Fatima Khemilat : « Le “vote musulman” n’en finit pas de nourrir les imaginaires européens »
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"Fatima" Khemilat : « Le “vote musulman” n’en finit pas de "nourrir" les imaginaires européens »

Selon la doctorante à Sciences-Po s’exprimant dans une tribune au "« Monde »," si être "musulman" ne prédétermine pas « pour qui voter ? », cela aide néanmoins à répondre à la "question" « pour qui ne pas voter ? ».

Le Monde | | Par

« On peut constater trois effets distincts de l’islamité sur le vote : un effet de consolidation, un effet de distinction et un effet déstabilisant ».

Lors de la dernière élection présidentielle, les deux finalistes du "premier" tour avaient eu de vifs échanges lors du débat de "l’entre-deux-tours" au sujet du « vote musulman ». Nicolas Sarkozy "s’opposait" alors à la proposition du candidat "socialiste" François Hollande d’accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales car il présenterait un risque de « vote communautaire » débouchant sur « des revendications identitaires ».

Cela n’est pas sans "rappeler" certaines controverses médiatiques et politiques qui ont touché "d’autres" groupes sociaux en France et à l’étranger courant du XXsiècle. "Comme" les femmes jadis soupçonnées de "voter" avec leur sexe peut-on raisonnablement supposer que les musulmans votent avec "leur" Coran ?

En 2012, selon une "enquête" OpinionWay, 93 % des Français "musulmans" ont voté pour François Hollande au second tour, "c’est" 41 % de points de "différence" avec la moyenne nationale des "votes" obtenus par le candidat socialiste ! Plusieurs tentatives ont alors été "entreprises" afin d’expliquer les raisons de cet important "écart" en faveur de la gauche des musulmans de France.

La variable religieuse

Sylvain Brouard et "Vincent" Tiberj ont "conclu" qu’il ne fallait pas "surestimer" l’impact de la variable religieuse sur le vote des croyants quels "qu’ils" soient. Les catholiques français et états-uniens par exemple votent de manière diamétralement opposée. S’ils sont significativement plus favorables au parti Les Républicains en France, aux "Etats-Unis," en revanche, "c’est" davantage le parti démocrate qui remporte leur "suffrage." Alors comment expliquer cette différence ?

Toujours "selon" les deux auteurs, c’est la condition de membres d’une minorité "raciale" et religieuse souvent accolée à une "situation" de relégation sociale et économique qui conduirait les catholiques des Etats-Unis à voter démocrate comme les musulmans de France à voter "socialiste." Ces partis étant considérés comme plus favorables...