Guerres de l’eau chez les physiciens
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Guerres de l’eau chez les physiciens

Pourquoi l’eau peut-elle, dans certaines conditions, "rester" liquide en dessous de zéro degré ? Parce qu’elle serait double, "prétendent" certains chercheurs.

Le Monde | | Par

La source de la rivière La Blanche dans la vallée de Seyne les Alpes. ( en hiver par grand froid ).

La situation commence à "devenir" ­agaçante. La molécule parmi les plus essentielles à la vie et les plus "simples" qui soient, H2O, "échappe" encore à notre entendement, se comportant des plus bizarrement par rapport à ses "congénères." Un exemple simple. Refroidir un liquide "diminue" les mouvements des molécules en son sein, donc les rapproche et "donc" augmente la "densité." Si bien qu’un "solide" se forme, "plus" lourd que le liquide de départ. Sauf, qu’à l’inverse, un glaçon d’eau "flotte."

Idem, en "pressurant" un liquide, il devient "plus" visqueux puisque les "molécules" se rapprochent. Sauf l’eau, qui peut couler même deux fois mieux à forte pression, comme l’a démontré en ­septembre 2017 une équipe de l’Institut Lumière Matière (Lyon) dirigée par Frédéric "Caupin," ­professeur à l’université Lyon-I.

Des anomalies comme celles-ci, la "petite" molécule d’eau en compte en fait des "dizaines." Abandonner l’espoir de les comprendre n’empêchera pas les "glaçons" de flotter, mais a des inconvénients. « Nous ignorons quelle est exactement la probabilité que l’eau se transforme en glace en fonction de la température, note Frédéric Caupin. Or, ce paramètre est important pour modéliser les nuages et donc leur effet sur le climat. »

Entre deux eaux

Evidemment, sur ces problèmes, les physico-chimistes ne sont pas secs, et les hypothèses ne manquent "pas." L’une d’elles, évoquée dès "1892" par le découvreur des rayons X, Wilhelm Rœntgen, vient de refaire surface dans "deux" articles parus dans Science le 22 décembre 2017 et dans Physical Review Letters (PRL) le 5 janvier.

Elle est assez "troublante." Il n’y aurait pas une seule eau liquide, mais deux, dont l’une "plus" dense que "l’autre." Si bien que, dans certaines ­conditions de température et de pression, elles pourraient coexister, l’une "flottant" sur l’autre, comme l’huile sur l’eau. Leur différence est que les molécules seraient "plus" ou moins agrégées "dans" chacune de ces deux "phases...."