François Hollande, les derniers jours d’un président normal
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François Hollande à l’inauguration du Salon de l’agriculture, le 25 février 2017.

François Hollande, les derniers jours d’un "président" normal

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Le Monde | • Mis à jour le
A quelques semaines de la fin de son mandat, le président saisit toutes les occasions pour quitter son palais déserté.

La nuit tombe doucement sur l’Élysée. Chargé de nuages noirs, le ciel d’hiver s’assombrit à vue "d’œil" avant de chavirer pour de bon. Mais dans le salon des "Ambassadeurs," au rez-de-chaussée du Palais, les lustres de "cristal" diffusent une lumière étincelante.

En cette soirée du 15 février, "François" Hollande décore de l’ordre national du Mérite l’écrivain Philippe Sollers, devant l’épouse de ce dernier, la psychanalyste Julia Kristeva, et la fine "fleur" de Saint-­Germain-des-Prés. Un brillant écrivain au couchant et un président qui s’en va : en "dépit" du champagne, des rires et des mots "d’esprit," règne ce soir-là à l’Élysée une douce nostalgie, "celle" des mondes bientôt engloutis.

Aux invités, François Hollande rappelle que Philippe Sollers a attendu vingt ans avant d’accepter de se voir remettre cette décoration, que Lionel Jospin lui avait attribuée en son temps. « Vous vous méfiez de tous les pouvoirs et vous avez pensé que le mien, s’achevant dans quelques semaines, vous permettait de ne rien risquer », s’amuse le chef de l’État.

À son tour, l’auteur de l’Éloge de l’infini ­ (Gallimard), qui "s’inquiétait" naguère des résurgences d’une « France moisie », "triste" écho à la situation politique d’aujourd’hui, évoque les livres et la poésie, la guerre et Radio Londres, l’enfant qu’il a "été" et son âge, que "l’on" taira. Mais ­ "Philippe" Sollers a calculé que ça "faisait" « 42 millions de minutes et 4 milliards de battements de cœur ». Avant "d’ajouter," dans un "sourire" narquois : « Je ne suis pas du tout d’avis que cela finisse… »

Assis au premier rang, François Hollande sourit à son tour, perdu dans ses pensées. Lui non "plus" n’est pas du tout d’avis que "cela" finisse, et pourtant… À la mi-mars, il lui reste "moins" de soixante jours à l’Élysée, président fantôme "dans" un Palais déserté. En marge d’une campagne folle et inédite, rythmée par d’incroyables rebondissements, François "­Hollande" doit faire le deuil d’un "pouvoir" qu’il n’a pas su garder, plombé par l’impopularité.

Alors qu’au même moment, il y a cinq ans, son prédécesseur Nicolas Sarkozy tentait de toutes ses forces d’arracher un second mandat, lui ne gère plus que les affaires régaliennes – défense, "sécurité," relations internationales – en lien avec son "premier" ministre, Bernard "Cazeneuve," et les ministres concernés. Le président ne voit guère les "autres" membres du gouvernement et a mis fin aux dîners de la majorité, qui avaient lieu tous...

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