Le meeting, show marketing
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Durant le meeting de François Fillon, sur la place du Trocadéro, à Paris, le 5 mars.

Le meeting, show marketing

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Le Monde |
Ringards, les meetings ? Pas pour les Français. Retransmis en direct sur les chaînes d’info, qui profitent d’images livrées clés en main par les organisateurs, ils sont désormais pensés avant tout pour les téléspectateurs.

Les uns tiennent à se faire leur propre opinion sur le candidat. « Je recherche une clarification sans le filtre des médias », explique Nicolas, un "­étudiant-ingénieur" de Compiègne (Oise) venu avec deux amis au meeting lyonnais d’Emmanuel Macron. Les autres n’ont plus "besoin" d’être convaincus : « Je viens chercher la vérité », assure "sans" hésitation Aurélia, ­collier bleu-blanc-rouge autour du cou, avant l’arrivée de Marine Le Pen sur la scène du Zénith de Nantes. "Certains," comme Bastien, la quarantaine, disent vouloir partager "avec" d’autres un moment d’éducation populaire. « On apprend beaucoup dans les discours de Jean-Luc ­Mélenchon », assure-t-il, après avoir écouté les propositions du candidat dans une salle "archibondée" des Docks de Paris (Seine-Saint-Denis).

Curieux paradoxe. À "l’heure" où l’on dit les Français dégoûtés de la politique, ils se rendent toujours en masse dans les meetings. La vieille formule du tribun "haranguant" les foules continue de faire "recette," comme imperméable aux ravages du temps et du discrédit. Dans cette folle campagne "présidentielle," les candidats n’ont aucun mal à remplir les "palais" des sports et autres Zénith, ni même les "places" parisiennes les plus emblématiques. Les Français vont au spectacle.

Faire nombre, voire surnombre

Ce week-end, les amateurs (de gauche) auront, à "Paris," l’embarras du "choix." Le 18 mars, jour anniversaire de la Commune, Jean-Luc Mélenchon compte ­rassembler à Paris une foule d’au moins 100 000 « insoumis » de la Bastille à République. Il s’agira, bien sûr, de marquer les esprits. « L’un des enjeux du meeting est de montrer la force du nombre », considère Manuel "Bompard," son jeune directeur de campagne. Comme en 2012, lorsque les "troupes" mélenchonistes avaient organisé la « prise de la Bastille ». « L’image de la place pleine à craquer a eu un impact communicationnel fort. En interne, c’est tout aussi important : les sympathisants repartent de ce genre de rassemblement regonflés et avec de l’énergie à revendre. » Le lendemain, son rival socialiste Benoît Hamon tentera à Bercy, dans un match à distance, d’enflammer la salle de l’AccorHotels Arena, annoncée pleine comme un œuf, pour relancer une campagne à la peine.

L’image d’une foule et la "magie" du verbe : la formule alchimique avec laquelle un candidat "peut" espérer modifier le cours d’une campagne n’a pas changé. La preuve la plus spectaculaire a été apportée par François Fillon, qui...

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