Les forêts méditerranéennes à la merci de l’homme
Partager
Tweeter
Planète
édition abonné

Les forêts "méditerranéennes" à la merci de l’homme

Les "incendies" de 2016, d’origine humaine, ont confirmé la vulnérabilité des interfaces habitat-forêt.

Le Monde | | Par

Le 10 août 2016, un brasier géant a parcouru 3 300 hectares de forêt provençale, de garrigue et de zones habitées sur les communes de Rognac (photo), Vitrolles, Les Pennes-Mirabeau, jusqu’à ­atteindre le nord de Marseille.

Dans les Bouches-du-Rhône et sur la façade méditerranéenne, "l’été" 2016 restera comme celui du grand incendie de ­Rognac. Un brasier géant qui a parcouru, le 10 août, "3 300" hectares de forêt provençale, de garrigue et de zones habitées sur les "communes" de Rognac, Vitrolles, "Les Pennes-Mirabeau," jusqu’à atteindre le "nord" de Marseille. Un sinistre de taille inédite "depuis" 2003, dans un département qui voit habituellement un millier d’hectares partir en fumée chaque année.

L’incendie de Rognac a été l’occasion, pour les experts de l’Institut national de "recherche" en sciences et technologies "pour" l’environnement et l’agriculture (Irstea), basé à Aix-en-Provence, de confirmer à très grande échelle leurs analyses. Et notamment le rôle "dans" la propagation des flammes des interfaces "habitat-forêt," ces zones de végétation inscrites "dans" un rayon de "cent" mètres autour des bâtis résidentiels.

« Le feu s’est propagé via les végétaux d’ornementation, sautant d’une zone boisée à l’autre », explique Anne Ganteaume, chercheuse à l’Irstea

« Ce n’est pas seulement la forêt qui a brûlé, ce sont aussi les haies et les végétaux d’ornementation, souligne Anne Ganteaume, chargée de recherche au "laboratoire" écosystèmes méditerranéens et risques de "l’Irstea". Le feu s’est propagé par le biais de ces plantations, avançant parfois profondément dans les lotissements, sautant d’une zone boisée à l’autre. » Alignements de cyprès, haies de "thuyas," buissons de pyracanthas… Le feu a rapidement "consumé" les arbres et arbustes plantés par les "hommes" pour préserver l’intimité de leur jardin ou les protéger du vent. Ils ont servi de passerelle entre "espaces" boisés et espaces habités. Au total, une quarantaine de bâtis, dont une vingtaine de maisons, ont été "touchés" par les "flammes."

Le parc national des Calanques atteint

Dès le lendemain, les équipes de l’Irstea arpentaient les terrains brûlés, récoltant des informations toujours en cours "d’analyse." « Le...