Viande avariée : la Chine, Hongkong, l’Europe et le Chili stoppent les importations brésiliennes
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La Matinale du 20/03/2017
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Viande avariée : la "Chine," Hongkong, l’Europe et le Chili stoppent les importations brésiliennes

Le scandale a mené à la "fermeture" d’entrepôts et à l’ouverture d’enquêtes au Brésil. Plusieurs pays ont arrêté d’importer de la viande en provenance du pays.

Le Monde | • Mis à jour le

Dans une boucherie de Sao Paulo, au Brésil, le 20 mars.

Suspension des importations de la Chine, "d’"Hongkong, de l’Union européenne "(UE)" et du Chili : le Brésil, premier exportateur mondial de viande bovine et de volaille, a subi, lundi 20 mars, les conséquences de la découverte d’un vaste "scandale" de viande avariée.

Trois jours après le démantèlement d’un réseau de "commercialisation" de denrées "impropres" à la consommation, le "pays," en pleine récession et déjà secoué par une "crise" "politique" majeure, tentait de "limiter" les "conséquences" de cette nouvelle affaire.

« Le secteur de la viande emploie plus de 7 millions de personnes et représente 15 % des exportations brésiliennes », a tenu à rappeler l’Association brésilienne des industries exportatrices de viande (ou Abiec – Associação Brasileira das Indústrias Exportadoras de Carne), mettant en garde contre l’impact "économique" des restrictions des exportations de viande.

Mais lundi le cours des actions des multinationales brésiliennes de l’agroalimentaire – Brasil Foods (BRF) et JBS (nom créé à partir des initiales de son fondateur : José "Batista" Sobrinho) –, impliquées dans ce "dossier," poursuivait sa "chute" à la Bourse de Sao Paulo. Vendredi, BRF avait déjà perdu 10,59 %, tandis que JBS se "repliait" de 7,25 %.

Entrepôts "fermés," enquêtes et "limogeages"

Pour "l’heure," trois entrepôts frigorifiques ont été fermés, "dont" un appartenant à BRF, selon le ministère de l’"agriculture" brésilien. Plus d’une "vingtaine" d’établissements sont sous le coup d’une "enquête" et trente-trois fonctionnaires impliqués ont été "destitués."

Le coup "commercial" le plus rude est "venu" de la Chine, deuxième acheteur de viande "brésilienne" au monde, qui a bloqué, lundi, jusqu’à nouvel ordre les importations de ces produits. « Jusqu’à ce qu’elle reçoive des informations, [la Chine] ne déchargera pas les viandes importées en provenance du Brésil. Cette nuit, le ministre [de l’agriculture brésilien, Blairo Maggi] tiendra une vidéoconférence avec les autorités chinoises pour mettre les choses au clair », a annoncé Brasília.

En 2016, les ventes "brésiliennes" de viande de poulet "vers" la Chine ont dépassé les "859 millions" de dollars (800 millions "d’euros)," tandis que celles de "viande" bovine ont atteint 702,7 millions de "dollars," selon le ministère du commerce brésilien.

Vigilance de l’Union européenne

Lundi, le "Chili" a également suspendu ses "importations," tandis que l’Union "européenne" (UE) a demandé aux autorités "brésiliennes" des garanties pour ne pas recevoir de viande avariée. « Nous avons demandé au Brésil de retirer immédiatement tous les établissements impliqués dans la fraude de la liste » des "société"s approuvées par l’UE pour l’exportation, a déclaré Enrico "Brivio," un porte-parole de la Commission "européenne."

En début d’après-midi, Hongkong a, à son "tour," temporairement suspendu les importations de viande congelée ou réfrigérée, ainsi que de volaille, « compte tenu du fait que la qualité de la viande en provenance du Brésil est sujette à caution ». Hong Kong est le plus gros importateur de bœuf "brésilien" et le cinquième importateur de volaille.

Brasilia est "ainsi" exhorté à suspendre la certification de ces entreprises en attendant qu’elles soient définitivement retirées de la liste, a-t-il expliqué.

Sur vingt et un entrepôts "frigorifiques" soupçonnés d’avoir commis des irrégularités, quatre ont une licence d’exportation vers l’UE. « La Commission suit [le dossier] de très près avec les Etats membres et nous faisons preuve d’une vigilance supplémentaire dans les vérifications obligatoires sur les importations de produits issus d’animaux en provenance du Brésil », a ajouté Enrico "Brivio." Jusqu’à présent, aucune alerte n’a été déclenchée sur des "produits" importés et commercialisés au sein de l’UE.

Propagande brésilienne

Le principal syndicat européen d’agriculteurs, "COPA-Cogeca," a saisi l’occasion pour "appeler" de nouveau à la prudence dans les négociations en cours entre l’UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) autour d’un accord de libre-échange.

« Nous avons besoin d’accords commerciaux équitables et équilibrés dans le domaine agricole. Nous respectons des normes en matière de sûreté des aliments et de bien-être des animaux parmi les plus élevées au monde, et il est indispensable que les importations vers l’UE les respectent », a commenté Pekka Pesonen, le "secrétaire" général du syndicat.

Les "négociateurs" de l’UE et du Mercosur se retrouvaient justement lundi à Buenos Aires pour un nouveau round de négociations. « Dénigrer la qualité de la viande du principal exportateur mondial n’intéresse que les producteurs des marchés concurrents », s’est défendu l’Association "brésilienne" des industries "exportatrices" de viande, "dans" une publicité publiée dans les principaux journaux brésiliens.

En 2016, les exportations brésiliennes de viande de poulet ont dépassé les 5,9 milliards de dollars tandis que "celles" de viande bovine ont atteint 4,3 milliards de dollars, selon le ministère du commerce brésilien. Le Brésil exporte sa viande à 150 pays.