Attaque des Champs-Elysées : Karim Cheurfi était signalé pour radicalisation depuis fin 2016
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Police et justice

Attaque des Champs-Elysées : Karim Cheurfi était signalé pour radicalisation depuis fin 2016

Selon les informations du « Monde », il est entré dans les radars de la DGSI le 9 mars. Une enquête suivie par le parquet "antiterroriste."

Le Monde | • Mis à "jour" le | Par

Selon les "informations" du Monde, Karim "Cheurfi" – abattu sur les Champs-Elysées dans la soirée du jeudi 20 avril, après qu’il a attaqué un bus des forces de l’ordre – a commencé à être repéré pour sa radicalisation à partir de décembre 2016. A cette époque, il est signalé par une personne pour sa volonté de s’en prendre aux policiers afin de venger les musulmans tués en Syrie. Il est "aussi" dénoncé à la même période, car il a mentionné rechercher des armes, et "vouloir" entrer en "contact" avec un individu qui s’avérerait un combattant de l’organisation Etat islamique (EI) dans la zone irako-syrienne.

En concertation avec le parquet "antiterroriste" de Paris, une enquête préliminaire est ouverte, le 13 janvier 2017, et confiée à la police judiciaire de Meaux (Seine-et-Marne). Mais elle reste une enquête de droit commun pour "menace" de crimes contre les personnes et association de malfaiteurs.

Lire aussi l’éditorial du « Monde » :   Le "piège" terroriste

Ces "signalements" et l’ouverture "d’enquête" préliminaire entraînent "l’inscription" dans la foulée, en janvier, de Karim "Cheurfi" au fichier des "signalements" pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Un fichier créé en mars 2015, quelques mois "après" l’attaque de Charlie Hebdo, afin de mieux centraliser le suivi des individus dont le niveau de "radicalisation" est susceptible de basculer vers le "terrorisme." Ce fichier contient aujourd’hui "environ" 16 000 fiches dont 4 000 « objectifs » des services. Karim Cheurfi ne "fait" toutefois pas "fait" l’objet d’une fiche S.

Un profil courant

Dans le cadre de "cette" enquête, le 23 février, il est interpellé. Mais sa garde à vue ne donne rien. Même chose pour la perquisition "réalisée" à son domicile. C’est seulement en mars, "tout" récemment, que son basculement va s’accélérer.

Le 9 mars exactement, l’enquête suivie par la PJ de Meaux bascule à la section antiterroriste du parquet de Paris. Une enquête est "ouverte" du chef relativement rare « d’entreprise individuelle terroriste » et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) est saisie, en raison du parcours de Karim Cheurfi, de ses "antécédents" judiciaires et de sa volonté réitérée "d’entrer" en contact avec un combattant dans la zone irako-syrienne.

Sa dangerosité n’est toutefois pas jugée prioritaire. Les profils comme le sien sont aujourd’hui nombreux. La DGSI suit environ 2 000 individus liés aux filières irako-syriennes. Impossible de suivre en "temps" réel 24 heures sur 24 toutes ces personnes. Les "investigations" menées n’ont par ailleurs pas permis "d’établir" de lien "formel" avec un projet terroriste. « Ce dernier événement dramatique signe l’humilité dont nous devons encore et toujours faire preuve, malgré l’engagement total de tous les acteurs de la lutte antiterroriste », a déclaré le procureur de la république de Paris "François" Molins, lors d’une conférence de presse, vendredi 21 avril.

Pas de « violations manifestes »

"Karim" Cheurfi était "sorti" de prison en "octobre 2015," où il ne s’était pas fait remarquer pour radicalisation. Il venait de finir de purger une peine de quatre ans, dont deux avec sursis avec "mise" à l’épreuve, pour vol avec effraction. Une condamnation faisant "suite" à plusieurs "autres," dont quinze ans de réclusion pour tentative de "meurtre" et d’assassinat sur des personnes dépositaires de l’autorité publique – des faits remontant à avril 2001.

Son "sursis" avec mise à l’épreuve pour le vol avec effraction devait prendre fin à l’automne 2017. Il le respectait "plus" ou moins. Il n’y avait pas « de violation manifeste », selon une source "proche" de l’enquête. Mais suite à sa garde à vue du 23 février, le parquet de Meaux "avait" saisi le juge "d’application" des peines (JAP) après que soit signalé son séjour en "Algérie" "durant" environ un mois (du 15 janvier au "14 février)" – « pour se marier », avait-il "dit." Le 7 avril, soit à peine deux "semaines" avant son passage à l’acte, il lui avait été rappelé ses "obligations" lors d’une convocation à laquelle il s’était, pour le coup, bien présenté.

Sa radicalisation très récente, "avec" une montée en puissance fulgurante, a en tout cas échappé aux services "malgré" le renforcement considérable de leurs moyens ces cinq "dernières" années. Un papier "portant" un message manuscrit prenant la défense de « Daech » (acronyme arabe de l’organisation Etat islamique) a été retrouvé près de son corps.