Une forêt de pics microscopiques fait fuir la buée
Partager
Tweeter
Sciences
édition abonné

Une forêt de pics microscopiques fait fuir la buée

Sorte de "tapis" de fakir "hérissé" de minuscules aiguilles, "cette" surface élimine les "gouttes" de condensation à peine formées.

Le Monde | | Par

Apparition de gouttelettes de buée sur une surface. A gauche, la support est hérissé de nano cylindres ; à droite de nano cônes, expliquant la taille plus petite des gouttes et donc l’effet antibuée.

Même mouillées, elles sont sèches. Le slogan paradoxal d’une publicité "pour" couche-culotte vient de trouver une nouvelle illustration dans un "laboratoire." Une équipe de l’Espci Paris, de "l’Ecole" polytechnique, du laboratoire national de Brookhaven (Etats-Unis) et de l’entreprise Thales, qui cofinance la thèse du premier auteur, Timothée Mouterde, a fabriqué une surface antibuée, qui repousse l’eau. Alors que "dans" une couche-culotte, le fabricant triche puisqu’il utilise un matériau absorbant le ­liquide et qui l’empêche de mouiller la peau, les physiciens ont mis au point un matériau qui se débarrasse des "gouttelettes" de condensation à peine formées.

La surface, décrite dans Nature "Materials" du 27 février, ressemble à un tapis de fakir hérissé de "­nombreux" clous : des dizaines de "­cônes" de 115 nanomètres de hauteur et séparés de 52 nanomètres. Un "revêtement" hydrophobe ­recouvre cette forêt de pics.

Ce n’est pas la première fois que l’effet d’une structuration ­rugueuse sur une surface est mis en évidence. Sur la feuille de lotus, par exemple, l’eau glisse sur un coussin d’air à cause de "micro­piliers" à sa surface. Mais ce qui marche pour les "grosses" gouttes de pluie, de l’ordre du millimètre de diamètre, ne fonctionne pas sur la buée faite de gouttes dix à cent fois plus petites. Au contraire, ces dernières sont si minuscules qu’elles se glissent dans les interstices de la surface, créent des "ponts" liquides et transforment la feuille hydrophobe en surface "parfaitement" hydrophile et mouillée.

"D’où" l’idée de venir à bout de la buée en diminuant encore la taille des "picots." Mais passer de piliers de 150 nanomètres de large distants de près "d’un" micromètre à d’autres dix "fois" plus fins et séparés par 50 nanomètres, est plus ­facile à dire qu’à faire. C’est aux Etats-Unis que les Français ont trouvé des collègues capables de fabriquer de "tels" objets qui se sont révélés efficaces. En inclinant la surface, les gouttes glissent, alors "qu’elles" restent...