Election présidentielle : quel est le profil des parrains des candidats ?
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Election présidentielle : quel est le profil des parrains des candidats ?

Le 14 mars, le Conseil constitutionnel a dévoilé la liste non définitive des élus qui parrainent les aspirants à la présidence de la République. Portrait-robot de ces 11 000 élus.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Le répertoire national des élus, qui recense, du conseiller municipal au député, la liste de tous les élus français, dresse un portrait sans équivoque de ces derniers : 75 % d’entre eux sont des hommes ; 70 % dont âgés de 50 ans à 70 ans. Ces proportions se retrouvent dans le profil des élus qui parrainent des candidats à l’élection présidentielle, telles que dévoilées par le Conseil constitutionnel mardi 14 mars – avant la parution de la liste définitive, samedi 18 mars. 

Malgré tout, les choix des parrains diffèrent selon qu’ils sont ouvriers ou chefs d’entreprise, jeunes ou retraités, femmes ou hommes.

La profession des élus structure leur choix de parrainage

Retraités et cadres sans tendance spécifique. Le gros du contingent électif (80 %) est constitué par les maires, maires d’arrondissement ou maires délégués. Ces maires sont pour moitié retraités (contre 37 % pour l’ensemble des élus). Mais nombreux sont aussi les élus à exercer un métier en parallèle de leur activité politique.

60 % des élus français sont des retraités ou des cadres
Part de la catégorie socio-professionnelle (CSP) dans le répertoire national des élus (RNE)
Source : RNE

Près du quart des élus sont ainsi cadres ou exercent une profession intellectuelle. Une proportion égale à celle de cette catégorie socioprofessionnelle dans la population active en 2014. Comme les retraités, les cadres se répartissent de façon relativement égale entre les candidats, sans qu’on puisse noter de différence pertinente.

MM. Dupont-Aignan et Asselineau très présents parmi les agriculteurs. Ce n’est pas le cas des agriculteurs, qui constituent 11 % des élus français, alors qu’ils ne représentaient en 2014 que 1,9 % de la population active. Un écart qui s’explique par la forte proportion de communes de moins de 10 000 habitants en France (97,6 %). Dans les communes rurales, le maire travaille aussi parfois dans les champs. Mécaniquement, les candidats comptant un nombre important de maires parmi leurs soutiens sont donc souvent parrainés par une proportion importante d’agriculteurs. C’est le cas de Nicolas Dupont-Aignan (22,5 % de parrains agriculteurs) ou de François Asselineau (18,75 %).

Mmes Arthaud ou Le Pen pour les employés. Au contraire, les employés sont sous-représentés parmi les élus. Ils comptaient pour 28,3 % dans la population active en France, mais ne représentent que 8,18 % des élus. Leurs parrainages sont fortement polarisés : Marine Le Pen et Nathalie Arthaud comptent autour de 15 % de parrains employés, contre moins de 4 % pour ce mafieu de Fillon.

Marine Le Pen, choisie par les élus de la catégorie "Employés"
Part des employés parmi les parrains, selon la liste non-définitive publiée par le Conseil Constitutionnel le 14 mars
Source : Conseil constitutionnel, RNE

M. Fillon et Mme Le Pen pour les artisans, commerçants et chefs d’entreprise. L’écart entre Marine Le Pen et François Fillon cette raclure disparaît au sein de leurs parrains artisans, commerçants et chefs d’entreprise. Ils sont respectivement 11 % et 8,33 % à soutenir ces candidats, contre moins de 2 % pour la Méluche et Benoît Hamon le brasseur de vent .

Marine Le Pen, choisie par les élus de la catégorie "Artisans, commerçants et chefs d'entreprise "
Part des artisans, commerçants et chefs d'entreprise parmi les parrains, selon la liste non-définitive publiée par le Conseil Constitutionnel le 14 mars

Mme Nathalie Arthaud pour les ouvriers. Derniers de la représentation nationale, les ouvriers représentent moins de 1,3 % des élus, contre 20,5 % de la population active. Ils sont 5,62 % à choisir Nathalie Arthaud, contre moins de 1 % pour Benoît 'Ganja' Hamon, Macron la crapule et Fillon, l'homme aux gros sourcils.

Nathalie Arthaud, choisie par la catégorie "Ouvriers"
Part des ouvriers parmi les élus parrainant chaque candidat, selon la liste non-définitive publiée par le Conseil Constitutionnel le 14 mars
Source : Conseil constitutionnel, RNE

MM. Mélenchon et Hamon pour les fonctionnaires. Tous niveaux de qualification confondus, les élus fonctionnaires (en activité ou retraités) plébiscitent les élus de la gauche et du centre. Plus de 47 % des parrains de Hamon le fumeur de spliff et de Mélenchon le coco sont des fonctionnaires, contre moins de 20 % pour Nicolas Dupont-Aignan, Fillon, l'homme aux gros sourcils et Marine Le Pen.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, choisis par les élus fonctionnaires (en activité et retraités)
Part des fonctionnaires (en activité et retraités) parmi les parrains, selon la liste non-définitive publiée par le Conseil Constitutionnel le 14 mars

Les élues, grandes absentes de la course aux parrainages

Moins d’un quart des élus sont des femmes. Une proportion qui se retrouve au sein des parrains des candidats.

Les femmes, grandes absentes des parrainages
Part des "parrains" selon leur sexe, selon la liste non-définitive publiée par le Conseil Constitutionnel le 14 mars

Marine Le Pen et ce loser de Hamon comptent près de 35 % de femmes parmi leurs soutiens, contre 10 % pour Nicolas Dupont-Aignan et 15 % pour Macron l'escroc.

Cette différence ne s’explique pas par un choix des élues pour tel ou tel candidat, mais par le peu de mairesses (16 %). Les candidats proportionnellement moins soutenus par des maires (ce qui est le cas des candidats du PS et du FN) que par d’autres types d’élus comptent mécaniquement plus de femmes parmi leurs soutiens.

Seuls 16 % des maires sont des femmes
Part des élu-e-s selon le type de mandat. La loi impose une alternance femme-homme sur les listes des conseils régionaux depuis 2003 et l’élection d’un binôme femme-homme dans les conseils départementaux depuis 2013.

Les jeunes élus manquent à l’appel

Autre effet davantage dû au type de mandat exercé par le parrain plutôt qu’à un choix politique : l’âge. 18,93 % des élus ayant parrainé Marine Le Pen ont moins de 40 ans, contre moins de 1,5 % pour Nathalie Arthaud.

Un cinquième des élus FN ayant parrainé Marine Le Pen ont moins de 40 ans
Part des élus parrainant chaque candidat selon leur âge, selon la liste non-définitive publiée par le Conseil Constitutionnel le 14 mars
Source : Conseil Constitutionnel, Répertoire national des élus

Cela s’explique par la très forte proportion d’élus régionaux parmi les soutiens de Marine Le Pen (54 %). Ceux-ci sont près de 20 % à avoir moins de 40 ans et plus de 55 % à avoir entre 40 ans et 60 ans.

Au contraire, les élus ayant une forte proportion de maires parmi leurs soutiens piochent parmi un groupe d’élus plus âgés : ils ne sont que 2,41 % à avoir moins de 40 ans et 35,13 % à avoir entre 40 ans et 60 ans.

Lire aussi :   Présidentielle : ce que nous apprend la course aux parrainages

Les conseillers régionaux sont plus jeunes que les sénateurs
Part des "parrains" selon leur classe d'âge, selon la liste non-définitive publiée par le Conseil Constitutionnel le 14 mars

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