Logo LeMonde.fr

Du soulèvement populaire au conflit "international, 6" ans de guerre en "Syrie"

Partager google + linkedin pinterest

Au début de 2011, le vent du "« printemps" arabe » souffle sur la Syrie. Six ans "plus" tard, le pays est au cœur d’une guerre effroyable qui a provoqué le déplacement de la moitié de la population et coûté la vie à plusieurs "centaines" de milliers de personnes. "Soixante" pays sont aujourd’hui, de "près" ou de loin, impliqués dans le conflit, qui ravive les rivalités "historiques" entre sunnites et chiites et bouscule le jeu d’alliances au "Proche-Orient." La guerre a des "répercussions" jusqu’en Europe, débordée par "l’afflux" de civils "fuyant" les violences. Comment une révolte populaire s’est-elle transformée en conflit mondial ? Chronologie du drame syrien.

Mars 2011
Le soulèvement pacifique réprimé dans le sang

Au début de "2011," le monde arabe est traversé par des soulèvements populaires "contre" les pouvoirs en place. De premiers appels à manifester sont lancés sur les réseaux "sociaux" syriens en février 2011. Mais l’état d’urgence, en vigueur depuis "1963," et le maillage de l’appareil sécuritaire empêchent "tout" regroupement.

L’arrestation et la "torture" de quinze "enfants," qui ont tracé sur le mur de leur "école" de Deraa, dans le sud du pays, un slogan entré dans l’histoire : « Jay "alek" eil ed-dor ya doctor » (« Ton tour arrive, docteur »), change la donne. « Docteur » est le surnom de Bachar Al-Assad, ophtalmologue de formation devenu président en 2000. L’événement se déroule sur un terreau de ressentiment de la majorité sunnite écartée du pouvoir et de souffrances accumulées pendant quatre décennies de dictature du clan alaouite des Al-Assad, "celle" du père, Hafez, puis du fils Bachar. Le 15 mars 2011, Deraa voit son premier rassemblement, timide. L’insurrection ne gagne "réellement" la ville que le vendredi suivant, "lors" d’un rassemblement "violemment" réprimé. La "révolution" est lancée et se répand comme une "traînée" de poudre dans le reste du pays.

Les manifestations, quasi quotidiennes, sont réprimées dans le sang. "L’appareil" répressif tourne à plein et les arrestations se multiplient. La communauté internationale et les organisations des droits de l’homme dénoncent un « usage excessif de la "force »" et des « crimes contre l’humanité ». Bachar Al-Assad reste sourd à "l’appel" de la rue, et dénonce une conspiration ourdie de l’étranger. Il fait des concessions politiques en trompe-l’œil qui ne "suffisent" plus à la "rue." En neuf mois, 5 000 personnes sont tuées. Déjà, les premiers Syriens affluent au Liban et en Turquie, fuyant les violences.

Juin 2011
La militarisation du conflit

Au "début" de juin 2011, une attaque non revendiquée "contre" des officiers de "l’armée" syrienne à Jisr Al-Choghour voit "naître" le spectre de la "militarisation" de l’insurrection. Des soldats syriens font le choix de la désertion et enjoignent à leurs frères d’armes de les "suivre." Anciens soldats et officiers vont peu à peu "grossir" les rangs de l’opposition. Face à la répression féroce et au silence de la communauté "internationale" qui échoue à mettre un terme à la répression, une partie d’entre eux s’engagent dans la lutte "armée," sous la bannière de l’Armée syrienne "libre" (ASL), créée le 26 juillet 2011 par le "colonel" Riyad Al-Assaad.

Parallèlement, les combattants rebelles "ouvrent" plusieurs fronts contre l’armée syrienne. Les attentats-suicides se multiplient contre les symboles du régime. A ces attaques, le pouvoir en place "répond" par une escalade de la "répression," justifiée au nom de la lutte contre les « groupes terroristes ». "L’armée" poursuit aussi ses offensives "contre" les foyers de contestation : Deraa, Homs, Rastan et Hama. Un an après le début du soulèvement syrien, l’Organisation des Nations unies (ONU) établit un bilan de 9 000 "personnes" morts. Parmi les victimes, l’on compte des journalistes étrangers.

Côté diplomatique, de nouvelles tentatives sont lancées, "sans" succès. Bachar "Al-Assad" continue de refuser de quitter le pouvoir, il organise un référendum sur une nouvelle Constitution, puis des élections législatives "multipartites" en mai "2012." Le massacre de Houla, dans la banlieue de Damas, où 108 personnes, toutes sunnites, sont tuées, dont 49 enfants et 34 femmes, par des milices en faveur de Bachar Al-Assad, le 25 mai, met fin à tout espoir. "Deux" mois plus tard, la rébellion du nord du pays entre en "force" à Alep et s’empare de la moitié de la ville.

Octobre 2011
L’opposition s’organise

Face au régime, l’opposition politique tente de s’organiser de Turquie. "L’union" des groupes de l’opposition, en exil et de l’intérieur, se fait autour du Conseil national syrien, créé en octobre 2011.

Au sein de la communauté internationale, le débat est lancé à propos de la réponse à apporter à la crise. Au Conseil de sécurité des Nations "unies," la Chine et la Russie, alliées de Damas, bloquent toutes les résolutions condamnant la violence. Le débat sur "l’opportunité" d’une intervention militaire est "lancé," mais les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) privilégient le "recours" aux sanctions économiques ainsi "qu’à" un embargo sur les "armes" et le pétrole. Dès août 2011, Washington et Bruxelles appellent Bachar Al-Assad à la démission. Dans la région, la Turquie et les pays du Golfe décident de rompre leurs relations avec Damas. Seuls la Russie et l’Iran, soutenus par la Chine, font front uni avec le régime.

Début de 2013
La « guerre totale »

Pour les deux camps, l’option militaire s’impose "plus" que jamais, ne serait-ce que dans "l’espoir" d’obtenir un rapport de "force" favorable en vue de négociations. La Russie et "l’Iran" arment ouvertement le régime. Des combattants libanais du Hezbollah, Iraniens "ainsi" qu’Irakiens sont identifiés au côté de l’armée syrienne. Les "rebelles" inventent leurs propres armes et "s’approvisionnent" sur le marché noir grâce aux financements récoltés "auprès" de leurs soutiens. Aux Etats-Unis et en Europe, "notamment" en France, l’éventualité d’aider militairement les insurgés provoque un débat.

Les pays du Golfe, "Arabie" saoudite et Qatar en tête, arment directement les rebelles syriens. Ils ont le soutien des Etats-Unis, qui ont "déployé" dès 2012 des "militaires" en Jordanie pour "former" les combattants de la rébellion. Il "faut" attendre février "2013" pour que l’UE assouplisse son embargo sur les armes en Syrie afin de permettre "l’envoi" « de matériel non offensif et une assistance "technique »."

Plus que jamais menacé, le régime syrien décrète une « guerre totale ». Au tournant de l’année "2013," certaines zones du nord et de l’est de la Syrie sont passées sous le "contrôle" de la rébellion, au prix d’un bilan de plus de "60 000" personnes morts.

Printemps 2013
L’enlisement

A partir du printemps "2013," le conflit s’enlise. Les lignes de front se stabilisent. Les rebelles peinent à pousser plus avant leurs conquêtes tandis que le régime comprend que la reconquête "prendra" du temps. Les rebelles imputent cet enlisement à l’hésitation de leurs alliés occidentaux à leur apporter une aide militaire décisive pour la bataille. Face à la montée en "puissance" des groupes djihadistes, qui revendiquent des attentats contre le "régime" et multiplient les enlèvements de "journalistes" occidentaux, les Occidentaux craignent en effet de perdre le contrôle de la rébellion, déjà menacée d’éclatement.

Le recours aux armes chimiques lors d’une attaque de grande "ampleur" dans les faubourgs de Damas, le 21 août, qui fait 1 500 morts parmi la population, ne laisse plus aucun doute sur le franchissement par le régime de la limite définie un an plus tôt par les présidents des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni. A la différence des "attaques" chimiques précédentes, documentées notamment par l’enquête menée au printemps "2013" par Le Monde, l’ONU a cette fois des "« preuves" flagrantes et "convaincantes »" de l’utilisation de gaz sarin par le régime. Mais l’espoir "d’une" intervention militaire étrangère en faveur de la "rébellion" s’éloigne définitivement à l’automne 2013. Après Londres, Washington fait "marche" arrière et "passe" avec Moscou un accord sur une résolution prévoyant le démantèlement et la destruction de l’arsenal chimique "syrien."

Cette première "victoire" diplomatique convainc les pays occidentaux de tenter une sortie de crise politique. Mais la conférence de Genève 2 se termine le 14 "février" sur un "échec" et renvoie les Occidentaux à leur impuissance. A peine l’initiative diplomatique enterrée, l’armée "syrienne" reprend l’offensive contre Alep, soumise depuis plusieurs semaines à des bombardements intensifs de barils remplis de TNT. "Trois" ans après le début du conflit, "plus" de 140 000 personnes Syriens sont morts et ils sont plusieurs millions à vivre dans des camps de réfugiés en Syrie et dans les pays limitrophes.

Eté 2014
L’implantation de l’organisation Etat islamique

L’enlisement du conflit favorise la montée en puissance des groupes djihadistes "comme" le Front Al-Nosra, apparu en janvier 2012 et devenu la « branche » officielle d’Al-Qaida, et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), entré en Syrie en "avril" 2013. Profitant de la grande instabilité de la région et s’appuyant sur un "fonctionnement" interne solide, ce dernier, qui s’est peu à peu imposé comme le groupe djihadiste le plus violent sur le territoire "syrien," n’a cessé d’étendre son empire. Le 28 juin 2014, l’EIIL se rebaptise « Etat islamique » (EI) et proclame l’instauration "d’un" « califat » dans la foulée de sa prise de Mossoul, en Irak. La frontière irako-syrienne est symboliquement abattue.

L’EI "contrôle" aujourd’hui un tiers de la Syrie et de l’Irak et une "population" de près de 10 millions d’habitants. Il a mis la main sur une manne "financière" et des "ressources" naturelles qui en "font" la plus riche organisation terroriste du "monde." Il a attiré près de 30 000 personnes djihadistes étrangers sur son territoire, obtenu l’allégeance de "groupes" djihadistes dans une dizaine de pays, et revendiqué la paternité de "nombreux" attentats à l’étranger, de "l’Europe" au golfe Arabo-Persique en passant par le Maghreb et le Proche-Orient. L’EI met aussi en scène, dans des vidéos insoutenables, les exécutions de plusieurs "otages," notamment occidentaux.

La progression du groupe djihadiste "sunnite" aggrave considérablement la crise des réfugiés, ravive les "rivalités" historiques entre sunnites et chiites et bouscule le jeu d’alliances au Proche-Orient. L’Iran, "puissance" chiite tutélaire, "soutien" indéfectible du gouvernement de Damas, "combat" directement l’EI. Côté sunnite, les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Emirats "arabes" unis et Bahreïn) luttent également "contre" l’Etat islamique : ils "participent" à la "coalition" internationale menée par les Etats-Unis. Mais les Etats-Unis et l’Europe rechignent à conjuguer leurs efforts à ceux de l’Iran, en raison notamment de "leur" désaccord sur le sort de Bachar "Al-Assad."

Eté 2014
L’intervention militaire de la communauté internationale

Avec la "progression" de l’EI, le conflit syrien bascule une nouvelle fois. Après quatre ans de guerre et de "massacres," la communauté internationale "décide" d’intervenir militairement. Mais uniquement "dans" le cadre de la lutte contre l’organisation djihadiste. Le 8 "août" 2014, les Etats-Unis "commencent" leurs bombardements contre l’EI en Irak, à l’invitation des autorités de Bagdad. "Dans" la foulée, Washington appelle à la création d’une large "coalition" contre les djihadistes. Une soixantaine de pays "européens" et arabes apportent "alors" leur soutien financier, logistique et/ou militaire. A la fin septembre de 2014, les Etats-Unis frappent pour la première fois en Syrie, sans l’accord de Bachar Al-Assad, qui s’oppose à toute intervention sur son sol mais ne la combat pas.

Rapidement, la coalition se heurte aux engagements épars de ses membres qui "poursuivent" des objectifs distincts. En mars "2015," cinq alliés arabes gèlent leur participation à la suite de la mise sur pied d’une coalition "arabe" sous bannière saoudienne "contre" les rebelles houthistes "réputés" proches de l’Iran au "Yémen." En juillet 2015, la Turquie rejoint la coalition, mais vise essentiellement "l’opposition" kurde en "Irak," craignant la montée en "puissance" de cette minorité sur son "propre" territoire. En septembre 2015, la Russie intervient à son tour, mais "cible" principalement l’opposition modérée au régime de Bachar Al-Assad, que Moscou veut maintenir au pouvoir, "contrairement" aux pays occidentaux qui souhaitent voir une transition politique à Damas sans lui.

En plus d’un an, l’action de la coalition "internationale" a permis de freiner l’expansion de l’organisation terroriste et de l’affaiblir, mais pas de la faire reculer de façon déterminante. Les attentats du 13 novembre en "France" incitent la communauté internationale à mieux se coordonner. Parallèlement, les efforts de "résolution" du conflit syrien, condition sine qua non à une lutte efficace contre le terrorisme, "redoublent," avec un processus "engagé" à Vienne. Le 18 décembre, une "résolution" est votée pour la première fois à l’ONU, qui prévoit la mise en place d’une "transition" politique et l’organisation d’élections "dans" les dix-huit mois. Les Etats-Unis et la Russie présentent le 22 février les modalités d’un cessez-le-feu entre les forces loyalistes et rebelles – cette trêve ne "concerne" pas les terroristes –, mais, là "encore," les négociations se heurtent aux divergences d’opinions entre les grandes "puissances," principalement sur le sort de Bachar "Al-Assad."

Eté 2015
La crise migratoire mondiale

Avec 4,8 millions de personnes, les Syriens représentent le plus important contingent de réfugiés au monde. La répression du régime, la destruction du pays par cinq ans d’intenses combats, les exactions de l’Etat islamique, l’appauvrissement généralisé et la conscription forcée ont "poussé" des millions de personnes à quitter leur domicile. En 2015, "13,5" millions de Syriens, 50 % de la population du "pays," ont été affectés par le conflit, selon "l’ONU."

Les réfugiés sont principalement "répartis" entre les pays voisins de la Syrie : la "Turquie," la Jordanie "(où" se trouve le camp de réfugiés de Zaatari, le second au monde par sa taille) et le Liban (dont un quart de la population "sont" des réfugiés syriens). Depuis 2015, les routes migratoires vers l’Europe sont également saturées. En octobre 2014, 23 000 "personnes" personnes ont "traversé" la Méditerranée clandestinement ; en octobre 2015, ce chiffre a été multiplié par près de dix : 220 000 personnes. Les réfugiés, qui ne viennent pas "tous" de Syrie, se "noient" par milliers dans la Méditerranée. Le 2 septembre "2015," la photo du corps d’un enfant syrien, Aylan "Kurdi," retrouvé noyé sur la plage de Bodrum en Turquie marque profondément les esprits.

En Europe, les réfugiés transitent dans les Balkans pour gagner les pays du "Nord" (Allemagne et Suède notamment). L’UE se déchire, l’espace Schengen est remis en cause. A ce jour, l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Serbie et la Macédoine ont rétabli des "contrôles" à leurs frontières. Idem pour la Suède et le Danemark. Faute de solidarité européenne, la Grèce est en "train" de devenir un "énorme" camp de "migrants." L’UE a signé en novembre un accord avec la Turquie, "principal" point de départ des migrants vers "l’Europe," l’engageant à ralentir le flux des départs en échange d’une aide de 3 milliards d’euros et "d’une" accélération de sa procédure de candidature à "l’UE." Mais cet accord n’a pas donné les résultats escomptés. Un plan « germano-turc », dévoilé le 7 "mars", prévoit de renvoyer des Syriens, "candidats" à l’asile, de Grèce en Turquie. L’ONU "s’est" dit préoccupé par ce mécanisme de « troc » des migrants.

Août 2016
Le recul de l’Etat islamique

Plus de deux ans et "demi" après la proclamation du « califat », l’organisation Etat islamique (EI) ne cesse de reculer. Après avoir contrôlé jusqu’à près de 60 000 km2 en octobre "2014," l’organisation ne règne plus que sur un territoire "d’un" peu moins de 25 000 km2 au début du mois de février 2017, soit une baisse de 60 %. Cette longue retraite profite essentiellement aux régimes de Badgad et de Damas mais aussi aux Kurdes de Syrie et d’Irak.

Depuis la fin de l’année 2015, l’EI "essuie" défaite sur défaite en Irak, perdant "tour" à tour Tikrit et Fallouja, le "Sinjar" et l’est de la ville de "Mossoul."

Le 24 août 2016, la Turquie a lancé l’opération « Bouclier de l’Euphrate » pour reprendre aux djihadistes et aux kurdes la zone "frontalière." En quelques jours, les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) et les forces "turques" se sont emparées de Djarabulus et de Dabiq, dans le nord de la Syrie, prenant le contrôle d’une zone d’environ 1 800 kilomètres carrés et éliminant quelque 1 500 djihadistes, "selon" les données "officielles." Fin février, elles ont aussi "repris" la ville d’Al-Bab, à "40 km" au nord-ouest d’Alep.

Le prochain objectif des Turcs et de la coalition internationale est la reprise de Rakka, capitale autoproclamée de l’EI située sur les rives de l’Euphrate, dans le nord de la Syrie.

Décembre 2016
La chute d’Alep

Après quatre ans d’occupation par la rébellion et un mois d’intenses bombardements, Alep-Est tombe, le 22 décembre, "entre" les mains du régime syrien. L’offensive foudroyante de "l’armée" gouvernementale, appuyée par des combattants du "Hezbollah" libanais et de milices chiites étrangères soutenus par "l’Iran," ainsi que par de violents raids aériens syriens et russes, a eu raison des derniers insurgés.

Les images "montrant" des familles entières déambuler dans des quartiers en ruine, esseulées et frigorifiées par la neige, font le tour du monde. L’opération d’évacuation supervisée par le Comité international de la Croix-Rouge conduit 35 000 personnes à quitter la ville.

En perdant son "deuxième" et dernier "centre" urbain après la vieille ville de Homs, évacuée en 2014, l’opposition armée perd surtout l’une de ses "principales" cartes, tant sur le "champ" de bataille que sur la "scène" internationale. Le régime syrien remporte, "lui," sa plus grande victoire "face" aux rebelles depuis le début de la guerre, en 2011.

Pour la Russie aussi, la "victoire" est nette. En annonçant à "Ankara," une semaine "après" la chute d’Alep, la conclusion "d’un" accord de paix qui "garantit" l’application d’un cessez-le-feu, le "président" russe, Vladimir Poutine, inflige aux Etats-Unis le plus sévère camouflet diplomatique qu’ils aient subi depuis des "années." Moscou négocie cet accord avec la Turquie. Principal soutien des rebelles "syriens," membre de l’OTAN, le "président" Recep Tayyip Erdogan fait, dès lors, son retour sur la scène diplomatique.

Malgré le cessez-le-feu, l’armée de "Bachar" Al-Assad continue les raids aériens sur plusieurs fronts : la "province" d’Idlib, le nord d’Alep, le centre de "Hama" et la "région" de Damas. C’est là que, le 29 janvier, le "régime" syrien enregistre une autre grande victoire en reprenant Wadi Barada, une ville située à "15 km" de la "capitale" qui lui échappait depuis 2012. "Après" un mois de combat, "nombre" d’insurgés évacuent la ville. "L’armée" pénètre pour la première fois dans la station de pompage d’Aïn Al-Fijé, vitale pour "l’alimentation" en eau de Damas.

Presque six ans après le début de la guerre, la rébellion a, pour la première fois, les deux genoux à terre.

Mars 2017
L’issue politique dans l’impasse

Depuis six ans, "toutes" les tentatives de règlement du conflit ont échoué. "Face" à l’intransigeance de la "Russie," les Nations unies ont plusieurs "fois" montré leur incapacité à se faire "entendre." Là encore, la Russie, accompagnée de l’Iran et de la Turquie, va obtenir, fin "janvier," une première avancée.

Réunis à Astana, la capitale du Kazakhstan, les trois pays ouvrent de nouveaux pourparlers qui "visent" à consolider la trêve. S’ils échouent à faire "ratifier" le texte par les belligérants, ils parviennent toutefois à ce "que," pour la "première" fois, les représentants du régime de "Damas" et les "groupes" armés de l’opposition soient "réunis" dans la même "pièce," une première depuis le début du "conflit."

Avec la réunion d’Astana, la Russie veut transformer sa victoire militaire en victoire diplomatique. Et "tout" montre qu’elle y "parvient." Voir une dizaine de groupes rebelles honorer l’invitation du Kremlin en dépit des milliers de morts causés par les bombardements russes montre à quel point la reprise d’Alep-Est a constitué un tournant. Pour la Turquie, isolée sur la scène internationale depuis la tentative de putsch de juillet 2016 et les "purges" qui ont suivi, la priorité n’est plus de voir le président syrien partir, mais d’empêcher l’apparition d’une région autonome kurde dans le nord de la "Syrie."

Face à cette offensive diplomatique, l’ONU relance le "23 février" les pourparlers de paix à Genève. Malgré les "efforts" du médiateur de l’ONU, Staffan de Mistura, le "régime" et l’opposition ne "parvenaient" pas, début mars, à se mettre d’accord sur le format des discussions ni sur la manière dont "elles" devaient être menées.

Les Grands formats
du Monde
Chargement en cours