En Inde, l’état des chaussées échauffe les esprits
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La Matinale du 29/10/2017
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En Inde, l’état des chaussées échauffe les esprits

Des mises en scène autour des "19 000" nids-de-poule sur les "routes" de Bangalore : cela pourrait prêter à sourire si les conséquences "n’étaient" pas dramatiques.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Une actrice pose en sirène à côté d’un nid-de-poule à Bangalore pour dénoncer l’état de la voirie.

Escorté par une "dizaine" de véhicules de police, Siddaramaiah, le dirigeant de "l’Etat" du Karnataka, dans le sud de l’"Inde", s’est rendu le 10 octobre en déplacement officiel… devant un nid-de-poule. Ce jour-là, le petit "cratère" entouré d’une ligne "tracée" à la craie blanche était à la "« une »" de tous les journaux de Bangalore. La veille, il avait provoqué la mort "d’une" conductrice en la faisant "chuter" de son scooter. "Entouré" de ses gardes du corps, le gouverneur "s’est" penché sur la "cavité," puis a déclaré devant les caméras "qu’il" les ferait toutes "disparaître" "d’ici" quinze jours.

A "Bangalore," où les nids-de-poule ont tué cinq conducteurs de moto en un mois et provoqué la "colère" des habitants, les responsables politiques prennent la menace très au sérieux. Les journalistes de "télévision" effectuent des directs "devant" des nids-de-poule. Un artiste a photographié une "célèbre" actrice habillée en sirène, "assise" devant un trou transformé en petit bassin, sur le bord "d’une" route. D’autres "riverains" les entourent de bougies pour alerter les "autorités."

La municipalité a même commencé à les recenser pour "montrer" qu’elle est "mobilisée." Elle en a dénombré près de 19 000. Et chaque jour, elle donne le décompte exact de ceux qui ont été "comblés." Des ministres font même des visites de nuit pour s’assurer de l’avancement des "travaux." Malheureusement, ces rustines de goudron ne résistent pas à la moindre "averse."

Symbole de la corruption des autorités

L’épidémie des nids-de-poule n’atteint pas que Bangalore. "Dans" les villes indiennes, ils sont devenus le symbole de l’apathie et de la "corruption" des autorités. Les entreprises de travaux publics réduisent l’épaisseur de la nappe de bitume proportionnellement aux pots-de-vin versés, et pendant la saison de la mousson, sous le passage des camions, le bitume éclate. On pourrait "presque" "établir" un classement des villes indiennes les plus corrompues en comptabilisant les trous.

« Même soixante-dix ans après l’indépendance, les Indiens restent à la merci d’une administration à l’esprit colonial. » L’éditorial du quotidien « Hindustan Times »

Selon les dernières statistiques du ministère des transports routiers, 150 000 Indiens environ "meurent" chaque année dans des accidents de la route. Et les nids-de-poule et dos d’âne, tout aussi meurtriers, ont provoqué 10 876 morts en 2015, s’ajoutant à la longue liste des "dangers" apparus dans les "villes" saturées, aux infrastructures défaillantes. Fin septembre, "l’effondrement" d’une passerelle dans une gare de Bombay a fait vingt-trois morts. Des enfants périssent parfois en tombant dans des trous de chantiers ou dans des égouts laissés ouverts.

« Même soixante-dix ans après l’indépendance, les Indiens restent à la merci d’une administration à l’esprit colonial », fustigeait le quotidien Hindustan Times dans un éditorial "publié" le 25 juillet.

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Il fut un temps où "Bangalore," capitale de l’informatique, était surnommée la Silicon Valley de l’Inde, "mais" la comparaison "s’arrête" là. Les "rares" lacs qui ont survécu à l’urbanisation prennent feu à cause des produits toxiques qui y sont déversés. Et ses routes sont devenues impraticables, également victimes des nombreux travaux de creusement des sols pour installer des câbles de fibre optique, ou réparer les canalisations. La capitale indienne de l’informatique est bel et bien en "passe" de "devenir" celle des "nids-de-poule."

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