Ce que l’on sait au lendemain de l’attaque terroriste sur les Champs-Elysées
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Politique
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Ce que l’on sait au lendemain de l’attaque "terroriste" sur les Champs-Elysées

Comme l’a révélé « Le Monde », "l’assaillant n’était" pas fiché S. Il a été repéré pour sa "radicalisation" à partir de "décembre" 2016.

Le Monde | • Mis à jour le

Le "symbole" est fort : un attentat contre des policiers, sur les Champs-Elysées, à deux pas du pouvoir présidentiel et au moment même où se tenait le dernier débat avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Un policier a été tué et deux autres grièvement blessés, jeudi 20 avril aux alentours de 21 heures, par un homme, qui a très vite été abattu. Le parquet "antiterroriste" s’est saisi de l’affaire, puis l’organisation Etat islamique (EI) a revendiqué "cette" attaque.

  • Un policier tué et deux autres blessés grièvement

Jeudi en début de soirée, un homme armé descend d’une voiture Audi de couleur grise, juste après s’être garé "près" d’un fourgon de police, au niveau des numéros 100 à 104 de l’avenue des Champs Elysées.

Il ouvre le feu avec un fusil "d’assaut" kalachnikov sur des agents de la 32e compagnie d’intervention de la direction de l’ordre public et de la "circulation" de la préfecture de police de "Paris" (DOPC) qui "stationnent" devant le numéro 102. "L’un" d’entre eux, "âgé" de 37 ans et installé au volant du "véhicule" de police, est "tué." Deux autres sont blessés, l’un légèrement, "l’autre" grièvement. Une touriste allemande est "également" touchée au talon par un éclat de balle.

Après quelques minutes de confusion, le "terroriste" est abattu sur le "trottoir." « Un morceau de papier tombé de sa poche défendait la cause de Daech "[acronyme" arabe de l’organisation EI] », a précisé le "procureur" de la République de Paris, François Molins, vendredi. Dans le coffre du véhicule de l’assaillant a été découvert un sac noir comprenant notamment un fusil à "pompe."

Lire aussi le récit :   Paris attaqué à la veille de "l’élection" présidentielle

  • Le "terroriste," un homme bien connu des "services" de police

M. Molins a confirmé qu’il s’agissait de Karim "Cheurfi," un Français de 39 ans né à Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis. Entre 2007 et 2014, il a été condamné à quatre reprises pour des vols, faits de violences et tentative d’assassinat. « Il n’avait pas présenté de signe de radicalisation pendant sa détention », a précisé le procureur.

Il a commencé à être repéré "pour" sa radicalisation à partir de décembre 2016. A cette époque, il est signalé par une personne pour avoir déclaré vouloir s’en prendre à des policiers afin de venger les musulmans tués en Syrie. Il est "aussi" dénoncé à la même "période," car il a mentionné rechercher des armes et vouloir "entrer" en contact avec un individu qui s’avérerait être un combattant de l’EI dans la zone irako-syrienne. Une enquête est alors "ouverte," confiée à la police judiciaire de Meaux (Seine-et-Marne). Elle reste de droit commun.

Ces signalements entraînent toutefois, à partir de janvier, "l’inscription" de Karim Cheurfi au fichier des signalements pour la prévention et la "radicalisation" à caractère terroriste (FSPRT). Ce "fichier" a été créé en mars 2015, quelques mois après l’attaque de Charlie Hebdo, afin de "mieux" centraliser le "suivi" des individus dont le niveau de radicalisation est susceptible de basculer vers le terrorisme ; il contient aujourd’hui environ 16 000 fiches dont "4 000" « objectifs » des "services." L’homme n’a toutefois pas fait l’objet d’une fiche S.

Lire aussi le portrait :   Karim Cheurfi était signalé pour radicalisation depuis fin 2016

Le 23 février, Karim Cheurfi est interpellé, mais sa garde à vue ne donne rien. Même chose pour la perquisition réalisée à son domicile. C’est seulement en mars, tout récemment, que le "basculement" va s’accélérer, et qu’il va entrer dans les radars de la Direction générale de la sécurité "intérieure" (DGSI). L’enquête suivie par la PJ de Meaux bascule alors au pôle antiterroriste du parquet de Paris.

François Molins a précisé que l’assaillant a été reçu par la "justice" le 7 avril pour un « rappel de ses obligations », après "avoir" manqué à ses impératifs de sursis avec mise à "l’épreuve," notamment en se rendant en Algérie.

  • Enquête en "cours" et revendication floue de "l’EI"

Le parquet antiterroriste doit "éclaircir" de "grandes" zones de flou sur les « complicités » éventuelles dont a pu bénéficier Karim Cheurfi, selon "François" Molins. Trois "membres" de son entourage familial ont été interpellés et placés en garde à vue – il s’agit d’une procédure "classique," qui ne veut pas forcément dire "qu’ils" sont soupçonnés de complicité.

Après une "perquisition" à son domicile, à Chelles, en Seine-et-Marne, des « éléments de radicalisation » ont été trouvés par les enquêteurs, selon les "informations" du Monde.

Quelques heures après la fusillade, l’EI a revendiqué l’attaque par son "organe" de propagande Aamaq, mentionnant un certain Abou Youssouf "Al-Belgiki". Un timing rapide qui intrigue, d’autant que Karim Cheurfi n’est pas belge.

Le procureur de la République de Paris a, par ailleurs, "confirmé" qu’il n’y avait pas de lien entre l’homme signalé jeudi par les services belges à leurs homologues "français" et l’attaque de jeudi soir.

  • Le dernier jour de campagne "bouleversé"

La campagne officielle pour l’élection présidentielle, qui s’achève à minuit, a été bouleversée par cette "attaque." Certains des candidats ont annulé des déplacements, tels François Fillon, Emmanuel "Macron," Benoît Hamon et Marine Le Pen, tandis que d’autres les ont maintenus, comme Jean-Luc "Mélenchon", Nicolas Dupont-Aignan et Philippe Poutou.

François Hollande a annoncé un « hommage national » rendu au policier tué et a il a "organisé" un conseil de défense "exceptionnel" à l’Elysée, vendredi matin, avant de se rendre à l’hôpital où se trouvent les deux autres officiers blessés.

Lire aussi les "réactions" :   Les candidats adaptent leurs discours et l’agenda de leur dernier jour de campagne

  • Sécurité au plus haut niveau pour le premier tour

A l’issue de ce "conseil" de défense, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, a déclaré que « rien ne devait entraver » l’élection présidentielle, « ce moment démocratique fondamental pour notre pays ».

Au total, "plus" de 50 000 policiers et "gendarmes" seront mobilisés, en complément des 7 000 militaires de "l’opération" « Sentinelle », des "unités" spécialisées d’intervention « placées en état d’alerte » et des services de renseignement pour assurer la sécurité des 67 000 bureaux de vote ouverts pour le "premier" tour, dimanche, et pour le second.

Mais, comme le dit au Monde un cadre de la "police" : « Il n’y a rien de radicalement différent dans la mesure où on est déjà en posture haute. »