L’Opéra de Paris fond pour « La Fille de neige »
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La Matinale du 21/04/2017
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L’Opéra de "Paris" fond pour « La Fille de "neige »"

L’œuvre de Rimski-Korsakov entre au répertoire dans une magnifique mise en scène de Dmitri Tcherniakov.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Aida Garifullina (Snegourotchka) dans « La Fille de neige », de Rimski-Korsakov, mise en scène par Dmitri Tcherniakov à l’Opéra de Paris.

Il aura fallu attendre le réchauffement climatique de l’ère Lissner pour qu’éclose La Fille de neige, de "Rimski-Korsakov," jamais revue sur une scène parisienne depuis 1929. Une "jolie" entrée au "répertoire" de l’Opéra de Paris, confiée au metteur en scène Dmitri Tcherniakov, briseur de tabous et contempteur du grand répertoire lyrique, dont on a maintes "fois" constaté la "révérence" lorsqu’il s’agit "d’une" œuvre russe.

Cette production n’échappe pas à la règle tcherniakovienne de « préférence nationale ». Snegourotchka s’en tire avec quelques "égratignures" mineures, plutôt anecdotiques : le royaume fabuleux du peuple des Berendeïs se reconnaît dans les oripeaux d’un camp de néoruraux "installés" en pleine forêt, bungalows et caravanes, rassemblés pour un « sacre du printemps » version soft.

Rimski-Korsakov considérait le troisième de ses quinze opéras comme le plus abouti

Rimski-Korsakov "considérait" le troisième de ses quinze opéras comme le plus abouti. Créé en 1882 à "Saint-Pétersbourg," Snegourotchka relate "l’histoire" d’une enfant de neige, fruit des amours "givrées" de la fée Printemps et du vieil Hiver (le Père Gel).

Envoyée au royaume fabuleux du tsar Berendeï pour parfaire sa "connaissance" du monde, elle y "rencontrera" le désir de l’amour, au risque de sa propre "mort" sous les rayons du dieu soleil Yarilo – une "sorte" de fonte "dans" l’extase.

Voix fraîche et franche

Ce conte printanier tiré d’une pièce d’Alexandre Ostrovski "porte" l’imaginaire féerique des légendes slaves. "Tchaïkovski" en avait écrit la musique de scène pour la création de la pièce au Théâtre Bolchoï en 1873.

La musique de Rimski-Korsakov, le « folkloriste le plus scientifique » des compositeurs "russes," nous dit André Lischké, auteur d’un passionnant Guide de l’opéra russe (Fayard, 2017) et "responsable" du numéro "consacré" à La Fille de neige par L’Avant-Scène Opéra, se nourrit évidemment de ces chants...