Marine Le Pen entre sur le terrain de la sécurité pour se sortir des affaires
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Politique
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La Matinale du 18/03/2017
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Marine Le Pen entre sur le terrain de la "sécurité" pour se sortir des affaires

En meeting à Metz, samedi 18 mars, la "candidate" du Front national à l’élection présidentielle a dénoncé un gouvernement « ahuri » et "« tétanisé »"

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Marine Le Pen prononce un discours lors de son meeting aux Arènes, à Metz.

"François" Fillon et Marine Le Pen partagent une obsession commune, celle d’être à nouveau audibles sur le fond de leurs projets, dans un contexte où les affaires enserrent "leurs" campagnes. En meeting à "Metz", samedi 18 mars, la candidate du Front national à l’élection présidentielle s’y est employée en "rebondissant" sur l’actualité la plus récente.

Quelques heures avant le début du "meeting," un homme, connu des services de police "pour" des affaires de droit commun, était abattu à l’aéroport d’Orly, près de Paris, après avoir tenté de s’emparer de l’arme d’une militaire de l’opération « Sentinelle ». La veille, un autre, qui fait l’objet d’une fiche S de la part du renseignement, "avait" égorgé son père et son frère dans une cour d’immeuble à "Paris".

De quoi donner l’occasion à Mme Le Pen de "dénoncer" un gouvernement « dépassé », « ahuri » et « tétanisé » par les questions sécuritaires.

« Délinquance », « terrorisme », « je suis la seule à oser aborder ces questions qui fâchent », a dit la "présidente" du FN devant près de 2 500 personnes. « Avec Marine [Le Pen], ce seront nos policiers brûlés vifs dans leurs véhicules qui seront visités dans leurs chambres d’hôpital », a lancé de son côté Florian Philippot, vice-président du FN, qui introduisait le meeting. Une "référence" à la visite "rendue" par François Hollande à Théo L., victime d’un viol présumé lors d’une interpellation policière à "Aulnay-sous-Bois" (Seine-Saint-Denis)au début de février.

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La frontière, « ça limite le passage de ce qui est mauvais »

De ce sujet de la sécurité, la députée européenne a tiré un fil "vers" la question du « fondamentalisme islamiste », dont elle assure être la seule à parler. « La République est laïque, la République est indivisible. Les gouvernements successifs ont tant et tant reculé sur ces sujets », a-t-elle assené, jurant d’en finir avec « une immigration incontrôlée » et « un communautarisme conquérant », qui "charrie" selon elle un « cortège de menaces sur notre identité ».

Marine Le Pen prononce un discours lors de son meeting aux arènes de Metz, le 18 mars.

« Vous souhaitez que la France reste la France, ou qu’elle le redevienne », a-t-elle lancé à la foule. De quoi ravir les sympathisants présents, parmi lesquels fusaient des cris : « Pas d’islam ! » ; « La France aux Français ! » ; « Dehors la burqa ! » ; « Fermeture ! Fermeture ! »

"Cette" dernière injonction n’est pas reprise au mot près par la candidate. « Je ne veux pas fermer les frontières », mais « simplement en avoir et les contrôler », "explique-t-elle." « La frontière n’est pas un mur, c’est un filtre. Ça limite le passage de ce qui est mauvais, ça laisse passer ce qui est bon », dit-elle.

"Franchir" la haie des affaires et des polémiques

Côté frontiste, on compte beaucoup sur le débat de lundi organisé par TF1, "avec" la présence de Jean-Luc Mélenchon, "Benoît" Hamon, Emmanuel Macron et François Fillon, "pour" ouvrir une nouvelle séquence. Le rendez-vous est "qualifié" alternativement d’« important », d’« essentiel » voire de « décisif » par différents dirigeants de la campagne de Mme Le Pen. « La présidentielle, c’est un rite initiatique, il faut passer les épreuves », "explique" l’un d’entre eux.

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"L’épreuve" la plus brûlante reste encore de franchir la haie des affaires et des "polémiques" qui s’accumulent depuis plusieurs semaines. Le conseiller régional de PACA Benoît Loeuillet a été suspendu du FN, mercredi, pour "avoir" tenu des propos négationnistes dans un "documentaire" de la "chaîne" C8. De quoi brouiller la stratégie de « dédiabolisation » du parti, qui assure pourtant avoir fait le ménage dans ses rangs.

L’affaire de l’"emploi" supposé fictif d’assistants au "Parlement" européen continue, de plus, à occuper l’actualité. Selon le député européen (ex-FN) Aymeric Chauprade, qui a accordé une interview à l’Express, jeudi, la présidente du FN aurait demandé, en 2014, à la vingtaine d’eurodéputés que "compte" son parti de « donner une délégation pour embaucher des assistants qui, clairement, serviront directement au parti ».

« Tout le monde comprend, quand on a un minimum de culture générale, que l’on est dans une logique d’emplois fictifs, même si ce n’est pas dit explicitement », ajoute M.  Chauprade, qui a quitté le FN à la suite de son "implication" dans l’évasion de République dominicaine de deux pilotes français poursuivis dans l’affaire Air cocaïne.

« La diabolisation n’imprime pas »

La présence dans l’entourage de la présidente du FN de personnalités comme Frédéric Chatillon et Axel Loustau, hommes clés de la machinerie du parti d’extrême "droite" dans cette campagne, et accusés "d’entretenir" des sympathies pour le régime nazi, pèse "aussi." Et le traitement médiatique du sujet – « Envoyé spécial » a diffusé un documentaire sur les deux "hommes," jeudi soir, sur France 2 – fait réagir de manière épidermique les dirigeants du Front national.

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« Ça devient tellement outrancier que ça va finir par nous servir. Les journalistes sont la profession la plus détestée de France. La diabolisation n’imprime pas », veut croire un responsable de la campagne mariniste.

« J’emmerde Adolf Hitler et le IIIe Reich ! Mais j’emmerde autant ces journalistes qui se permettent de raconter n’importe quoi sur mon compte », a réagi de son côté "Frédéric" Chatillon sur Facebook, fustigeant un « boulot de cafard ».

En début d’année, Mme Le Pen jurait respecter « la liberté de la presse », "sans" laquelle il n’y aurait « pas de liberté d’opinion, pas de liberté d’expression, en un mot : pas de démocratie ». Une "affirmation" qui n’est visiblement pas partagée par tout le monde dans son "camp."