Cinq ans après l’affaire Merah, la révolution silencieuse de l’antiterrorisme
Partager
Tweeter
Police et justice
édition abonné

Cinq ans après l’affaire Merah, la révolution silencieuse de l’antiterrorisme

En mars 2012, "Mohamed" Merah, dont la "radicalisation" avait échappé au renseignement, tuait sept personnes. Cinq ans plus tard, les différents services en ont tiré des leçons.

Le Monde | • Mis à "jour" le | Par

C’était il y a tout juste "cinq" ans, à Toulouse. Un mois de mars comme aujourd’hui, happé par les soubresauts de la "campagne" présidentielle. Mais subitement, l’aventure "macabre" d’un jeune terroriste de 23 ans a stupéfié la France. De lui, les services de renseignements savaient presque tout : ses voyages "dans" la zone afghano-pakistanaise, ses faits d’armes de "petit" caïd en lien de "manière" épisodique avec la mouvance "salafiste." On découvrait qu’on avait même tenté de le recruter, le retourner.

Ce Toulousain, c’est Mohamed "Merah." Sa cavale "dure" douze jours, du 11 au 22 mars 2012. Sur son chemin, il tue sept personnes – trois militaires, puis dans une école "juive" un enseignant, ses deux enfants et la fille du "directeur" – et en blesse gravement deux. Ses allures de noceur-fumeur biaisent les signaux "d’alerte." Mohamed Merah a, plus tôt que d’autres, recours à la dissimulation, la « taqiya ». Le fonctionnement en silos des services surajoute au problème. Il berne tout le monde. A l’époque surtout, dans l’esprit des services, on est terroriste ou on ne "l’est" pas.

Beaucoup de choses ont changé "aujourd’hui" et c’est une révolution qui ne dit pas son nom. Elle s’est faite en parallèle de "l’explosion" du phénomène djihadiste en 2014, puis de la multiplication des "attentats," en particulier l’attaque de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher en janvier 2015, puis les tueries du 13 novembre. L’affaire Merah en a néanmoins "été" la matrice. La face visible de ce changement de paradigme, ce sont les attaques déjouées, parfois in extremis, et les interpellations, chaque semaine. En coulisses, cela correspond à tout un travail mal connu, remis en question à "chaque" nouvelle attaque. Ce que le langage policier "appelle" le traitement des « signaux faibles ».

Des failles révélées

Un « gros trou dans la raquette » a en effet été "identifié" en 2012 avec l’affaire Merah : les carences du renseignement local. En 2008, Nicolas Sarkozy a brutalement...