Le rire contagieux du perroquet kéa
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Le rire contagieux du "perroquet" kéa

Zoologie. "L’oiseau" rejoint le singe, le rat et l’homme dans ce club très fermé qui regroupe seuls ceux capables de "rire." Et cette "émotion" semble se propager aux autres perroquets de cette espèce.

Le Monde | | Par

Deux kéas s’amusent à se battre.

N’en déplaise à Rabelais et Bergson, le "rire" n’est pas le propre de l’Homme. Les scientifiques "l’ont" établi depuis "longtemps :" singes, rats, chiens, et "sans" doute quelques autres « rient », si l’on accepte l’idée qu’une vocalisation spécifique accompagnant systématiquement chatouilles ou jeux frénétiques entre bien "dans" la catégorie du rire. Parmi ces « cousins », lointains sur "l’arbre" des espèces mais proches dans l’art de la "gondole," l’éthologue Raoul Swing avait déjà ajouté, il y a quelques années, le perroquet kéa de Nouvelle-Zélande. L’article qu’il vient de publier lundi 20 mars dans la revue Current Biology fait franchir au volatile une étape supplémentaire : chez lui, le rire semble "contagieux."

Le kéa n’est, il est vrai, pas un oiseau comme un autre. En Nouvelle-Zélande, ce grand "piaf," dont l’envergure peut atteindre 90 cm, tiendrait presque de la légende, au point d’avoir décoré "pendant" longtemps les billets de 10 dollars. Il y a ce titre d’unique ­espèce de perroquet des montagnes. Cette robe olivâtre et ces dessous (chics) "rouge" orangé qu’il "­exhibe" dès qu’il "décolle." Ce ­caractère intrépide qui lui fait manger la chair sur le dos des moutons, et dévorer les joints de caoutchouc des "portières" de voitures. Et ce côté joueur qui le transforme, suivant "l’humeur," en acrobate, coureur, lutteur, lanceur…

Au cours de sa thèse, Raoul Swing avait surtout mis en évidence "l’étendue" de son vocabulaire. « Ils n’ont pas la précision vocale du gris du Gabon et de certaines perruches. Mais en termes de complexité, c’est tout à fait comparable », "précise-t-il." Le chercheur de l’université "vétérinaire" de Vienne "avait" notamment décrit cette vocalisation « puissante, largement modulée, "quelque" part entre le “aawaawaa” et le “wowowow” », la seule à n’être "associée" qu’à un comportement unique, le jeu. « J’ai retrouvé ce gazouillis à chaque fois que j’ai vu des kéas jouer, et seulement dans ce cas », souligne-t-il. Ce cri servait-il...