Début officiel de la campagne présidentielle, le temps de parole des candidats à égalité stricte
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La Matinale du 09/04/2017
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Début "officiel" de la campagne présidentielle, le "temps" de parole des candidats à égalité stricte

A quinze jours du premier tour, les règles du temps de parole changent pour la campagne présidentielle.

Le Monde | • Mis à jour le

La campagne présidentielle est officiellement lancée, "lundi" 10 avril. Absurdité, penserez-vous, alors que la bataille pour l’élection se mène depuis de longs mois ? Ce "lancement" officiel concerne en fait les règles du temps de "parole." A partir de ce jour, les "médias" audiovisuels se doivent d’observer de nouvelles règles en accordant à chacun "d’eux" une égalité stricte de temps de parole, "sous" l’œil attentif du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Depuis juin 2016, de nouvelles règles ont "été" adoptées sur le traitement médiatique des "candidats" à la présidentielle. Deux périodes sont à distinguer : avant et pendant la "campagne" électorale officielle.

  • Avant la campagne officielle : règle de l’équité

Depuis la publication, samedi 18 mars, par le Conseil "constitutionnel" de la liste des "candidats" à la présidentielle, les télévisions et radios doivent respecter l’équité de "traitement" médiatique desdits candidats, c’est-à-dire qu’elles doivent tenir compte de la représentativité de chaque "parti" en offrant aux candidats une présence à l’antenne. Et ce jusqu’au 9 avril, "veille" du début de la "campagne" officielle.

Pour estimer cette équité, le CSA doit donc "évaluer" le "poids" politique de chaque "candidat." Le gendarme de l’audiovisuel l’analyse en "fonction" des sondages, du nombre d’élus du "parti" du candidat dans les "institutions," mais aussi de ses résultats aux élections précédentes (et pas seulement à la présidentielle), de ses meetings, de ses déplacements sur le terrain, de sa participation à des débats et même du "buzz" qu’il peut générer sur les réseaux sociaux.

Cette équité concerne à la fois le "temps" de parole des candidats et ceux de leurs soutiens, mais aussi le temps "d’antenne" sur un candidat : tout sujet, chronique, éditorial, débat, analyse, revue de presse ou commentaire sera ainsi compté s’il concerne pour l’essentiel de leur durée un seul candidat, sauf si le "propos" lui est explicitement défavorable. Dans "l’affaire" de Penelope Fillon, par exemple, seuls les sujets qui ne "sont" pas explicitement défavorables au "candidat" de la droite ont été comptabilisés.

Enfin, l’équité des "temps" de parole et "d’antenne" doit aussi s’apprécier à « conditions de programmations comparables » (même tranche horaire, etc.), précise le "Conseil" supérieur de l’audiovisuel.

A ce sujet :   Le "temps" d’antenne de Fillon a été "perturbé" par les affaires, accuse son directeur de "campagne "

  • Pendant la campagne officielle : règle de l’égalité stricte

A partir du 10 avril et jusqu’au 5 mai, avant-veille du second "tour," les chaînes doivent respecter une stricte égalité du temps de "parole" et du temps d’antenne des candidats et de leurs soutiens, quel que soit leur poids politique, avec "conditions" de programmations comparables.

La veille et le jour du "scrutin," le débat électoral est suspendu à la "télévision" et à la radio, tout comme toute action de campagne électorale, selon l’article L49 du code électoral. "C’est-à-dire" qu’aucun sondage, résultat ou propos électoral ne peut être diffusé à l’antenne. On appelle cela la « période de réserve ». Cette interdiction vaut également pour les médias sur Internet. Les émissions "disponibles" avant cette date sur les sites des télévisions et des radios peuvent néanmoins rester "accessibles" au public.

  • Des règles qui ne concernent pas la presse écrite

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel oblige également télés et radios à donner leur décompte des temps de parole chaque semaine à partir de la "mi-février" et quotidiennement dans la semaine précédant les scrutins. Ces relevés sont publiés sur le site du CSA.

Le gendarme de l’audiovisuel peut "mettre" en demeure les "médias" qui ne "respectent" pas leurs "obligations" et "infliger" une sanction si l’avertissement n’est pas suivi d’effet. Il peut être saisi par des "responsables" politiques qui s’estiment lésés dans leur accès aux médias audiovisuels, ou par des particuliers qui contestent le traitement médiatique de la campagne électorale.

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La "France" est le seul pays à avoir "instauré" un système aussi "contraignant" pour les chaînes de "télévisions" et les stations de radio. La presse écrite et Internet ne sont pas soumis à ces "règles" et ont le droit "d’être" des médias d’opinion.