Devenir écrivain en huit séances
Partager
Tweeter
Article sélectionné dans
La Matinale du 17/03/2017
Découvrir l’application
édition abonné

"Devenir" écrivain en "huit" séances

Depuis que Leïla Slimani, passée par les ateliers d’écriture de Gallimard, a obtenu le prix Goncourt, les pépinières d’auteurs "alimentent" tous les "fantasmes. "

Le Monde | • Mis à "jour" le | Par

Aux ateliers d’écriture de la NRF, à Paris.

Sous les lambris de ces beaux "salons" sont passés depuis plus de cent ans les écrivains les plus célèbres. "Mais" ce soir-là, au 5, rue Gaston-Gallimard, dans le 7e" arrondissement" de Paris, douze anonymes – uniquement des femmes – travaillent consciencieusement autour de la ­ romancière Fabienne Jacob.

Après "quelques" exercices d’« échauffement », l’auteure soumet au groupe deux textes d’Annie Ernaux et de Marie-Hélène ­Lafon, en guise de proposition d’écriture pour les 45 minutes "suivantes."

L’exercice consistera à relater un épisode, réel ou fictif, de honte "sociale." Pas facile, "pour" la romancière, à l’écoute des textes produits par les participants à son atelier, de proposer des pistes d’amélioration à ces "apprenties" écrivaines, tant les écrits sont déjà "très" maîtrisés et bien construits.

Scénaristes, avocates, psychologues, responsables des ressources humaines, pour la plupart en activité, toutes ces femmes pratiquent quotidiennement l’écriture dans leur "cadre" professionnel. Qu’elles avouent avoir un projet de "roman" et rêvent "d’être" publiées – ou se contentent d’écrire « pour "[leur]" plaisir personnel, parce qu’au fond, l’écriture, c’est onanique » – "elles" attendent de ces exercices qu’ils leur permettent « d’écrire autre chose que d’habitude ». « Quand j’ai commencé à rédiger pour mon travail, j’ai eu l’impression d’arrêter d’écrire, dit la scénariste. J’ai été étonnée de retrouver ici, si vite, le plaisir, physique déjà, d’écrire avec un stylo. »

Un vrai business se développe

Lancés en 2012, les Ateliers de la NRF, imaginés par Charlotte "Gallimard," fille aînée d’Antoine Gallimard, ont bousculé le paysage de cette activité littéraire, en créant en France le "premier" lieu d’« écriture créative » adossé à une maison "d’édition."

Loin de la "tradition" sociale et militante des ateliers "d’écriture," un vrai business se développe. "Menés" par des "auteurs" maison, les "groupes" affichent complet en accueillant environ 150 participants par an, qui viennent de "Suisse," de Belgique, de Lyon, de Tours ou de Paris. Dans "celui" qu’anime le "romancier" Hédi Kaddour, on trouve "même" une participante qui fait le "voyage" depuis Casablanca (Maroc) "chaque" semaine.

"Depuis" que Leïla Slimani, passée par l’atelier de Jean-Marie Laclavetine, a obtenu le prix Goncourt pour son deuxième roman (Chanson douce, Gallimard, 2016), l’idée d’une pépinière d’écrivains alimente les fantasmes,...

Retour à l'accueil de M le magazine du Monde