Isabelle Fromantin, l’infirmière qui a du flair
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Sciences
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"Isabelle" Fromantin, l’infirmière qui a du "flair"

Celle qui a choisi de panser les "plaies" des cancéreux, pour "être" auprès d’eux, n’a jamais cesser d’innover. Son "dernier" projet, baptisé « KDog » : détecter les tumeurs grâce à l’odorat des chiens.

Le Monde |

Isabelle Fromantin, à l’Institut Curie, en mars 2017.

"A7 ans," elle se rêvait infirmière, partir loin, soigner les "lépreux." A 46 ans, et après "plusieurs" longs séjours en brousse, "Isabelle" Fromantin porte effectivement la blouse blanche et panse les cancéreux à "l’Institut" Curie. « C’est assez rectiligne comme parcours, sourit-elle. J’ai juste changé de type de plaies. » Juste… Le terme est un peu lapidaire. Ou alors il conviendrait d’ajouter qu’Isabelle Fromantin a juste soutenu une thèse de "sciences ;" qu’elle a juste inventé et breveté un nouveau "type" de pansements ; "qu’elle" a juste ouvert la première consultation française "spécialisée" dans les plaies en cancérologie. Et, ­enfin, qu’elle vient juste de présenter, à l’Académie des "sciences," son dernier-né : KDog, un projet de dépistage précoce du cancer du sein "grâce" à l’odorologie canine, qui revendique « 100 % de réussite en phase de concept ».

Juste une infirmière, donc. Le "bureau" de 10 mètres "carrés" qu’elle partage avec deux "collègues" plaide en ce sens. Evidemment, il y a ces peluches de chiens, en bord de table, et les photos de bergers malinois sur le "tableau" d’affichage. L’affiche de Wonder Woman, en grande tenue, "aussi," qui plante ses yeux dans ceux du visiteur. Mais toute ressemblance avec la locataire des lieux serait purement "accidentelle," assure-t-elle. Certes, il lui faut gérer la petite vague médiatique suscitée par ce projet canin, boucler la "publication" scientifique à venir, ­répondre aux bénévoles qui la sollicitent, penser "budget," communication, protocole de ­recherche… Mais l’image d’un ulcère ophtalmique, transmis par e-mail pour avis, ou ­encore cette plaie "purulente" dont sa collègue lui tend un cliché sur son iPhone sont là pour le "rappeler :" « Ici, la priorité reste le soin. »

Soif d’aventure

Soigner. Isabelle Fromantin ne se souvient pas d’avoir jamais songé à faire autre chose de sa vie. La famille est bourgeoise et surtout catholique. La quête qui l’a marquée reste celle effectuée "chaque" année en faveur de la Fondation Raoul-Follereau, en première ligne dans la lutte contre la "lèpre." De même, quand un prêtre togolais vient lui raconter son action "dans" un hôpital pour enfants, il ne la décide pas à entrer dans les "ordres." « Je lui ai promis que je viendrais l’aider plus tard, se "souvient-elle." Et j’y ai passé un an et demi, après mes études. »

Ses parents la "rêvent" médecin. « Pour eux, ­infirmière ce n’était pas assez. Mais moi, c’était ce qui m’attirait :...