ma situation.

Une savane, oui c’est ça, une savane, immense et primitive. Moi, crispé à mon sac-poubelle bleu, comme accroché au dernier bastion d’une réalité déjà bien chancelante, tournant et retournant la tête de tous côtés et ne voyant que la nature autour de moi… Oui, une immense savane primitive… Disparu le locale à poubelles. A pu. Terminé.

À 200 m sur ma gauche, un bosquet d’arbres d’où émergeaient quelques palmiers gigantesques (ce qui m’étonna car je ne me souviens pas avoir déjà vu de palmiers dans le XXe arrondissement de Paris et encore moins gigantesques), vibrait doucement sous une brise légère. Dans le ciel passaient des nuages et l’air, épais comme du manioc comme dirait Lavilliers, s’engouffrait avec difficulté dans mes poumons oppressés. Je flippai quoi.
La vache, soudain la révélation terrible et lumineuse ! Et si, comme dans ces vieux « pulp » à deux balles des années 50, je m’étais retrouvé en plein mésozoïque !?
Quoi mésozoïque ? Vous ne lisez pas Franquin c’est ça ? Mésozoïque, ça ne vous dit rien ?
Et si je vous dis jurassique, ça vous parle peut- être plus non ?
J’en étais sûr… Putain de Spielberg, il nous aura tous…
Bref.
Alors comme ça je serais en plein quaternaire !? Non faudrait voir à ne pas trop déconner tout d’même… Je me suis levé tranquillement ce matin, j’ai bu mon café en écoutant les nouvelles à la radio, je me disais, tiens il fait beau, c’est cool, je vais pourvoir aller faire un peu de ping-pong au square avec ma fille. Mais commençons par descendre la poubelle et... Et… Et me voilà en train de cavaler comme un dingue, ma petite poubelle bleue à la main car derrière moi un monstre antédiluvien m’avait choisi pour son déjeuner !
Je dois vous avouer que je n’ai pas pris le temps de savoir à quel genre de bestiole j’avais affaire. Ça devait être un T-Rex, sinon c’est nul. Mais j’ai vu ses dents et je les ai trouvées grandement suffisantes.



Je suis parti comme un sprinter à travers les fourrés, ma poubelle bleue à la main. Derrière moi je sentais le souffle musqué du dino qui caressait ma nuque. Ça sentait la fin pour moi et la faim pour lui… Je bondissais, désespéré, par-dessus les bouquets d’herbes hautes en évitant les troncs morts couchés sur mon passage… Non je ne voulais pas finir comme eux, j’aurais aimé bondir dans le premier hélicoptère qui passe et m’envoler très loin au-dessus des nuées et de la rangée d’ivoire acéré, mais comment trouver un hélicoptère en plein quaternaire ?
Absurde.



Et puis ça m’est venu d’un coup, une évidence, je ne sais pas pourquoi mais je me suis mis à mouliner comme un malade avec mon sac-poubelle bleu. Je me suis pris pour un hélicoptère quoi ! Pensais-je naïvement pouvoir décoller de la sorte ?
Non je ne crois pas, alors je hurlais des insanités au pauvre monstre, qui en avait cure et qui vivait sa vie bien réglée de monstre du quaternaire plein de dents et je moulinais, je moulinais, je moulinais.
Et ce qui devait arriver arriva. Le sac-poubelle craqua.
Le contenu de 3 jours de détritus d’un petit Parisien dodu vola dans tous sens et c’est à ce moment-là, qu’au sorti d’un fourré de rodhodindrons géants, je fus happé de nouveau par ma faille temporelle « active ».

(LE COIN DES SAVANTS Part II : Les failles temporelles actives apparaissent et disparaissent sans qu’on ne sache vraiment comment ni pourquoi. Parfois, il peut se passer plusieurs jours, voir plusieurs mois ou années mais aussi à l’inverse, plusieurs heures ou simplement plusieurs minutes entre chaque apparition, c’est assez incohérent et étrange.)



Ici visiblement c’était une faille active à plusieurs minutes et c’est ce qui me sauva, je le dois dire, mais pas de la honte malheureusement. Car si dans la savane, le monstre aux trousses, je m’étais déplacé de plusieurs mètres, de retour dans le présent, je m’étais aussi déplacé de plusieurs mètres ! Mais surtout, ce qu’il faut vous dire, c’est que la loge de ma concierge se trouve à une dizaine de mètres du locale à poubelles. En fait, j’étais ressorti de la faille dix mètres plus loin, toujours moulinant comme un malade et répandant le contenu de mon sac-poubelle au milieu du salon de cette bonne-dame. Mouchetant d’horreurs ses petits napperons en coton, maculant de vieille sauce tomate son tapis en poils deux tons, égrainant des épluchures de fruits et de légumes sur son lustre et ses bibelots dorés, le tout devant la famille au grand complet, réunie autour du petit déjeuné.
La honte de ma vie quoi.
Il faut vous dire que mon statu de star mondiale de la bd dans l’escalier de mon immeuble en a pris un sérieux coup dans la gueule.
Mais c’est décidé, dorénavant je ne descends plus mes poubelles.
Je les mange.
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