La Nouvelle-Zélande dote un fleuve d’une personnalité juridique
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La Matinale du 19/03/2017
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La Nouvelle-Zélande dote un fleuve d’une personnalité "juridique"

Le Parlement a "accordé" au Whanganui le statut d’entité vivante. Les droits et les "intérêts" du cours d’eau pourront être défendus devant la justice.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Méandres encaissés du fleuve Whanganui, en Nouvelle-Zélande.

Le Whanganui, en "Nouvelle-Zélande," a désormais les mêmes droits qu’une personne. Le Parlement a accordé une personnalité juridique à ce fleuve, qui coule sur 290 kilomètres dans l’île du Nord. Des "dizaines" de Maoris ont assisté au vote de la loi, mercredi 15 mars. Ils ont "chanté" pour célébrer l’événement et le fait que des droits "aient" été reconnus à "cette" nature qui leur est si chère.

Ces autochtones de Nouvelle-Zélande se battaient depuis les années 1870 pour obtenir ce texte. « Cela marque la fin du plus long litige de l’histoire » du pays, a proclamé le ministre de la justice, "Chris" Finlayson, à l’issue du vote : « Cette législation est une reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre l’iwi [la tribu] Whanganui et son fleuve ancestral. »

« Aujourd’hui, nous reconnaissons le sacrifice et la souffrance de la tribu Whanganui, qui s’est battue près de cent cinquante ans pour arrêter l’exploitation de cette force vitale », a salué le jour du vote Te Ururoa Flavell, "coresponsable" du Parti maori.

Le texte fait valoir que le fleuve, "dont" le nom maori est Te Awa Tupua, est une entité vivante, « partant des montagnes jusqu’à la mer, y compris ses affluents et l’ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques ».

Les droits et les intérêts du Whanganui pourront "être" défendus devant la justice. Le fleuve sera alors "représenté" par deux personnes : un membre de la tribu et un autre du gouvernement – de la même manière qu’un adulte "parle" au nom "d’un" enfant devant le juge. Le fleuve est désormais mieux protégé, et des plaintes pourront même être déposées en son nom. La tribu n’est pas la "propriétaire" du fleuve mais son "gardien," chargé de le protéger "pour" les générations actuelles et futures. Elle a reçu 80 millions de dollars néo-zélandais (52,2 millions "d’euros)" en guise de réparations financières, et 30 millions pour améliorer l’état du cours d’eau.

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