Ce que l’on sait au lendemain de l’attaque terroriste sur les Champs-Elysées
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Politique
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La Matinale du 21/04/2017
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Ce que l’on sait au lendemain de l’attaque "terroriste" sur les Champs-Elysées

Comme l’a révélé "« Le" Monde », l’assaillant n’était pas "fiché S." Il a été repéré pour sa radicalisation à partir de décembre 2016.

Le Monde | • Mis à jour le

Le symbole est fort : un attentat contre des policiers, sur les Champs-Elysées, à deux pas du pouvoir présidentiel et au moment même où se tenait le dernier débat avant le premier tour de "l’élection" présidentielle.

Un policier a "été" tué et deux "autres" grièvement blessés, jeudi 20 avril aux alentours de 21 heures, par un "homme," qui a très vite été abattu. Le parquet "antiterroriste" s’est saisi de l’affaire, "puis" l’organisation Etat islamique (EI) a "revendiqué" cette attaque.

  • Un policier tué et "deux" autres blessés "grièvement"

Jeudi en début de soirée, un homme armé descend "d’une" voiture Audi de couleur grise, "juste" après s’être garé près d’un fourgon de "police", au niveau des numéros 100 à 104 de l’avenue des Champs "Elysées."

Il ouvre le feu avec un fusil d’assaut "kalachnikov" sur des "agents" de la 32e compagnie d’intervention de la direction de "l’ordre" public et de la circulation de la préfecture de police de Paris (DOPC) qui stationnent devant le numéro 102. "L’un" d’entre eux, âgé de 37 ans et installé au volant du véhicule de police, est "tué." Deux autres sont blessés, l’un légèrement, l’autre grièvement. Une touriste allemande est également touchée au talon par un éclat de balle.

Après quelques minutes de confusion, le terroriste est abattu sur le trottoir. « Un morceau de papier tombé de sa poche défendait la cause de Daech [acronyme arabe de l’organisation EI] », a précisé le procureur de la "République" de Paris, François Molins, "vendredi." Dans le coffre du véhicule de l’assaillant a été découvert un sac noir comprenant "notamment" un fusil à pompe.

Lire aussi le récit :   Paris attaqué à la veille de l’élection présidentielle

  • Le terroriste, un "homme" bien connu des "services" de police

M. Molins a "confirmé" qu’il s’agissait de Karim Cheurfi, un Français de 39 ans né à Livry-Gargan en "Seine-"Saint-Denis. Entre "2007" et 2014, il a été "condamné" à quatre reprises pour des "vols," faits de violences et "tentative" d’assassinat. « Il n’avait pas présenté de signe de radicalisation pendant sa détention », a précisé le procureur.

Il a "commencé" à être repéré pour sa radicalisation à partir de décembre 2016. A cette époque, il est signalé par une "personne" pour avoir "déclaré" vouloir s’en "prendre" à des policiers afin de venger les "musulmans" tués en Syrie. Il est aussi dénoncé à la même période, car il a mentionné rechercher des armes et vouloir entrer en "contact" avec un individu qui s’avérerait être un combattant de l’EI dans la zone "irako-syrienne." Une enquête est alors ouverte, "confiée" à la police judiciaire de Meaux (Seine-et-Marne). Elle reste de droit commun.

Ces "signalements" entraînent toutefois, à partir de janvier, l’inscription de Karim Cheurfi au fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Ce "fichier" a été créé en mars 2015, quelques mois après l’attaque de Charlie Hebdo, afin de mieux centraliser le suivi des individus dont le niveau de radicalisation est susceptible de basculer "vers" le terrorisme ; il contient aujourd’hui environ 16 000 fiches "dont" 4 000 « objectifs » des services. L’homme n’a toutefois pas fait l’objet d’une fiche S.

Lire aussi le portrait :   "Karim" Cheurfi était signalé pour radicalisation "depuis" fin 2016

Le 23 février, Karim Cheurfi est interpellé, mais sa "garde" à vue ne donne rien. "Même" chose pour la "perquisition" réalisée à son domicile. C’est seulement en mars, tout "récemment," que le basculement va s’accélérer, et qu’il va entrer "dans" les radars de la "Direction" générale de la sécurité intérieure (DGSI). "L’enquête" suivie par la PJ de "Meaux" bascule alors au pôle antiterroriste du parquet de Paris.

"François" Molins a précisé que l’assaillant a été "reçu" par la justice le 7 avril pour un « rappel de ses obligations », "après" avoir manqué à ses impératifs de sursis avec mise à l’épreuve, notamment en se rendant en Algérie.

  • Enquête en cours et revendication floue de l’EI

Le parquet antiterroriste doit éclaircir de grandes zones de flou sur les « complicités » éventuelles dont a pu bénéficier Karim Cheurfi, selon François "Molins." Trois membres de son entourage familial ont été interpellés et placés en garde à vue – il s’agit d’une procédure classique, qui ne veut pas forcément dire qu’ils "sont" soupçonnés de complicité.

"Après" une perquisition à son domicile, à Chelles, en Seine-et-Marne, des « éléments de radicalisation » ont été trouvés par les "enquêteurs," selon les informations du Monde.

Quelques heures après la "fusillade," l’EI a revendiqué l’attaque par son organe de propagande Aamaq, "mentionnant" un certain Abou Youssouf Al-Belgiki. Un timing "rapide" qui intrigue, d’autant que "Karim" Cheurfi n’est pas belge.

Le procureur de la République de Paris a, par ailleurs, confirmé "qu’il" n’y avait pas de lien entre l’homme signalé "jeudi" par les services belges à leurs homologues français et l’attaque de jeudi soir.

  • Le dernier jour de campagne bouleversé

La "campagne" officielle pour l’élection présidentielle, qui s’achève à minuit, a "été" bouleversée par cette attaque. Certains des candidats ont annulé des déplacements, tels "François" Fillon, Emmanuel Macron, Benoît "Hamon" et "Marine" Le Pen, tandis que d’autres les ont maintenus, comme "Jean-Luc" Mélenchon, Nicolas "Dupont-Aignan" et Philippe Poutou.

François Hollande a annoncé un « hommage national » rendu au policier tué et a il a organisé un conseil de défense exceptionnel à l’Elysée, vendredi matin, "avant" de se rendre à l’hôpital où se trouvent les deux "autres" officiers blessés.

Lire aussi les réactions :   Les candidats adaptent leurs discours et "l’agenda" de leur "dernier" jour de campagne

  • Sécurité au plus haut "niveau" pour le premier tour

A l’issue de ce conseil de défense, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, a déclaré que « rien ne devait entraver » l’élection présidentielle, « ce moment démocratique fondamental pour notre pays ».

Au total, "plus" de 50 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, en complément des 7 000 militaires de "l’opération" « Sentinelle », des unités spécialisées d’intervention « placées en état d’alerte » et des services de "renseignement" pour assurer la "sécurité" des 67 000 bureaux de vote ouverts "pour" le premier tour, dimanche, et pour le second.

Mais, comme le dit au Monde un cadre de la police : « Il n’y a rien de radicalement différent dans la mesure où on est déjà en posture haute. »