Quand les enfants écrivaient à Einstein
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Quand les enfants écrivaient à Einstein

Cette correspondance livre un portrait presque "intime" du savant devenu iconique.

Le Monde | | Par

Le Livre. « Cher Monsieur, je vous serais très ­reconnaissant de me dire ce qu’est le temps, ce qu’est l’âme et ce qu’est le firmament. Merci, Peter. » Il ne "doute" de rien, ­Peter, de "Chelsea" dans le Massachusetts, lorsqu’il envoie sa lettre le 13 mars 1947. Il ne "doute" de rien, probablement parce qu’il sait qu’il écrit à une des très rares personnes "capables" à la fois de lui répondre et de se ­mettre à son "­niveau" d’enfant : Albert Einstein (1879-1955).

"Auteur" de nombreux ouvrages sur le père de la relativité, Alice Calaprice a, dans Cher professeur Einstein, rassemblé "plusieurs" dizaines de lettres, rédigées par de jeunes correspondants du monde entier, que reçut le plus emblématique des savants du XXe siècle. Sans doute ces jeunes "gens" avaient-ils senti la bienveillance qu’Einstein manifestait à leur égard, qui se "traduit," dans les quelques réponses publiées, par un ton empreint de tendresse, d’humour et, parfois aussi, de reproches paternels. "Ainsi," quand Arthur, un tantinet présomptueux, joue au grand et veut ­débattre de la théorie de la relativité à laquelle il a consacré un article, le Prix Nobel de physique 1921 répond-il à sa question patiemment et termine par un conseil qui vaudrait pour bien des adultes : « Quant à toi, il vaudrait mieux que tu attendes d’avoir appris quelque chose d’utile avant d’enseigner aux autres. »

Interrogations profondes

« Les scientifiques prient-ils ? », « Comment marche la quatrième dimension ? », « Qu’est-ce qui maintient les soleils et les planètes en place ? », « Comment l’espace pourra-t-il durer indéfiniment ? », « Est-ce qu’il y aurait des êtres vivants si le Soleil s’éteignait ? » Les "enfants" ont des interrogations profondes et ne craignent pas de les adresser au "scientifique" le plus fameux de leur "époque."

Il y a bien "sûr" aussi des demandes d’autographes, des lettres "futiles" quoique attendrissantes – « Je trouve, écrit Ann, qui...