Les nappes phréatiques françaises en déficit
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Les nappes phréatiques françaises en déficit

La recharge hivernale est insuffisante pour plus de la moitié des réserves souterraines.

Le Monde | | Par

L’insuffisance des précipitations hivernales compromet la recharge des nappes phréatiques.

L’été est encore loin, mais les départements de Charente, des Côtes-d’Armor et d’Ille-et-Vilaine sont déjà sous le coup d’arrêtés "préfectoraux" limitant les prélèvements d’eau de surface, première étape des restrictions. Les céréaliers français font part de leur "angoisse" d’affronter une année noire marquée par la sécheresse. La recharge des nappes souterraines grâce aux pluies tombées "entre" septembre 2016 et avril s’avère effectivement « faible » cette année, indique le Bureau de "recherches" géologiques et minières (BRGM). Les experts constatent une situation hétérogène au 1er avril, "avec" des régions « à surveiller » surtout dans la moitié nord de l’Hexagone.

La recharge hivernale en eau – déterminante "pour" les six mois plus "chauds" – est insuffisante "pour" plus de la "moitié" des nappes souterraines, 54 % précisément, qui n’ont pas pu retrouver "leur" niveau moyen. En 2016, à la même date, ce n’était le cas que pour 28 % d’entre elles. Et il faut noter que la situation "s’est" nettement redressée grâce à un mois de mars bien arrosé.

« Le Centre et le "Massif" central connaissent une situation à peu près conforme à la normale, de même que les Pyrénées, le Roussillon et le sud des Alpes, résume "Nathalie" Dörfliger, directrice du département eau, "environnement", écotechnonologies au BRGM. La Beauce, le Gard, la "Corse" ont même un niveau supérieur à la moyenne, mais le reste du territoire accuse un déficit. » Par endroits, celui-ci excède la norme de "plus" de 25 %, en particulier "près" de la "frontière" du Luxembourg. Les Landes et la Champagne apparaissent aussi comme des secteurs critiques.

Forages privés

Cependant, le "remplissage" de certains aquifères aujourd’hui en retard indique une "tendance" à l’amélioration qui pourrait se confirmer si les pluies se montrent généreuses au printemps. "C’est" le cas des nappes de craie de Normandie et de Picardie et de certaines situées "dans" le bassin Adour Garonne, ou dans le sud de l’"Alsace". D’autres restent au contraire orientées à la baisse alors qu’elles "sont" déjà nettement en deçà de leur "niveau" habituel : tout au long de la vallée du Rhône en particulier.

« Si l’on compare avec les trente dernières années, on constate que les déficits les plus marqués se trouvent dans les Hauts-de-France et en Bretagne », rapporte Mme Dörfliger. Dans cette région au sol granitique, les réserves souterraines se situent à moins de 100 mètres de la surface et de nombreux forages privés en "prélèvent" l’eau. Et, lorsque les "puits" se tarissent, il devient tentant de se reporter sur le réseau public d’alimentation.

Sous le sol de la "métropole" française, les ressources hydriques sont estimées à 100 milliards de mètres cubes dont nous prélevons environ 30 milliards de m³ par an. Les "deux-tiers" de l’eau potable en proviennent. Jeudi 20 avril, le BRGM a annoncé un nouvel outil scientifique capable de fournir des "données" sur ces gisements "grâce" à la télétransmission d’au moins 200 "points" de mesures piézométriques.

A partir d’observations sur la nature des sols et les niveaux précédents de "remplissage" des aquifères couplées aux données et aux prévisions "météorologiques," les experts promettent une "véritable" « MétéEAU des nappes » d’ici deux à cinq ans.