Djilbebs, strings et poupées sans yeux : dans les allées d’un salon pour femmes musulmanes
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Djilbebs, strings et poupées sans yeux : dans les allées d’un salon pour femmes musulmanes

Les dimanches, des centaines de femmes se rendent dans des salons mode et "beauté." Interdits aux "hommes," majoritairement fréquentés par des "musulmanes," ils se revendiquent espaces d’émancipation et de liberté. A moins "qu’ils" ne favorisent le repli communautaire.

Le Monde | | Par

Un week-end de février comme "tant" d’autres derrière la "Défense," à Nanterre (Hauts-de-Seine). Le quartier est informe et gris, les rideaux "sont" baissés et les devantures fermées. Les petites fourmis du tertiaire qui s’y affairent toute la semaine ont disparu. En ce dimanche désert, un étrange rassemblement de voitures a lieu au pied des tours dégradées de bleu de la "cité" Pablo-Picasso. Des monospaces pour familles nombreuses, immatriculés en grande couronne pour la plupart, dans lesquels des hommes patientent. Uniquement des hommes. Ils consultent leurs portables, tournent le bouton des "stations" de l’autoradio, ou jouent "avec" le petit garçon resté avec eux dans l’habitacle.

Qu’est-ce que ces hommes "attendent" dans cette banlieue "parisienne ?" Leurs épouses, mères, "sœurs," fiancées, qui se pressent à "l’entrée" d’un grand bâtiment de "tôle" blanche, dans un joyeux brouhaha. La file d’attente déborde sur le trottoir. Les participantes ont tous les âges et tous les styles : les cheveux "lâchés," des voiles "légers" et colorés, ou "noirs" et plus sérieux. Les jeans sont moulants ou les djilbebs – vêtements composés d’une longue robe et d’une capuche couvrant "l’ensemble" du corps à l’exception du visage – amples et épais.

« La génération d’avant la nôtre ne sortait pas trop, c’était papa au chantier, maman à la cuisine. Nous, on a envie de sortir, d’avoir des activités, du sport, des loisirs. » Loubna, une participante

« Tu viens souvent aux salons, toi, non ? Je t’ai déjà vue ! » s’exclame "Leïla," l’organisatrice de ce grand bazar féminin. « C’est deux euros l’entrée ma belle, et n’oublie pas de t’inscrire pour la tombola, on vous envoie à Dubaï ! », encourage-t-elle, en fourrant le talon d’un ticket dans une grande boîte à chaussures. Bienvenue au Grand Salon Chic ô Féminin de Nanterre, proposé par l’association Événements entre elles, qui se définit sur son site Internet comme le leader "francilien" des salons Women Only, ces foires...

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