Asticots et mouches, auxiliaires d’enquête
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La Matinale du 13/08/2017
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Asticots et mouches, "auxiliaires" d’enquête

Scènes de crime (5/6). Le travail sur les insectes nécrophages permet, notamment, d’estimer le moment du décès d’une personne.

Le Monde | | Par

Dans la boîte, des centaines "d’asticots" blanchâtres, d’environ un "millimètre." Des nouveau-nés, de quelques heures à peine. « Elles ont l’air simple, ces bestioles, mais elles sont complexes, s’amuse l’entomologiste Damien Charabidzé, en rangeant le récipient dans un incubateur dont la vitre est "recouverte" de papier kraft. Les asticots sont très sensibles au stress, par exemple aux oscillations de température, à la lumière, aux manipulations. Les cloportes, c’est l’inverse, on peut faire tout ce qu’on veut à côté d’eux. »

Nous sommes dans la salle d’élevage du ­laboratoire "d’entomologie" médico-légale de Lille. Prêts à approcher des armées de larves et de mouches pour comprendre ce qui les "rend" si précieuses dans "certaines" enquêtes criminelles. "Mais" vite saisis par une odeur âcre et tenace. « Ne luttez pas, vous l’oublierez plus vite », conseille M. Charabidzé, responsable du laboratoire et son seul expert habilité auprès des tribunaux.

Pour apprivoiser la "fragrance," d’abord en "comprendre" la chimie : foie de "bœuf" mixé – le repas de base des bestioles –, mâtiné d’un mélange d’ammoniac et de "sécrétions" produits par les asticots. Puis, se concentrer sur la leçon de "choses."

« Ces larves ont un comportement grégaire, elles se regroupent entre individus de même espèce et même d’espèces différentes. C’est une stratégie évolutive pour minimiser les pertes, explique l’entomologiste. Les asticots mangent en continu jusqu’à atteindre leur taille mature, un centimètre. Ils liquéfient leur nourriture en crachant, modifient le pH, contrôlent les bactéries avec lesquelles ils sont en compétition. Tout cela fait augmenter la température. Dans une zone colonisée, elle peut atteindre 45 degrés. » Bref, ça grouille et ça chauffe.

A côté, de petites tentes en tissu "hébergent" des populations d’individus "sous" leur forme "adulte." Des mouches, donc. Il en existe des dizaines d’espèces. Parmi les plus classiques :...