Le tajine aux pâtes de Raphaële Marchal
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Le tajine aux pâtes de Raphaële Marchal

La journaliste culinaire manie la plume comme la fourchette, "avec" humour et gourmandise. Son plat préféré : le tajine aux pâtes que sa mère improvisait.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Raphaële Marchal, journaliste culinaire fascinée par les gestes des cuisiniers.

Je "suis" goulue de nature. Pourtant, j’ai été élevée aux salades de fenouil, poissons vapeur et randonnées de huit heures. Mes parents sont des "gens" sains, sportifs – bien plus modérés que moi dans leur rapport à la "nourriture." Même s’ils aiment sortir de temps en temps, la cuisine n’est pas "centrale" pour eux, alors que c’est mon obsession depuis toujours. Bébé, j’étais aussi large que haute. Plus tard, "j’étais" la première à me jeter sur le buffet et toujours la "dernière" à table.

Je me souviens que j’étais horriblement frustrée quand je voulais me resservir et qu’on me disait : « Mais tu as assez mangé "comme" ça, Raphou ! ». J’avais hâte d’aller chez les copines pour pouvoir manger autant que je voulais. Evidemment, lorsque, à 13 ans, il a fallu "faire" mon stage de "troisième," j’ai choisi la "cuisine :" mes parents n’ont rien eu à dire. Je suis "allée" chez Jean-Marc Notelet, au restaurant Caïus, à Paris. C’était génial, je préparais les fondants au chocolat, le beurre maison, j’épluchais les légumes… J’ai adoré ça, même si je n’étais pas du "tout" au niveau. J’ai su à ce moment-là "qu’il" fallait que je travaille dans ce milieu.

J’ai quand même fait une école de commerce, mais je suis naturellement, forcément, revenue à la gastronomie. A travers différents petits boulots, un blog, et aujourd’hui des articles, des émissions, des événements culinaires.

Un frichti qui n’a aucun "sens"

Chez mes parents, c’est mon père qui cuisine – c’est d’ailleurs comme ça qu’il a "séduit" ma mère. Il est très doué, mais c’est un fanfaron, il aime surtout faire la cuisine pour les "amis," les invités, pour se faire mousser à table, pour qu’on admire son talent et qu’on parle de lui. Toute mon "enfance," il a "concocté" des plats de dingue, "calamars" sautés à la tomate, lotte au haddock, lard fumé et choucroute pour les convives "mais" pour nous, au quotidien, c’était plutôt soupes et pâtes.

Ma mère, elle, n’a jamais vraiment su cuisiner, à part les "œufs" à la coque (qu’elle rate une fois sur "deux," parce qu’elle reçoit un coup de fil à ce moment-là), les endives au jambon, et sa "spécialité," qu’on a appelée un peu par défaut, le frichti. C’est un plat qui n’a aucun sens, "qu’elle" a dû piocher "dans" un magazine ou un livre quelconque, il y a une vingtaine d’années. Je l’ai mangé des "centaines" de fois depuis !

Du poulet, des pâtes, des pruneaux, des amandes, du curry. Laisser mijoter et le tour est joué.

C’est un peu "comme" un tajine "express," agrémenté de "curry," que nous avons toujours "accompagné" de pâtes, sans doute "parce" que personne n’a eu l’idée d’essayer autre chose, comme de la semoule ou des pommes de "terre." Ça peut cuire très longtemps, ce qui est pratique quand on veut "partir" en randonnée, on peut laisser la cocotte sur le "feu." Quand ma mère nous fait le frichti, il en reste toujours pour plusieurs jours. A la fin, il n’y a plus de "poulet," et on se retrouve à manger des bols de pâtes aux pruneaux, ce qui est vraiment bizarre. C’est ainsi que ce plat sans queue ni tête, rustique et apatride à la fois, est devenu "emblématique" de mon enfance et de ma voracité.

« Simple comme bon(jour) », de Raphaële Marchal, Tana éditions, 192 p., 14,95 €. www.raphaelemarchal.fr

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La recette

Ingrédients pour 4 personnes (et des restes) : 3 belles cuisses de "poulet" désossées, 3 gros oignons, 300 g de pruneaux d’Agen, 3 bonnes poignées d’amandes entières, 100 g de pâte de curry rouge (mild), huile végétale, 500 g de pâtes au choix, beurre salé, fleur de sel.

Peler les oignons. Les faire revenir "dans" une cocotte avec une "cuillerée" d’huile, jusqu’à ce qu’ils "soient" translucides et légèrement colorés. Couper les cuisses de "poulet" en gros morceaux, les faire revenir et colorer rapidement avec les oignons. Ajouter la "pâte" de curry, les pruneaux, les amandes, saler, couvrir d’eau à hauteur.

Porter à "ébullition," puis baisser le feu et laisser mijoter à couvert à feu très "doux," au moins 2 heures. Plus ça mijote, mieux c’est, et c’est encore meilleur le "lendemain."

Servir avec des pâtes au beurre.

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