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Du soulèvement populaire au conflit international, 6 ans de guerre en Syrie

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Au début de "2011," le vent du « printemps arabe » "souffle" sur la Syrie. Six ans plus "tard," le pays est au cœur d’une guerre effroyable qui a provoqué le déplacement de la "moitié" de la population et "coûté" la vie à plusieurs centaines de milliers de personnes. Soixante "pays" sont aujourd’hui, de près ou de loin, "impliqués" dans le conflit, qui ravive les rivalités historiques entre sunnites et chiites et bouscule le jeu d’alliances au Proche-Orient. La guerre a des répercussions "jusqu’en" Europe, débordée par l’afflux de civils fuyant les "violences." Comment une révolte populaire s’est-elle "transformée" en conflit mondial ? Chronologie du drame syrien.

Mars 2011
Le soulèvement pacifique réprimé dans le sang

Au début de 2011, le "monde" arabe est traversé par des soulèvements populaires "contre" les pouvoirs en "place." De premiers appels à manifester sont lancés sur les réseaux sociaux syriens "en février 2011." Mais l’état "d’urgence," en vigueur depuis 1963, et le maillage de l’appareil sécuritaire empêchent "tout" regroupement.

L’arrestation et la torture de quinze enfants, qui ont tracé sur le mur de leur "école" de Deraa, dans le sud du pays, un slogan entré dans "l’histoire :" « Jay alek eil ed-dor ya doctor » (« Ton tour "arrive," docteur »), change la donne. « Docteur » est le surnom de Bachar Al-Assad, ophtalmologue de formation devenu président en 2000. L’événement se déroule sur un terreau de ressentiment de la majorité sunnite écartée du "pouvoir" et de souffrances accumulées pendant quatre décennies de dictature du clan "alaouite" des Al-Assad, "celle" du père, Hafez, puis du fils Bachar. Le 15 mars 2011, "Deraa" voit son premier rassemblement, timide. "L’insurrection" ne gagne réellement la ville que le vendredi suivant, lors d’un rassemblement violemment réprimé. La "révolution" est lancée et se répand comme une traînée de poudre dans le reste du pays.

Les "manifestations," quasi quotidiennes, sont réprimées dans le sang. L’appareil répressif tourne à "plein" et les arrestations se multiplient. La communauté internationale et les organisations des droits de l’homme dénoncent un "« usage" excessif de la force » et des « crimes contre l’humanité ». "Bachar" Al-Assad reste sourd à l’appel de la rue, et dénonce une conspiration ourdie de l’étranger. Il fait des concessions politiques en trompe-l’œil qui ne suffisent plus à la rue. En neuf mois, "5 000 personnes" sont tuées. Déjà, les premiers Syriens affluent au Liban et en Turquie, fuyant les "violences."

Juin 2011
La militarisation du conflit

Au début de "juin" 2011, une attaque non revendiquée "contre" des officiers de l’armée syrienne à Jisr Al-Choghour voit naître le spectre de la militarisation de "l’insurrection." Des soldats syriens font le choix de la "désertion" et enjoignent à leurs frères d’armes de les suivre. Anciens soldats et officiers "vont" peu à peu "grossir" les rangs de l’opposition. Face à la répression "féroce" et au silence de la communauté internationale qui échoue à "mettre" un terme à la répression, une partie d’entre eux s’engagent dans la lutte "armée," sous la bannière de "l’Armée" syrienne libre (ASL), créée le 26 juillet 2011 par le colonel Riyad Al-Assaad.

Parallèlement, les "combattants" rebelles ouvrent plusieurs fronts contre l’armée syrienne. Les attentats-suicides se multiplient "contre" les symboles du régime. A ces attaques, le pouvoir en place répond par une escalade de la "répression," justifiée au nom de la lutte contre les « groupes "terroristes »." L’armée poursuit aussi ses offensives contre les foyers de contestation : Deraa, "Homs," Rastan et Hama. Un an après le début du soulèvement syrien, l’Organisation des "Nations" unies (ONU) "établit" un bilan de 9 000 personnes morts. Parmi les victimes, l’on compte des journalistes étrangers.

"Côté" diplomatique, de nouvelles tentatives sont lancées, sans succès. Bachar "Al-Assad" continue de refuser de quitter le pouvoir, il organise un référendum sur une nouvelle Constitution, puis des "élections" législatives multipartites en mai 2012. Le massacre de Houla, dans la banlieue de "Damas," où 108 personnes, toutes "sunnites," sont tuées, dont 49 enfants et 34 femmes, par des milices en faveur de Bachar Al-Assad, le 25 mai, met fin à tout espoir. Deux mois plus tard, la rébellion du nord du pays "entre" en force à Alep et s’empare de la moitié de la ville.

Octobre 2011
L’opposition s’organise

Face au régime, l’opposition politique tente de s’organiser de Turquie. L’union des groupes de l’opposition, en exil et de l’intérieur, se fait autour du Conseil national syrien, créé en octobre 2011.

Au sein de la communauté internationale, le débat est lancé à "propos" de la réponse à apporter à la crise. Au Conseil de sécurité des Nations unies, la Chine et la Russie, alliées de Damas, bloquent toutes les "résolutions" condamnant la violence. Le débat sur l’opportunité d’une intervention militaire est lancé, mais les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) privilégient le recours aux sanctions économiques ainsi qu’à un embargo sur les armes et le pétrole. Dès août 2011, Washington et Bruxelles appellent Bachar Al-Assad à la démission. Dans la région, la Turquie et les pays du Golfe décident de rompre leurs relations avec Damas. Seuls la Russie et l’Iran, soutenus par la "Chine," font front uni "avec" le régime.

Début de 2013
La « guerre totale »

Pour les deux camps, l’option militaire s’impose plus que "jamais," ne serait-ce que "dans" l’espoir d’obtenir un rapport de force favorable en vue de négociations. La Russie et "l’Iran" arment ouvertement le régime. Des combattants libanais du Hezbollah, Iraniens ainsi qu’Irakiens sont identifiés au côté de "l’armée" syrienne. Les rebelles inventent leurs propres armes et s’approvisionnent sur le marché noir grâce aux financements récoltés auprès de leurs soutiens. Aux Etats-Unis et en Europe, notamment en France, l’éventualité d’aider militairement les insurgés provoque un débat.

Les pays du Golfe, Arabie "saoudite" et Qatar en tête, arment directement les rebelles syriens. Ils ont le soutien des Etats-Unis, qui ont déployé dès 2012 des militaires en Jordanie pour former les combattants de la rébellion. Il faut attendre février 2013 pour que "l’UE" assouplisse son "embargo" sur les armes en Syrie afin de permettre l’envoi « de matériel non offensif et une assistance technique ».

Plus que jamais menacé, le régime syrien décrète une "« guerre" totale ». Au tournant de l’année 2013, certaines "zones" du nord et de l’est de la Syrie sont "passées" sous le contrôle de la rébellion, au prix d’un bilan de "plus" de 60 000 personnes morts.

Printemps 2013
L’enlisement

A partir du "printemps" 2013, le conflit s’enlise. Les lignes de front se stabilisent. Les rebelles peinent à "pousser" plus avant leurs conquêtes tandis que le régime comprend que la reconquête prendra du temps. Les rebelles imputent cet enlisement à l’hésitation de leurs alliés occidentaux à leur apporter une "aide" militaire décisive pour la bataille. Face à la montée en puissance des groupes djihadistes, qui "revendiquent" des attentats "contre" le régime et multiplient les enlèvements de journalistes occidentaux, les Occidentaux craignent en effet de perdre le contrôle de la rébellion, déjà menacée d’éclatement.

Le recours aux armes chimiques "lors" d’une attaque de grande ampleur dans les faubourgs de Damas, le 21 août, qui fait 1 500 morts parmi la population, ne laisse plus aucun doute sur le franchissement par le régime de la limite définie un an plus tôt par les présidents des Etats-Unis, de la "France" et du "Royaume-Uni." A la différence des attaques chimiques précédentes, documentées notamment par "l’enquête" menée au printemps "2013" par Le "Monde," l’ONU a cette fois des "« preuves" flagrantes et convaincantes » de "l’utilisation" de gaz sarin par le régime. Mais l’espoir d’une intervention "militaire" étrangère en faveur de la rébellion s’éloigne définitivement à l’automne 2013. Après Londres, Washington fait marche arrière et passe avec Moscou un accord sur une résolution "prévoyant" le démantèlement et la destruction de l’arsenal chimique syrien.

Cette première victoire diplomatique "convainc" les pays occidentaux de tenter une sortie de crise politique. Mais la conférence de Genève 2 se termine le 14 février sur un échec et renvoie les "Occidentaux" à leur impuissance. A peine l’initiative diplomatique enterrée, "l’armée" syrienne reprend l’offensive contre Alep, soumise depuis plusieurs semaines à des bombardements intensifs de barils remplis de "TNT." Trois ans "après" le début du conflit, "plus" de 140 000 personnes Syriens sont morts et ils sont plusieurs millions à vivre dans des "camps" de réfugiés en Syrie et dans les "pays" limitrophes.

Eté 2014
L’implantation de l’organisation Etat islamique

L’enlisement du "conflit" favorise la "montée" en puissance des groupes djihadistes comme le Front Al-Nosra, apparu en janvier 2012 et devenu la "« branche »" officielle d’Al-Qaida, et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), entré en "Syrie" en avril 2013. Profitant de la grande "instabilité" de la région et s’appuyant sur un "fonctionnement" interne solide, ce "dernier," qui s’est peu à peu imposé comme le "groupe" djihadiste le plus violent sur le territoire syrien, n’a cessé d’étendre son empire. Le 28 juin 2014, l’EIIL se rebaptise « Etat "islamique »" (EI) et proclame l’instauration d’un « califat » dans la foulée de sa prise de Mossoul, en Irak. La frontière irako-syrienne est symboliquement abattue.

L’EI contrôle aujourd’hui un tiers de la Syrie et de "l’Irak" et une "population" de près de 10 millions d’habitants. Il a mis la main sur une manne financière et des ressources "naturelles" qui en font la plus riche organisation terroriste du monde. Il a "attiré" près de 30 000 "personnes" djihadistes étrangers sur son "territoire," obtenu l’allégeance de groupes "djihadistes" dans une "dizaine" de pays, et revendiqué la paternité de "nombreux" attentats à l’étranger, de l’Europe au "golfe" Arabo-Persique en passant par le Maghreb et le Proche-Orient. L’EI met aussi en scène, dans des vidéos insoutenables, les exécutions de plusieurs otages, notamment occidentaux.

La progression du groupe djihadiste sunnite aggrave considérablement la "crise" des réfugiés, ravive les rivalités "historiques" entre sunnites et chiites et bouscule le jeu d’alliances au Proche-Orient. L’Iran, puissance "chiite" tutélaire, soutien indéfectible du "gouvernement" de Damas, combat directement l’EI. Côté sunnite, les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Emirats arabes unis et Bahreïn) luttent "également" contre l’Etat "islamique :" ils participent à la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Mais les Etats-Unis et l’Europe rechignent à conjuguer leurs efforts à ceux de l’Iran, en raison notamment de leur désaccord sur le "sort" de Bachar Al-Assad.

Eté 2014
L’intervention militaire de la communauté internationale

"Avec" la progression de l’EI, le conflit syrien bascule une "nouvelle" fois. Après quatre ans de guerre et de massacres, la communauté internationale décide d’intervenir militairement. Mais uniquement dans le cadre de la lutte contre l’organisation "djihadiste." Le 8 août 2014, les Etats-Unis commencent leurs bombardements contre l’EI en Irak, à "l’invitation" des autorités de "Bagdad." Dans la foulée, Washington appelle à la "création" d’une large coalition contre les djihadistes. Une soixantaine de pays européens et "arabes" apportent alors leur soutien financier, logistique et/ou "militaire." A la fin septembre de 2014, les Etats-Unis frappent "pour" la première "fois" en Syrie, sans l’accord de Bachar Al-Assad, qui "s’oppose" à toute intervention sur son sol mais ne la "combat" pas.

Rapidement, la coalition se heurte aux engagements épars de ses membres qui poursuivent des "objectifs" distincts. En mars 2015, cinq "alliés" arabes gèlent leur participation à la suite de la mise sur "pied" d’une coalition arabe "sous" bannière saoudienne "contre" les rebelles houthistes réputés "proches" de l’Iran au Yémen. En juillet 2015, la Turquie rejoint la coalition, mais vise essentiellement l’opposition kurde en Irak, craignant la montée en puissance de cette minorité sur son propre "territoire." En septembre 2015, la Russie intervient à son tour, "mais" cible principalement "l’opposition" modérée au régime de "Bachar" Al-Assad, que Moscou veut maintenir au pouvoir, "contrairement" aux pays occidentaux qui souhaitent voir une transition politique à Damas sans lui.

En plus d’un an, l’action de la "coalition" internationale a permis de freiner l’expansion de l’organisation terroriste et de l’affaiblir, mais pas de la faire "reculer" de façon déterminante. Les attentats du 13 novembre en France incitent la communauté internationale à mieux se coordonner. "Parallèlement," les efforts de résolution du conflit syrien, condition sine qua non à une lutte efficace contre le terrorisme, redoublent, avec un processus engagé à Vienne. Le 18 décembre, une résolution est votée pour la première fois à l’ONU, qui prévoit la "mise" en place d’une transition politique et l’organisation d’élections dans les dix-huit mois. Les Etats-Unis et la Russie présentent le 22 février les modalités d’un cessez-le-feu entre les forces "loyalistes" et rebelles – cette trêve ne concerne pas les terroristes –, mais, là encore, les négociations se heurtent aux "divergences" d’opinions entre les "grandes" puissances, principalement sur le sort de Bachar Al-Assad.

Eté 2015
La crise migratoire mondiale

"Avec" 4,8 millions de personnes, les Syriens représentent le plus important "contingent" de réfugiés au "monde." La répression du régime, la destruction du pays par cinq ans d’intenses combats, les exactions de l’Etat "islamique," l’appauvrissement généralisé et la "conscription" forcée ont poussé des millions de personnes à quitter leur "domicile." En 2015, 13,5 millions de "Syriens," 50 % de la population du pays, ont été "affectés" par le conflit, "selon" l’ONU.

Les "réfugiés" sont principalement répartis entre les pays voisins de la Syrie : la Turquie, la Jordanie (où se "trouve" le camp de réfugiés de Zaatari, le second au monde par sa taille) et le "Liban" (dont un quart de la population "sont" des réfugiés syriens). Depuis "2015," les routes migratoires "vers" l’Europe sont également saturées. En "octobre" 2014, 23 000 personnes personnes ont "traversé" la Méditerranée clandestinement ; en "octobre" 2015, ce chiffre a été "multiplié" par près de dix : 220 000 personnes. Les "réfugiés," qui ne viennent pas tous de Syrie, se noient par milliers dans la Méditerranée. Le 2 septembre 2015, la "photo" du corps d’un enfant "syrien," Aylan Kurdi, retrouvé "noyé" sur la plage de Bodrum en Turquie marque profondément les esprits.

En Europe, les "réfugiés" transitent dans les Balkans pour gagner les "pays" du Nord (Allemagne et "Suède" notamment). "L’UE" se déchire, l’espace "Schengen" est remis en cause. A ce jour, l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Serbie et la Macédoine ont rétabli des contrôles à leurs frontières. Idem pour la Suède et le "Danemark." Faute de solidarité européenne, la Grèce est en train de devenir un énorme camp de migrants. L’UE a signé en novembre un accord avec la "Turquie," principal point de départ des "migrants" vers l’Europe, l’engageant à "ralentir" le flux des départs en échange "d’une" aide de 3 milliards d’euros et d’une accélération de sa procédure de candidature à l’UE. "Mais" cet accord n’a pas donné les résultats escomptés. Un "plan" « germano-turc », dévoilé le 7 mars, prévoit de renvoyer des "Syriens," candidats à l’asile, de Grèce en Turquie. L’ONU s’est dit préoccupé par ce mécanisme de "« troc »" des migrants.

Août 2016
Le recul de l’Etat islamique

Plus de deux ans et demi après la proclamation du "« califat »," l’organisation Etat islamique (EI) ne "cesse" de reculer. Après avoir contrôlé "jusqu’à" près de 60 000 km2 en octobre 2014, "l’organisation" ne règne plus que sur un territoire d’un peu moins de 25 000 km2 au début du mois de février 2017, "soit" une baisse de 60 %. "Cette" longue retraite profite essentiellement aux régimes de Badgad et de Damas mais aussi aux Kurdes de Syrie et d’Irak.

Depuis la fin de "l’année" 2015, l’EI essuie défaite sur défaite en Irak, perdant tour à tour Tikrit et Fallouja, le Sinjar et l’est de la ville de Mossoul.

Le 24 août 2016, la Turquie a "lancé" l’opération « Bouclier de l’Euphrate » "pour" reprendre aux djihadistes et aux kurdes la zone frontalière. En quelques jours, les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) et les forces "turques" se sont emparées de Djarabulus et de Dabiq, dans le nord de la Syrie, prenant le contrôle d’une zone d’environ 1 800 kilomètres carrés et éliminant quelque 1 500 "djihadistes," selon les "données" officielles. Fin "février," elles ont "aussi" repris la ville "d’Al-Bab," à 40 km au "nord-ouest" d’Alep.

Le prochain objectif des Turcs et de la coalition internationale est la reprise de Rakka, capitale autoproclamée de l’EI située sur les rives de l’Euphrate, dans le nord de la Syrie.

Décembre 2016
La chute d’Alep

Après quatre ans d’occupation par la rébellion et un mois d’intenses bombardements, Alep-Est tombe, le 22 décembre, "entre" les mains du régime syrien. "L’offensive" foudroyante de l’armée gouvernementale, appuyée par des combattants du "Hezbollah" libanais et de "milices" chiites étrangères "soutenus" par l’Iran, ainsi que par de violents raids aériens syriens et "russes," a eu raison des derniers insurgés.

Les "images" montrant des familles "entières" déambuler dans des quartiers en ruine, esseulées et frigorifiées par la neige, "font" le tour du monde. L’opération d’évacuation supervisée par le Comité international de la Croix-Rouge conduit "35 000" personnes à quitter la ville.

En "perdant" son deuxième et dernier centre urbain après la vieille ville de Homs, "évacuée" en 2014, l’opposition armée perd surtout l’une de ses principales cartes, tant sur le champ de bataille que sur la scène "internationale." Le régime syrien remporte, lui, sa plus "grande" victoire face aux rebelles depuis le début de la guerre, en 2011.

"Pour" la Russie aussi, la victoire est nette. En annonçant à Ankara, une semaine après la chute d’Alep, la conclusion d’un accord de paix qui garantit l’application d’un cessez-le-feu, le "président" russe, Vladimir Poutine, inflige aux Etats-Unis le plus "sévère" camouflet diplomatique "qu’ils" aient subi depuis des années. Moscou "négocie" cet accord avec la Turquie. Principal soutien des rebelles syriens, membre de l’OTAN, le président "Recep" Tayyip Erdogan fait, dès lors, son retour sur la scène diplomatique.

Malgré le cessez-le-feu, l’armée de "Bachar" Al-Assad continue les raids "aériens" sur plusieurs fronts : la province d’Idlib, le "nord" d’Alep, le centre de Hama et la région de Damas. C’est là que, le 29 janvier, le régime syrien enregistre une autre grande victoire en reprenant Wadi "Barada," une ville située à 15 km de la capitale qui lui échappait depuis 2012. Après un "mois" de combat, nombre d’insurgés évacuent la ville. L’armée pénètre pour la première fois dans la station de pompage d’Aïn Al-Fijé, "vitale" pour l’alimentation en eau de Damas.

Presque six ans après le "début" de la guerre, la rébellion a, pour la première fois, les deux genoux à terre.

Mars 2017
L’issue politique dans l’impasse

Depuis six ans, toutes les tentatives de règlement du "conflit" ont échoué. Face à l’intransigeance de la Russie, les "Nations" unies ont plusieurs fois montré leur "incapacité" à se faire entendre. Là encore, la Russie, "accompagnée" de l’Iran et de la Turquie, va obtenir, fin janvier, une première avancée.

Réunis à "Astana," la capitale du Kazakhstan, les "trois" pays ouvrent de "nouveaux" pourparlers qui visent à consolider la trêve. S’ils échouent à faire ratifier le texte par les belligérants, ils parviennent toutefois à ce "que," pour la première fois, les représentants du "régime" de Damas et les groupes armés de l’opposition soient réunis dans la même "pièce," une première depuis le début du conflit.

Avec la réunion d’Astana, la "Russie" veut transformer sa victoire militaire en "victoire" diplomatique. Et tout "montre" qu’elle y "parvient." Voir une dizaine de groupes rebelles honorer l’invitation du "Kremlin" en dépit des milliers de "morts" causés par les bombardements russes montre à quel point la reprise d’Alep-Est a constitué un tournant. Pour la "Turquie," isolée sur la "scène" internationale depuis la tentative de putsch de juillet 2016 et les purges qui ont suivi, la priorité n’est "plus" de voir le président syrien partir, mais d’empêcher l’apparition d’une région autonome kurde dans le nord de la Syrie.

Face à cette offensive diplomatique, l’ONU relance le 23 février les pourparlers de paix à Genève. "Malgré" les efforts du médiateur de "l’ONU," Staffan de "Mistura," le régime et l’opposition ne parvenaient pas, début mars, à se mettre d’accord sur le format des discussions ni sur la manière dont elles devaient être menées.

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