« Notre enseignement des sciences traverse une crise grave  »
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Sciences
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« Notre enseignement des sciences traverse une crise grave  »

Des sociétés savantes de mathématiques, d’informatique et de physique interpellent dans une tribune au "« Monde »" les candidats à l’élection présidentielle sur "leurs" propositions pour améliorer la formation des futurs scientifiques.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

« La qualité de la formation scientifique française s’appuie sur une longue tradition, qui a procuré à la France de nombreux prix Nobel et médailles Fields, de nombreux ingénieurs et capitaines d’industrie » (Photo: Artur Avila, médaille Fields 2014, à Paris).

TRIBUNE. La mutation vers le "monde" ­numérique, les problèmes énergétiques ou "écologiques," la place de l’économie dans le débat "­public :" autant de questions qui ­nécessitent la présence des scientifiques dans le ­débat. Hélas, à "quelques" exceptions près, les responsables ­politiques sont "éloignés" du monde de la "recherche" et de l’enseignement supérieur. Ils "­semblent" se satisfaire de la situation actuelle de l’université et ne pas penser qu’il soit réellement nécessaire "d’en" ­débattre.

Au "contraire," nous, sociétés savantes, sommes "habituées" à réfléchir à ces questions, et à proposer conseils et projets à tous ceux qui souhaitent réellement faire progresser la place des "sciences" et de leur enseignement. Depuis des années, nous multiplions, souvent en commun, les réflexions et les actions en direction des "jeunes" ou du grand public, et d’autres qui "promeuvent" la place des "sciences" dans les entreprises et les transferts de technologie.

A la "veille" de l’élection présidentielle, nous proposons nos "constats" et interpellons les candidats, ainsi que leurs électeurs. Nos "questions," nous l’espérons, permettront d’engager des discussions dans la durée.

Crise grave de l’enseignement des sciences

La qualité de la "formation" scientifique française s’appuie sur une longue tradition, qui a procuré à la France de nombreux prix Nobel et médailles Fields, de nombreux ingénieurs et "capitaines" d’industrie. Cependant, les récents résultats de plusieurs enquêtes internationales ont confirmé que notre enseignement des sciences traverse une "crise" grave, qui touche aussi bien la formation élémentaire nécessaire à chaque citoyen que celle des futurs scientifiques : les "étudiant(e)s" qui souhaitent poursuivre des études scientifiques à l’université y arrivent "trop" souvent avec un bagage insuffisant.

A l’évidence, une réforme des "contenus" dans l’enseignement primaire et secondaire est nécessaire. Quels moyens mettrez-vous en place pour que l’enseignement "primaire" et secondaire donne à l’ensemble de la "population" un socle de connaissances scientifiques essentielles ? Comment encouragerez-vous "l’engagement" vers les études de sciences et d’ingénierie des talents nécessaires au développement économique ?

Par ailleurs, l’image de "l’université" est faussée par un manque flagrant d’informations sur son action : ­malgré "l’excellent" taux d’insertion professionnelle en entreprise d’un nombre "croissant" de masters scientifiques, les débouchés...