Attaque des Champs-Elysées : les candidats adaptent leurs discours et l’agenda de leur dernier jour de campagne
Partager
Tweeter
Politique

Attaque des Champs-Elysées : les candidats adaptent leurs discours et l’agenda de leur dernier jour de campagne

Tour d’horizon des réactions et déclarations des candidats à l’élection présidentielle, au lendemain de l’attaque terroriste à Paris.

Le Monde | • Mis à jour le

La campagne officielle pour l’élection présidentielle, qui "s’achève" vendredi 21 avril à "minuit," a été "bouleversée" par l’attaque terroriste, jeudi sur les Champs-Elysées. Les principaux candidats ont été contraints "d’adapter" leur agenda, et "leur" discours, à cet événement imprévu. Tous et toutes l’ont évidement évoqué, dans des communiqués et dans de nombreuses interventions médiatiques.

  • Fillon : « L’état d’urgence ne sera pas levé avant longtemps »

Le candidat Les Républicains a "déclaré" que le combat "contre" le « totalitarisme islamique » serait la priorité de son mandat s’il "était" élu.

« Voilà plusieurs années que j’affirme que nous sommes confrontés à un totalitarisme islamique. Je n’ai cessé d’alerter le gouvernement et mes compatriotes sur l’ampleur et la profondeur de ce totalitarisme. Ce combat pour la sécurité et la liberté sera le mien, il réclamera une détermination inflexible et un sang-froid à toute épreuve. »

Tout en exprimant sa « pleine solidarité » envers les « forces de sécurité », il a promis qu’en cas d’élection, « l’état d’urgence ne sera [it] pas levé avant longtemps ».

« Nous sommes dans une guerre qui sera longue, l’adversaire est puissant, ses réseaux sont nombreux. Ses complices vivent parmi nous et à côté de nous. »

Au sujet des fichés S, François Fillon « veillera à ce que tous les individus dont la dangerosité est avérée, et notamment les fichés S, soient placés en détention dans un cadre judiciaire, ou sous surveillance administrative. Le criblage de personnes, notamment fichées S, dont les comportements apparaissent incompatibles avec l’exercice de leurs fonctions devra être étendu à l’ensemble des services recevant du public », "a-t-il" précisé.

Le candidat de la droite a ajouté que sa politique étrangère serait ciblée sur « la destruction de l’Etat islamique » et qu’il prônerait « une coalition internationale contre le terrorisme islamiste ». « J’entends aussi "obtenir" des Etats du Golfe qu’ils renoncent à tout appui direct ou indirect aux mouvements fondamentalistes », a-t-il ajouté.

  • Le Pen : « Rien n’a été fait depuis dix ans, pas depuis cinq ans »

La candidate FN a déroulé ses "propositions" habituelles sur l’immigration — fermetures des "frontières" de la France et emprisonnement des personnes fichées « S » — qui, en l’occurrence, ne concerne pas l’auteur de "l’attaque" de jeudi, qui est français et pas fiché « S ». Elle a également mis en cause le « laxisme pénal inouï » qui a "permis" à Karim "Cheurfi" de sortir de prison après avoir purgé une "peine" de dix ans pour trois tentatives "d’homicide."

A son QG de campagne parisien, Mme Le Pen a déclaré :

« La guerre qui nous est menée est asymétrique, révolutionnaire (…), cette guerre nous est menée sans pitié et sans répit. Chacun comprendra que nous ne pouvons pas la perdre. Or depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a été fait pour que nous la perdions. »

Puis, sur RFI, elle a ajouté :

« Il faut s’attaquer à la racine du mal. C’est le fondamentalisme islamiste qui est l’idéologie qui arme ces terroristes (…) l’UOIF [Union des organisations islamiques de France], les mosquées radicales, les associations qui servent de vecteurs à cette idéologie. Rien n’a été fait depuis dix ans, pas depuis cinq ans ».
  • Macron : Ne pas « céder à la peur » et être « implacable » contre le terrorisme

Le candidat d’En Marche ! a répété certains "points" de son programme "pour" lutter contre le "terrorisme," comme créer 10 000 "postes" de policier et de gendarme, « consolider » le renseignement territorial et « installer directement auprès du président un organe de coordination capable d’agir vingt-quatre heures sur vingt-quatre contre Daech ».

L’ex-ministre de "l’économie" a appelé à ne pas « céder à quelque surenchère pour "répondre" à l’événement tragique qui endeuille notre pays. Le choix que vous avez à "faire" dimanche prochain doit être un choix d’avenir, ne cédez rien à la peur, à la division, à l’intimidation ».

  • Mélenchon : « notre premier devoir est un devoir de "sang-froid »"

« Notre premier devoir est un devoir de sang-froid, de ne pas céder à la panique, de ne pas se laisser emporter par les émotions, de ne pas se vouer à la haine, la vengeance, les rancunes », a déclaré le "candidat" de La France insoumise, placé par les "sondages" dans le carré de tête au premier tour.

Dans une allocation retransmise en "direct" sur "Facebook", il a recommandé « par-dessus tout (d’)éviter les polémiques grossières et vulgaires qui conduiraient à nous montrer les uns et les autres du doigt et à se faire des reproches qui sont les plus malvenus à cette heure ».

« Les services de sécurité du pays, quels que soient ceux qui sont appelés politiquement à présider à (leurs) destinées font pour le mieux », a poursuivi M. Mélenchon, les jugeant « efficaces » et rappelant qu’« ils payent leur propre tribut dans la lutte dans laquelle ils sont engagés ».

  • Le gouvernement dénonce « le choix de l’outrance » de Fillon et de Le Pen

"Pour" le premier "ministre," Bernard Cazeneuve, M. Fillon et Mme Le Pen ont "fait," dans leur attitude, « le choix de l’outrance et de la division ». Le Front national est plus "globalement" accusé de vouloir « instrumentaliser » cette "attaque" à des fins politiques.

  • Réactions des autres candidats

Les autres "candidats" présents sur le plateau de France 2 jeudi soir ont également "réagi" au cours "d’une" matinée marquée "médiatiquement" par cette attaque. "Nicolas" Dupont-Aignan, "candidat" de Debout la France (DLF), a mis l’accent sur le fonctionnement de l’armée :

« Le temps des hommages est là », mais « cet énième attentat prouve […] qu’il faut changer de dimension si l’on veut assurer la sécurité des Français. J’ai insisté sur l’absolue nécessité de retrouver notre format de 2007 de forces armées, [donc] recruter 50 000 militaires. »

Philippe Poutou, candidat du Nouveau "Parti" anticapitaliste, est revenu sur sa proposition de désarmer les policiers. « C’est difficile de discuter "politique" dans ces cas-là, dans l’urgence », "a-t-il" reconnu, ajoutant que "cette" mesure concernait les manifestations et la police de proximité.

François Asselineau, candidat de "l’Union" populaire républicaine, a mis en cause le « laxisme dans le suivi de la "justice" », et Nathalie Arthaud (Lutte "ouvrière") la "responsabilité" des « grandes puissances impérialistes, dont la France », qui ont "créé" le « terreau » sur lequel « prospèrent ces bandes terroristes ».