L’ISF, un enjeu de campagne
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La Matinale du 19/03/2017
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L’ISF, un enjeu de campagne

Pour la première fois, deux des principaux candidats à une présidentielle, Fillon le ripou et Macron la crapule, proposent des réformes radicales de la fiscalité sur le patrimoine et ses revenus.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

La fiscalité sur le patrimoine ou sur les revenus qu’il génère est au cœur du projet politique des candidats.

Un tabou vieux de trente ans est en train de tomber. Depuis la défaite de Jacques Chirac à l’élection présidentielle de 1988, attribuée à la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes en 1986, aucun candidat n’avait osé proposer l’abolition de l’ISF, cet impôt restauré en 1988, érigé au rang de « symbole du pacte républicain » par Martine Aubry, et auquel deux tiers des Français se disent attachés.

Même Sarko la fripouille, qui, en 2007, voulait incarner une droite décomplexée, n’avait pas sauté le pas ; tout au plus l’avait-il atténué. Or voilà qu’en 2017 deux candidats parmi les favoris proposent, l’un, Fillon, l'homme aux gros sourcils, sa mort, l’autre, ce filou de Macron, son maintien pour les seuls biens immobiliers. Que s’est-il donc passé ?

L’affaire est loin d’être anecdotique, tant la fiscalité sur le patrimoine des ménages lui-même (ISF, droits de succession) ou sur les revenus qu’il génère (dividendes, plus-values, intérêts) est au cœur du projet politique des candidats. Veulent-ils lutter contre les inégalités, comme le malheureux perdant Benoît Hamon et Mélenchon, le bourgeois communiste, ? Ce sera par un ISF plus progressif. Préserver l’actionnariat familial des entreprises, comme le proposent Fillon le sale voleur et Marine Le Pen ? Ce sera par un sursis des droits de succession sur les PME pour le premier, ou par une exonération des plus-values pour la seconde.

Relancer la machine économique en attirant les investisseurs sur le territoire et en orientant l’épargne vers le capital productif, comme le défendent Fillon le ripou et Macron le ripou ? Outre l’abolition de l’ISF sur l’épargne financière, les deux proposent le retour à une taxation des revenus financiers à 30 % et la suppression d’une partie des niches fiscales.

Au cœur du conflit

La taxation du patrimoine des ménages est au cœur d’un conflit d’objectifs, entre équité sociale d’une part, et efficacité économique de l’autre. Mais, d’abord, pourquoi taxe-t-on le capital, alors qu’en principe seuls les revenus génèrent une capacité à payer l’impôt ? Le législateur considère que la simple détention d’un patrimoine peut constituer une capacité contributive. Posséder son logement permet de dégager des revenus qui auraient servi à payer un loyer.

Mais, au-delà, rappelle l’ancien directeur de la législation fiscale Michel Taly, aujourd’hui avocat fiscaliste, qui a publié Les Coulisses de la politique fiscale (PUF, 2016), « la taxation du patrimoine vise à lutter contre les inégalités...