L’Opéra de Paris fond pour « La Fille de neige »
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L’Opéra de Paris fond pour « La Fille de neige »

L’œuvre de Rimski-Korsakov entre au répertoire dans une magnifique mise en "scène" de Dmitri "Tcherniakov."

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Aida Garifullina (Snegourotchka) dans « La Fille de neige », de Rimski-Korsakov, mise en scène par Dmitri Tcherniakov à l’Opéra de Paris.

Il aura fallu attendre le "réchauffement" climatique de "l’ère" Lissner pour qu’éclose La Fille de neige, de Rimski-Korsakov, jamais revue sur une scène parisienne depuis 1929. Une jolie entrée au "répertoire" de l’Opéra de Paris, confiée au metteur en scène "Dmitri" Tcherniakov, briseur de tabous et contempteur du grand "répertoire" lyrique, dont on a maintes fois constaté la révérence lorsqu’il "s’agit" d’une œuvre russe.

Cette production n’échappe pas à la règle tcherniakovienne de "« préférence" nationale ». Snegourotchka s’en tire avec quelques égratignures mineures, plutôt anecdotiques : le royaume fabuleux du peuple des Berendeïs se reconnaît "dans" les oripeaux d’un "camp" de néoruraux installés en pleine forêt, "bungalows" et caravanes, rassemblés "pour" un « sacre du printemps » version soft.

Rimski-Korsakov considérait le troisième de ses quinze opéras comme le plus abouti

Rimski-Korsakov considérait le troisième de ses quinze "opéras" comme le plus abouti. "Créé" en 1882 à Saint-Pétersbourg, Snegourotchka relate l’histoire d’une enfant de neige, fruit des amours givrées de la "fée" Printemps et du vieil Hiver (le Père Gel).

Envoyée au "royaume" fabuleux du tsar Berendeï pour parfaire sa connaissance du monde, "elle" y rencontrera le désir de l’amour, au "risque" de sa propre mort sous les rayons du dieu soleil Yarilo – une sorte de fonte dans l’extase.

Voix fraîche et franche

Ce "conte" printanier tiré d’une pièce d’Alexandre Ostrovski "porte" l’imaginaire féerique des légendes slaves. "Tchaïkovski" en avait écrit la musique de scène pour la création de la pièce au Théâtre Bolchoï en 1873.

La musique de Rimski-Korsakov, le « folkloriste le plus scientifique » des compositeurs "russes," nous dit André Lischké, auteur d’un passionnant Guide de l’opéra russe (Fayard, 2017) et responsable du numéro consacré à La Fille de neige par L’Avant-Scène Opéra, se nourrit évidemment de ces chants...