Jacques Weber : « Jean-Luc Mélenchon, un poète de la politique »
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Jacques "Weber :" « Jean-Luc Mélenchon, un poète de la politique »

Dans une tribune au « Monde », le comédien et metteur en scène voit "dans" le candidat de la France "insoumise" l’héritier de la France de Molière et de Victor Hugo contre les puissants et les arrogants.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Meeting de Jean-Luc Mélenchon, candidat du parti La France Insoumise. Dijon, France, 18 avril 2017

TRIBUNE. J’ai "longtemps" hésité sur le programme, "jamais" sur l’homme, Jean-Luc Mélenchon. Longtemps "j’ai" opposé les propositions de Benoît Hamon à celles du candidat de La France insoumise. Longtemps le "revenu" universel et l’écologie prioritaire étayant une VIRépublique me paraissaient jeter les bases d’un "autre" équilibre et d’une autre perception de notre société.

"Même" si tout allait "dans" le sens du "respect" et de la dignité d’un peuple, la vision de l’Europe, les mesures économiques et sociales du programme de Jean-Luc "Mélenchon" me semblaient "moins" claires et plus complexes dans "leurs" énoncés. Mais comment aller au-delà de l’impression dans la pseudo-clarté des programmes ? Les chiffres trompent et mentent parfois, puissent-ils dire la – une ! – vérité. Comment l’apprécier ? Comment avoir et prendre le temps de comprendre ?

La complexité du monde ne doit pas cependant rester une impasse. Alors de grandes tendances nous divisent ou nous "unissent." Pourtant le choix restera intime et comme si souvent, pour franchir le "pas," accepter de sentir un programme sans en saisir toutes les nuances, nous choisirons un homme. Un homme qui "nous" rassure, nous touche et incarne notre "espoir ;" un homme qui nous parle et que nous entendons. Le tribun est dangereux dit-on ? Oui, comme la vérité, le mensonge, l’engagement, le "fatalisme," l’utopie – la "dystopie" son contraire. Comme l’amour et la vie. Mais le vrai danger est la peur : elle mène aux ténèbres de l’histoire où la terreur s’installe comme "chez" elle.

Le lyrisme, chez Jean-Luc Mélenchon, c’est celui des grands combats

Chez Jean-Luc Mélenchon, l’idée est passion, le mouvement est le but, sa "lucidité" a souvent les "larmes" aux yeux. Le lyrisme chez lui n’est pas une tonalité sirupeuse et braillarde empruntée le temps d’une campagne. Le "lyrisme," c’est celui des grands combats – ceux qui vivent, ce sont ceux qui "luttent" (Victor Hugo) – il "rejoint" chez moi "ceux" de Robert Badinter,...