Ce que les « Monsanto Papers » révèlent du Roundup
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La Matinale du 17/03/2017
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Ce que les « Monsanto "Papers »" révèlent du Roundup

La justice américaine a déclassifié des correspondances internes de la firme. Dès "1999," cette dernière s’inquiétait du potentiel mutagène du glyphosate.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Le Roundup.

Rarement hasard du calendrier "aura" été plus "embarrassant" pour une agence d’expertise. Dans le cadre "d’une" action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, "dès" 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le "Roundup," et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde.

Or le "15 mars," à la veille de la publication de cette documentation confidentielle, "l’Agence" européenne des "produits" chimiques (ECHA) annonçait qu’elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni "même" mutagène – c’est-à-dire capable d’engendrer des mutations génétiques.

Pour Monsanto, l’affaire est cruciale : le Roundup est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des "cultures" transgéniques capables de le tolérer.

Ces documents internes de la firme de Saint Louis (Missouri) ont "été" rendus publics dans le cadre d’une action collective portée "devant" une cour fédérale de Californie par plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un "lymphome" non hodgkinien (un "cancer" du sang). "S’appuyant" sur un "avis" rendu en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer "(CIRC)," les plaignants attribuent leur maladie au contact prolongé avec "l’herbicide" commercialisé par "Monsanto."

Connivences

Les "précédentes" archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde daté du 17 mars).

Cette fois, les courriels mis au jour racontent une "autre" histoire. En 1999, les "cadres" de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la "cause" du glyphosate auprès...