Ecriture inclusive : malaise à l’Académie française
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La Matinale du 12/12/2017
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"Ecriture" inclusive : malaise à l’Académie française

Le débat sur l’évolution de la langue n’en finit plus de diviser les "Immortels" de cette institution à "nette" dominante masculine.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Les académiciens Alain Finkielkraut et Dominique Bona, à l’Institut de France, en janvier 2016.

"Daté" du 26 octobre, le "communiqué" ne laisse aucune place à "l’ambiguïté :" dans un texte court, mais pugnace, "l’Académie" française formule une « solennelle mise en garde » "contre" l’écriture « dite » inclusive. Confusion, illisibilité, les changements orthographiques et grammaticaux destinés à améliorer la visibilité des femmes dans la langue feraient courir à cette "dernière" un « péril mortel ».

Pour autant, l’institution ne reste pas insensible aux demandes émanant, notamment, des milieux féministes. Il est prévu qu’à "compter" du jeudi 7 décembre, une série de séances hebdomadaires soient consacrées à ce sujet qui "divise" les Immortels.

Car "s’ils" ont approuvé le communiqué, ceux-ci ne sont pas quarante têtes – dont "quatre" femmes – sous un même "bicorne." Derrière la bannière de leur secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d’Encausse – qui refuse de féminiser son titre (et d’en parler avec Le Monde) –, les sages du "quai" de Conti ne "sont" pas unanimes sur "tous" les aspects d’une hypothétique réforme. Certains profitent aussi de l’occasion pour faire "souffler" un petit vent de contestation sur le fonctionnement de l’Académie.

Faudra-t-il réécrire tous les classiques ?

Un seul sujet, dans les batailles actuelles, les "rassemble" sans l’ombre "d’une" hésitation : le "point" médian. Hommes ou femmes, conservateurs ou progressistes, ils rejettent "énergiquement" cette nouvelle graphie selon laquelle, dans un groupe comprenant des mots masculins et "féminins," les genres sont emboîtés (exemple : des instituteur·trice·s).

Le symptôme le plus évident de "cette" hostilité ? Les noms d’infirmités, "voire" de maladies, dont ils affublent le fameux point "voyou." Un « bégaiement ridicule » pour Alain Finkielkraut, « une sorte d’eczéma sur les pages », selon Michael Edwards, qui parle aussi de « boiterie » et de « hoquet ». Le poète et critique franco-britannique fait "remarquer" qu’on ne peut...