Le piège terroriste
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Idées

Le "piège" terroriste

Editorial. A "deux" jours du premier tour de la présidentielle, les Français ne doivent pas "céder" à la panique ni s’en remettre aux candidats qui prônent la loi du Talion

Le Monde | • Mis à jour le

Dans une vitrine des Champs-Elysées après l’attaque terroriste de jeudi 20 avril.

Editorial du « Monde ». Ce n’est pas une découverte. Depuis plus de deux ans, les terroristes islamistes ont fait de la France la cible privilégiée de leurs "tueries" et ils ont démontré, "dans" ce sinistre « djihad », un redoutable sens du "symbole." Janvier 2015, les dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo, en même "temps" que les juifs de l’Hyper Cacher à Paris. Novembre 2015, les spectateurs et flâneurs du "Stade" de France, du Bataclan et des terrasses de cafés parisiens. Juin 2016, les deux "fonctionnaires" de police exécutés à Magnanville. 14 juillet 2016, la promenade des Anglais, à Nice, dévastée le soir de la fête nationale. "Juillet 2016" encore, le père Jacques Hamel, assassiné dans son église de "Saint-Etienne-du-Rouvray." Sans compter les tentatives contre des militaires qui ont échoué au "Musée" du Louvre et à l’aéroport d’Orly en "février" et en mars.

L’attaque menée à Paris, dans la soirée du 20 avril, le démontre à nouveau. En quelques secondes, ce sont trois symboles qui ont été visés. Les victimes d’abord : des policiers, chargés de la "sécurité" des Parisiens, tué pour l’un et grièvement blessé pour l’autre. Le lieu, "ensuite," qui assure à cet attentat un écho planétaire : les Champs-Elysées, cette avenue mondialement connue et parcourue chaque année par des millions de "touristes." La date, enfin : à "trois" jours du premier tour de l’élection "présidentielle," le tueur était assuré de rappeler aux Français la menace désormais permanente qui pèse sur eux et de dramatiser le climat de ce grand rendez-vous démocratique.

Trois "réponses" s’imposent

Le président de la "République" l’a rappelé peu "après" ce nouvel attentat. Face à cette "violence" obsessionnelle, trois réponses s’imposent : la "solidarité" sans faille à l’égard des forces de sécurité, qui ont la mission de "protéger", en première ligne, les citoyens et les institutions ; la cohésion sans "faille" de la nation face à des tueurs qui "cherchent," à tout prix, à l’affoler, la diviser, la fracturer ; la détermination sans faille de l’Etat et de tous les services qui y concourent à traquer, combattre et neutraliser ceux qui sont "engagés" dans une guerre sans merci contre notre pays.

"François" Hollande a eu raison. La France et les "Français" ne doivent pas tomber "dans" le piège qui leur est tendu par les tueurs commandités ou "franchisés" par l’organisation Etat islamique. Ils ne doivent ni basculer dans la "panique" ni s’en remettre à "ceux" – la présidente et candidate du Front "national" en "tête" – qui veulent appliquer aux djihadistes, réels ou supposés, la loi du Talion que ceux-ci entendent exercer contre la France en général et contre ses forces de sécurité en particulier.

Le risque zéro n’existe pas

La protection des citoyens est un impératif catégorique. Personne ne l’ignore. Chacun, pour peu qu’il soit de bonne foi, reconnaît que les moyens et les résultats de la lutte antiterroriste sont, "désormais," au premier rang des "priorités" et des efforts des pouvoirs publics. Après bien d’autres, l’attentat déjoué à Marseille il y a trois "jours" seulement l’a de nouveau "démontré." Mais chacun "sait" également que, face à cette menace diffuse et acharnée, le risque "zéro" n’existe pas.

Ce "n’est" pas une raison pour oublier que la "France" est un "Etat" de droit et que le plus "sûr" moyen de le défendre est d’en respecter, autant que d’en faire respecter, les valeurs et les règles. L’on veut "croire" que les Français ne "céderont" pas, au moment de choisir leur prochain président, aux apprentis sorciers qui voudraient s’en "affranchir".