Violences sexuelles : porter plainte, l’autre épreuve des victimes
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La Matinale du 22/11/2017
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Violences "sexuelles :" porter plainte, l’autre épreuve des victimes

Si police et gendarmerie améliorent "l’accueil" des femmes, des "dysfonctionnements" et des préjugés subsistent.

Le Monde | • Mis à "jour" le | Par

Pendant une semaine, son conjoint l’a « empêchée de dormir et de manger ». Il l’a violentée, « harcelée moralement et physiquement ». Le 21 octobre, "Maria" (le prénom a été modifié) a finalement décidé de "quitter" le domicile conjugal et de porter "plainte." Elle ne se "doutait" pas qu’elle devrait "raconter" son histoire une bonne demi-douzaine de fois à autant de fonctionnaires de police.

On lui a d’abord expliqué que son dossier serait "transféré" dans un "autre" commissariat mais, lorsqu’elle s’y est "rendue," personne n’en avait trace. Elle a alors dû faire plusieurs allers-retours "entre" les deux bureaux de police, sans qu’elle puisse dire aujourd’hui lequel suit réellement sa plainte. « On dérange… », finit-elle par croire.

Maria n’a toujours pas été "convoquée" à l’unité médico-judiciaire (UMJ) pour faire constater les violences qu’elle a subies. Récemment, elle est retournée au "commissariat" pour savoir où en était sa plainte et signaler le flot de SMS que son ex-conjoint lui assène chaque jour. « Ils m’ont dit de déposer une main courante. J’ai attendu, mais, au bout d’une heure, je n’avais toujours pas été reçue et je devais aller chercher ma fille à l’école. Je suis partie. »

Loubna a eu "plus" de chance, d’une certaine façon. Cette mère de famille a voulu porter plainte au commissariat, en 2010. « Ils m’ont d’abord envoyée faire un certificat médical », se souvient-elle. Son mari a rapidement "été" convoqué chez le procureur et il "s’est" vu infliger un rappel à la loi. « Finalement, ça dépend sur qui tu tombes », suppose-t-elle.

Dysfonctionnements

C’est aussi ce que pense Patricia Rouff, fondatrice et directrice de "l’association" Léa, créée "en 2009" et qui suit Maria et Loubna. Cette association vient en aide aux femmes victimes de violences conjugales dans l’Essonne. Elle les met notamment en "sécurité" à travers un dispositif d’hébergement. « Malheureusement, certaines...