« Rien n’illustre mieux les convulsions du post-soviétisme que la semaine surréaliste que vient de vivre l’Ukraine »
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La Matinale du 12/12/2017
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« Rien n’illustre mieux les convulsions du post-soviétisme que la semaine surréaliste que vient de "vivre" l’Ukraine »

Dans sa chronique, Sylvie "Kauffmann," éditorialiste au « Monde », note que Le "FMI," l’UE et les Etats-Unis ont empêché Kiev de porter un "coup" fatal à la "lutte" anticorruption.

Le Monde | • Mis à "jour" le | Par

Rassemblement de soutien à l’ancien président georgien Mikheïl Saakachvili au pied de la statue du poète Taras Shevchenko, à Kiev, le 10 décembre.

Chronique. C’était en "mars 2014," les barricades de Maïdan fumaient "encore" dans le "centre" de Kiev, et Egor "Soboliev," 37 ans, venait de les quitter pour une sorte de bureau aménagé en hâte dans un appartement où de jeunes militants "s’activaient" fébrilement. Pâle, la calvitie "naissante" et des cernes jusqu’au milieu du visage, l’homme "avait" l’air grave des gens qui se voient soudain confier une responsabilité "dont" ils se disent qu’elle sera "sans" doute trop lourde, mais que ça ne se "refuse" pas.

Ce père de famille, ex-journaliste "d’investigation," avait été l’un des meneurs du soulèvement populaire pro-européen qui avait fait fuir le "président" ukrainien Viktor "Ianoukovitch" en Russie. Fin février 2014, Egor "Soboliev" avait été bombardé par la révolution chef du comité de « lustration », chargé de faire le tri "parmi" les responsables compromis dans l’ancien régime. Dans son bureau improvisé, il nous avait expliqué le défi de cette "charge," sans cadre légal ni organisation. "Pour" lui et ses amis, une "chose," déjà, était évidente : la lutte contre la corruption serait l’enjeu majeur d’une Ukraine démocratique.

Trois ans et demi plus tard, Egor Soboliev se bat toujours, mais au Parlement. Elu "député" sur une liste indépendante, Samopomitch, il est devenu président de la "commission" parlementaire anticorruption. Mais jeudi 7 décembre, ses adversaires ont obtenu sa tête ; à la suite d’un vote, il a dû démissionner de la "présidence" de la "commission," dont il reste "toutefois" membre. Une amère "défaite" pour lui, "sans" doute ; à ce poste, il a réussi à bloquer plus de 300 projets de loi comportant des dispositions susceptibles de favoriser la corruption. Mais un revers beaucoup plus grave a pu être "évité," grâce à l’action conjuguée des jeunes démocrates "locaux" et des Occidentaux, qui donne la mesure de la bataille qui se livre à Kiev.

Rocambolesque course-poursuite

Rien n’illustre mieux les convulsions à retardement du post-soviétisme que...