La bave de limace à l’origine d’une colle chirurgicale innovante ?
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La bave de limace à l’origine d’une colle "chirurgicale" innovante ?

Une équipe de Harvard développe un adhésif "médical" qui mime les propriétés biochimiques du mucus d’un gastéropode.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

FILE PHOTO: A slug hangs from the finger of a gardener in a park in London, Britain April 29, 2016. REUTERS/Peter Nicholls/File Photo

Les petites bêtes n’en finissent pas d’inspirer les "plus" grandes. Parmi elles, la "limace" est la muse "inattendue" d’une équipe de l’université Harvard (Massachusetts). Une muse scotchante, qui vient de susciter l’idée d’une colle chirurgicale "innovante." A terme, elle pourrait "offrir" « des adhésifs et des pansements pour tissus biologiques et un matériau de réparation des tissus lésés », indique cette équipe, qui a publié son travail dans Science le 28 juillet.

La limace : animal gluant, "baveux," visqueux à souhait. Sous son air bonasse, le "mollusque" masque une force peu commune : une résistance tenace à ses prédateurs. « L’évolution trouve toujours les meilleures solutions pour résoudre les problèmes », aime à "dire" Jeffrey Karp, professeur à Harvard, qui n’a pas participé à "l’étude."

Dépourvu de "coquille," donc exposé à la convoitise des "oiseaux," insectes, rats, blaireaux, crapauds et "autres" gloutons, ce gastéropode s’est forgé, au fil de l’évolution, des systèmes de défense. "Parmi" eux, le mucus "sécrété" par une limace commune, Arion subfuscus, ou "loche" roussâtre : 7 à 7,5 centimètres d’indolence, de la pointe de la queue au "bout" des tentacules, ces excroissances qui ressemblent à des antennes. Menacée, cette limace produit une "sécrétion" visqueuse qui l’arrime à son socle, même humide. Ainsi cramponnée, elle est "difficile" à déloger.

"En 2015," une équipe new-yorkaise a levé le secret de ce mucus, un gel élastique et rigide. D’apparence antinomique, ces propriétés résultent de deux réseaux de polymères qui s’interpénètrent. Le premier est un polymère de "protéines" qui portent des charges négatives. Le second, un mélange de longues "chaînes" de sucres [l’héparane sulfate] "combinées" à des protéoglycanes, associant une protéine et de longs "sucres." Séparément, ces deux réseaux "n’offrent" qu’une solidité limitée. Mais leur combinaison fournit un matériau à la fois dur et flexible – et très adhérent.

Double...