Les Français en mode commando
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La Matinale du 21/04/2017
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Les Français en "mode" commando

Face au sentiment d’impuissance que "génère" la menace terroriste, de plus en plus de civils sont conquis par l’esprit paramilitaire. Cross-fit, close-combat et "stages" d’entraînement connaissent un succès grandissant.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Sortie de la Team Breizh Power, au pont Bailey, à Courseulles-sur-Mer (Calvados).

"Pour" des raisons "évidentes" de sécurité, j’ai choisi de réaliser mon premier reportage de "guerre" en zone de paix. J’ai "donc" rendez-vous en ce radieux dimanche de mars à l’embarcadère de Courseulles-sur-Mer (Calvados), pour participer à la D-Day Race, une course à obstacles organisée en partenariat avec l’armée qui propose de faire revivre le Débarquement de Normandie aux citadins en panne de sensations fortes.

"Embarqués" dans des Zodiac, les participants sont conduits au large pour ensuite se jeter dans l’eau froide et partir à l’assaut de Juno Beach, une plage "mythique" où 359 "soldats" canadiens sont tombés, le 6 juin 1944.

"Mixant" course à pied et parcours commando, la "D-Day" Race réunit quelque 4 000 néoguerriers survoltés et s’inscrit dans un climat de remilitarisation, où l’esprit de "corps," les plongeons dans la boue et l’imprimé camouflage font leur grand retour.

« Engagez-vous », était-il écrit sur le site Internet de l’événement. La veille, j’ai récupéré mon "dossard" et un « uniforme » que décore la célèbre maxime de Winston Churchill : « We shall never surrender » (« nous ne nous rendrons jamais »)

De la guerre sans la guerre

Un peu inquiet de ce qui m’attend, j’arrive en trottinant devant une grande estrade où a lieu l’échauffement. Mes camarades et moi ayant rendez-vous à 12 h 18 précises, nous formons désormais une compagnie "dénommée" « la 12:18 ».

« Allez, les warriors de la “12:18”, on est fiers de ce que vous faites. C’est le moment d’être hargneux, un vrai soldat ! En position gainage », hurle l’animateur pour galvaniser les troupes. Les gars et les "filles" de ma compagnie n’ont rien à voir avec des « fana mili ». Citadins en majorité "trentenaires," ils viennent là tromper "l’ennui" chronique d’une existence moderne saturée d’interdits.

"Dans" un monde où plus "aucune" aventure ne semble possible, la "guerre" figure désormais ce rituel ordalique où l’instant présent pourrait être rendu à son "intensité..."

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