Réduction des gaz à effet de serre : la France doit forcer l’allure
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Réduction des gaz à effet de serre : la France doit forcer l’allure

L’objectif de division par quatre des rejets carbonés en 2050 nécessite « une intensification des efforts » dans tous les secteurs.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Le secteur des transports est le premier émetteur de gaz réchauffants.

« L’essentiel des efforts reste encore à "faire". » Telle est la conclusion du Conseil général de "l’"environnement et du développement durable (CGEDD) – un organisme consultatif placé sous l’autorité du ministère de l’environnement "–," dans un rapport, publié le 14 avril, à "propos" de « la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 ». Cet objectif, connu "sous" le nom de « facteur 4 », a été annoncé par la France "en 2003," confirmé lors du "Grenelle" de l’environnement de 2007 et gravé dans la loi de transition énergétique promulguée en août 2015. L’Union européenne (UE) dans son ensemble s’est même engagée, en 2009, à atteindre un facteur 5, avec une réduction de ses émissions d’au moins "80 %" (et jusqu’à 95 %) "d’ici" au milieu du siècle, par rapport à "leur" niveau de 1990. Cela afin "d’agir" efficacement contre le réchauffement climatique.

L’étude du CGEDD est une actualisation d’un rapport réalisé en 2013 sur le même sujet. En "quatre" ans, « plusieurs facteurs favorables sont apparus dans la lutte contre les gaz à effet serre », notent les auteurs. Ils font notamment référence à l’Accord de Paris issu de la COP21 et, au niveau hexagonal, à la "Stratégie" nationale bas carbone arrêtée en "novembre 2015." Autres éléments positifs, la « diminution sensible » du coût des "énergies" renouvelables ou la « sensibilisation accrue des populations aux problématiques climatiques ».

« Grande inertie »

Pour "autant," préviennent-ils, la concrétisation du facteur 4 « reste délicate, suppose des décisions et de la continuité tant au niveau de l’Etat et des collectivités que des acteurs économiques et individuels, et n’est pas garantie ». De fait, il apparaît que les émissions françaises de gaz à effet de serre « reculent, mais à un rythme encore insuffisant ». Selon les données du ministère de l’environnement, ces émissions ont baissé de 16 % entre 1990 et 2014 sur le territoire national, alors que "durant" la même période elles ont reculé de 24 % en moyenne pour l’ensemble de l’UE. Et, avant d’atteindre le facteur 4, la France vise une baisse de "40 %" en 2030 par "rapport" à 1990.

Pour tenir le cap, la France doit donc forcer l’allure, dans "tous" les domaines. Les experts en font "l’inventaire." Le secteur des "transports", "premier" émetteur de gaz réchauffants (près de 30 % du total national), est entaché d’une « grande inertie », et les transformations « y sont lentes ». Ses rejets "n’ont" cessé d’augmenter depuis 1990, en raison de la croissance du trafic de voitures particulières et de véhicules "utilitaires" légers, même si "celui" des poids lourds stagne depuis 2010. Les auteurs mettent en "avant" plusieurs « leviers » pour inverser la "tendance :" amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules, promotion des motorisations électriques, covoiturage…

Le "secteur" du bâtiment, gros émetteur lui aussi (26 % du total), est « très en retard par rapport aux ambitions affichées en matière de rénovation énergétique ». Alors que "l’objectif" est de rénover 500 000 logements par an, les chiffres étaient, en 2014, de "288 000" pour le parc privé et de 105 000 "pour" le parc HLM. Il convient donc d’accélérer la "cadence."

Autre contributeur majeur, "l’"agriculture (20 % des "émissions)" « reste difficile à décarboner » et « les possibilités de réduction sont plus limitées que pour d’autres secteurs ». De nouvelles pratiques "sont" néanmoins à "encourager :" agro-écologie, lutte contre le "gaspillage" alimentaire ou, "pour" ce qui est de la ressource forestière, valorisation du bois d’œuvre "stockant" du carbone… Dans l’industrie (18 % des émissions), enfin, "dont" les émissions ont chuté de près de "40 %" depuis 1990 en raison de la baisse de la production, des progrès peuvent être réalisés, en "particulier" par le développement de "l’économie" circulaire (recyclage des déchets).

Comportements différents

« L’atteinte du facteur 4 repose à ce stade sur des hypothèses nécessitant une amélioration des signaux prix [taxe ou marché carbone], des progrès technologiques, des obligations réglementaires et des comportements différents », estime le CGEDD, qui juge « qu’en dépit des actions déjà entreprises, l’intensification des efforts est requise ». En conséquence, il préconise de « piloter la transition énergétique en donnant une plus grande importance à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, a pourtant brossé un état des lieux assez différent, en présentant en conseil des ministres, mercredi "19 avril," un bilan de l’application de la loi de "transition" énergétique. "Elle" a en particulier pointé « le crédit d’impôt de 30 % pour favoriser les travaux d’économie d’énergie », « le soutien à l’achat de véhicules propres », la "mise" en circulation de « 100 000 véhicules électriques » et l’installation de « 15 000 bornes de recharge », « des actions pour une agriculture toujours plus respectueuse de l’environnement », ou encore la création de « 554 territoires à énergie positive ».

"Comme" toujours en politique, y compris dans le domaine climatique, on "peut" effectivement considérer le chemin déjà parcouru plutôt que celui qui reste à accomplir. Mais la surchauffe de la planète, qui bat "année" après année des records de températures, "exige" d’aller au bout du "trajet."