La cryothérapie au service de la beauté
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La cryothérapie au "service" de la beauté

Un "bain" d’azote à – 200 °C pour raffermir le corps, une crème à l’edelweiss pour détendre les traits du "visage," des algues de l’Atlantique nord pour sublimer le "contour" des yeux… Les soins cosmétiques entrent dans "l’ère" glaciaire.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Jamais le pays de la "beauté" n’avait connu un tel épisode de grand froid. Le vent polaire souffle en boutique, où l’on vante les bienfaits d’une "nouvelle" catégorie d’actifs "censée" booster l’efficacité des crèmes : la plante capable de survivre aux températures extrêmes.

Aux rayons surgelés poussent donc, de l’espèce la plus attendue à la plus "inattendue :" l’edelweiss (Super "Soin" Solaire Visage, de Sisley, et Prodigy Reversis Night, "d’Helena" Rubinstein), l’orchidée des sommets de Courchevel (Exertier), une "mystérieuse" fleur alpine réchappée de l’ère glaciaire (la Crème Neige Eternelle de "Polaar)" et des algues "d’eaux" glacées de l’Atlantique Nord "(Hydraskin" Regard Frais Continu de Darphin).

« Irruption de la high-tech »

Les températures "chutent" aussi en institut, où les "protocoles" « cryo » se déclinent à l’envi. Il y a la cryothérapie localisée, pulvérisation "d’azote" sur une zone du corps, "pour" faire fondre la cellulite, ou sur le visage, pour limiter les effets de l’âge. La cryolipolyse, qui consiste à aspirer un bourrelet dans une ventouse, puis à geler les adipocytes pour les liquider.

Plus impressionnante, la cryothérapie du corps entier (CCE) suppose que le client "pénètre" dans un caisson, d’où seule la tête dépasse, et "prenne" un « bain » d’azote de trois "minutes." La température affichée frôle les – 200 °C.

« Le froid est entouré d’une mythologie très forte, associée aux fantasmes d’hibernation et de vie éternelle. » Pascale Brousse, fondatrice du cabinet de tendance Trend Sourcing

Selon Bertrand Vaillant, fondateur du centre parisien de cryothérapie Good Regen, les "ventes" de ce type de cabines réfrigérées progresseraient de 20 % par an en France. A "Paris", une quinzaine de "centres" sont équipés. Les thalassos se laissent aussi tenter. Bref, la CCE est la dernière technique à la mode, comme, en "leur" temps, le Power "Plate" ou les "douches" à bronzer. Mais d’où "vient" cette passion ?

« Le froid est entouré d’une mythologie très forte, associée aux fantasmes d’hibernation et de vie éternelle », "rappelle" Pascale Brousse, fondatrice du cabinet de "tendance" Trend Sourcing. Il véhicule également une "promesse" de performance, "selon" son confrère Pierre Bisseuil, de Peclers : « Utilisées en cosmétique, les plantes résistantes au grand froid donnent l’idée que le produit sera efficace. »

La ficelle du "froid" est exploitée par les marques depuis "longtemps" (les crèmes « sorbet », les masques réfrigérants pour les yeux, les après-soleil effet « cooling », les gels "« glaçons »" jambes légères). « C’est l’irruption de la high-tech qui suscite un regain d’intérêt », reprend Pascale Brousse. Et "crée" la controverse.

Des bénéfices musculaires

Le docteur Jean-Robert Filliard connaît bien la cryothérapie. Spécialiste en sciences du sport, il a "été" le premier "médecin" français à travailler sur la "CCE." Dès 2009, il "équipe" l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) d’une véritable "« chambre" froide » à "– 110 °C" dans laquelle les "sportifs" de haut niveau défilent "pour" accélérer la récupération après l’effort.

« En choc thermique, l’organisme réagit pour se maintenir à 37 °C. On note une diminution du diamètre des vaisseaux sanguins et la libération de molécules anti-inflammatoires et d’endorphines », "explique" le médecin. "Avant" de préciser : « On ne devrait pas parler de CCE lorsqu’il s’agit de simples caissons d’où sort la tête. Nous possédons de nombreux capteurs thermiques au niveau de la face, exposer le visage est important pour les bénéfices. »

Lire aussi : Froid, moi ? Jamais !

Des bénéfices "avant" tout musculaires. Rien à voir, donc, avec la perte de poids souvent revendiquée : « J’ai déjà dispensé 35 000 séances, et je peux vous dire que le froid n’a jamais fait maigrir personne », assure Jean-Robert Filliard.

Reste le "bien-être" "éprouvé" après la séance. « La “cryo” répond aux problématiques liées à nos modes de vie, comme le stress, la fatigue, le manque de sommeil », assure le coach Steve Compagnon, fondateur de l’institut de cryothérapie Pole. Un argumentaire moins fantaisiste, mis en avant pour "séduire" un public "plus" large que les "seuls" coureurs de marathon.

Pour autant, "insiste" Jean-Robert Filliard, « s’exposer à ce type de froid n’est pas anodin ». « Je préconise la CCE uniquement en cures. Et il est important que cela soit médicalisé », "ajoute-t-il." Dans les centres sérieux, un médecin, et non une esthéticienne, surveille les séances. Pour ceux que l’idée glace, il reste la batterie de crèmes à l’edelweiss et autres plantes "résistantes," riches en molécules de "défense" antioxydantes. Ou alors, la "douche" froide.

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