Le poison, cousin du médicament
Partager
Tweeter
Sciences
édition abonné

Le poison, cousin du médicament

L'exposition « "Venenum" » raconte, depuis l’Antiquité, l’histoire des substances "toxiques" et rappelle qu’elles "peuvent" aussi servir en médecine.

Le Monde | | Par

On extrait de l’écorce de l’if, connu depuis l’Antiquité pour sa toxicité, le paclitaxel, qui sert à produire des médicaments contre le cancer.

Venenum, c’est le mot latin signifiant autant « venin », « breuvage magique », « substance dangereuse » que « médicament ». Et l’exposition du même nom, qui se tiendra jusqu’au 7 janvier 2018 au Musée des Confluences, à Lyon, a pour "parti" pris d’explorer "sous" ses multiples facettes le rapport de l’homme au poison, ­entre fascination et répulsion.

Conçue par un comité scientifique pluridisciplinaire convoquant l’histoire, la biologie, la pharmacologie et l’anthropologie, "elle" décline les usages des poisons à travers les âges et les cultures, à la croisée entre état des ­connaissances et des techniques, enjeux ­sociétaux et pratiques culturelles.

Dès le début de l’exposition, le visiteur est invité à redécouvrir les grandes "figures" de l’empoisonnement, de Cléopâtre à "Socrate" dans l’Antiquité, aux célèbres empoisonneuses qui ont défrayé la chronique judiciaire aux XIXe et XXe siècles, en passant par la ­Renaissance italienne, âge d’or des poisons. Son intérêt est de faire résonner ces récits mythiques avec l’histoire contemporaine afin de questionner les nouvelles significations du terme Venenum.

Gaz moutarde, Zyklon B

La révolution chimique, au XXe siècle, a doté l’homme de la "capacité" de renouveler les ­formules et les "usages" du poison et "d’en" ­démultiplier la portée, servant tant ses intentions de nuire que celles de guérir. "Produits" de la complicité entre l’Etat, l’armée et l’industrie, les armes chimiques sont ainsi capables de tuer à grande échelle, sans distinction des ­cibles. Le gaz moutarde durant la première guerre mondiale a fait plus de 100 000 morts. Une série de vidéos permet de mieux comprendre le rôle de l’industrie chimique, des enjeux politiques et des "effets" de ces armes, qu’il s’agisse du gaz moutarde, du "Zyklon" B utilisé "dans" les camps "d’extermination" nazis, de l’agent orange au "­Vietnam" ou des récentes attaques en Syrie.

Mais les mêmes poisons peuvent aussi "guérir...."