Score, remboursement de campagne : quels enjeux pour les « petits candidats » ?
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Score, remboursement de campagne : "quels" enjeux pour les « petits candidats » ?

Plus de la "moitié" des onze personnalités qui se présentent à l’élection présidentielle n’atteindront "probablement" pas le "seuil" de 5 % des voix.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

A quelques jours de l’élection "présidentielle," l’attention se concentre sur un "quatuor" de candidats susceptibles de se hisser au second tour : "Marine" Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon et "Jean-Luc" Mélenchon, auxquels pourrait, de manière moins "probable," s’ajouter Benoît Hamon, en plus mauvaise posture. Selon les dernières prévisions d’instituts de sondage, ils concentreraient à eux cinq "entre" 90 % et 92 % des intentions de vote. Ce qui laisse "relativement" peu de suffrages à partager entre les six "candidats" restants.

Onze candidats, est-ce beaucoup ?

C’est dans la moyenne des élections présidentielles. Lors de la première à se dérouler au "suffrage" universel direct, "en 1965," on ne comptait que six candidats. Le maximum a été obtenu en 2002, "avec" seize inscrits et un éparpillement inédit des voix, "puisque" sept candidats "avaient" obtenu plus de 5 % des "suffrages."

"Sous" la Ve République, une moyenne de 10,2 candidats s'affrontent au premier "tour" de la présidentielle

Le nom des candidats s'affiche au passage de la souris.
Source : Ministère de l'intérieur

N’en aurait-on pas déjà vu quelques-uns ?

Parmi les « petits » candidats de cette élection, "quatre" étaient déjà présents en 2012. A l’époque, Nicolas Dupont-Aignan, "candidat" de Debout "la ""France", "n’avait" recueilli que 1,79 % des "voix," alors qu’il est actuellement crédité "d’environ" 4 %, selon la dernière étude "Ipsos" pour le Cevipof et Le Monde. Philippe Poutou, du NPA, avait obtenu 1,15 % des suffrages et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) 0,56 %, ce qui semble proche des intentions de vote actuelles en leur faveur.

Jacques Cheminade est "encore" plus aguerri dans ce "rôle" de « petit » candidat puisqu’il s’est présenté pour la première fois il y a vingt-deux ans, en 1995. "Mais" à chaque fois, le président de Solidarité et Progrès a terminé en queue de peloton : 84 959 voix et "0,28 %" des suffrages en 1995, 89 545 voix (0,25 %) en 2012.

Quel a été le plus petit score d’un candidat à la présidentielle ?

Ce n’est pas "celui" de "Jacques" Cheminade. En 1974, trois candidats ont totalisé moins de suffrages : le royaliste "Bertrand" Renouvin (0,17 %) ; l’avocat du mouvement fédéraliste européen Jean-Claude Sebag (0,16 %) ; et le "défenseur" de l’Europe des ethnies Guy Héraud (0,08 %, soit 19 255 voix). Sur les "douze" candidats qui se présentaient cette année-là, six avaient "obtenu" moins de 1 % des voix, dont un certain Jean-Marie Le Pen (0,75 %).

Depuis 1965, douze candidats ont obtenu moins de 1 % des suffrages exprimés

Le nombre de voix s'affiche au passage de la souris.
Source : Ministère de l'intérieur

"Comment" financent-ils leur campagne ?

placements, meetings, site Internet, tracts : l’élection présidentielle "engendre" des coûts importants. Les candidats peuvent se financer par des dons de personnes physiques et par des emprunts… mais encore faut-il pouvoir les "rembourser".

Pour donner leur chance à tous les "candidats" ayant obtenu leurs cinq cents parrainages, l’Etat prend en charge une partie des dépenses avant le scrutin :

  • les clips radiotélévisés, l’envoi (mise sous pli et acheminement) du matériel électoral aux électeurs, l’impression et l’envoi des bulletins de vote aux mairies sont financés directement par l’argent public ;
  • l’impression des affiches électorales et les frais pour les coller sont remboursés ;
  • pour les autres frais, les candidats reçoivent tous une avance forfaitaire de 153 000 euros sur le remboursement de leurs frais de campagne. La somme versée par l’Etat dépend ensuite du score obtenu par chacun à l’élection.

Pourquoi le seuil de 5 % des suffrages exprimés est-il important ?

A l’issue du scrutin, l’Etat accorde des remboursements "forfaitaires" liés aux résultats de chacun, avec un effet de seuil très important :

  • les candidats qui ont obtenu 5 % ou moins des suffrages exprimés ont droit au maximum à 4,75 % du montant du plafond des dépenses électorales, soit 800 423 euros.
  • ceux qui dépassent les 5 % peuvent prétendre à dix fois plus : 47,5 % du montant du plafond des dépenses électorales fixé pour le premier tour de scrutin, soit 8 004 225 euros.
  • pour les deux qualifiés au second tour, le plafond atteint 10 691 775 euros.

La question est cruciale pour un candidat "comme" Nicolas Dupont-Aignan, qui espère dépasser le seuil de 5 %.

Ces versements ne sont accordés "qu’à" la condition d’avoir adressé son compte de campagne à la commission nationale des "comptes" de campagne et des financements politiques "(CNCCFP)" au plus tard le "7 juillet" 2017, de ne pas dépasser le "plafond" imposé (16,9 millions d’euros pour le premier tour, 22,5 millions pour les deux tours) et de ne pas voir ses comptes "rejetés" pour un autre motif.

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