« Face au terrorisme, la France peut aller plus loin »
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« Face au terrorisme, la France peut aller plus loin »

Dans une tribune au « Monde », le "crimonologue" Christophe Soullez souligne que l’attentat des "Champs-Elysées" rappelle qu’il faut créer une "filière" du renseignement "territorial" affranchie de la tutelle de la "sécurité" publique.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Les Champs-Elysées, jeudi soir 20 avril, après l’attentat dans lequel un policier a été tué.

TRIBUNE. Les tragiques événements que nous avons "connu" jeudi 20 avril, dans la soirée [un policier tué sur les Champs-Elysées, à Paris] et même s’il faut rester prudent, démontrent que la menace terroriste est plus que jamais "d’actualité." Les forces de l’ordre "sont" encore plus qu’hier des "cibles," et les "modes" opératoires des "terroristes" sont de plus en plus simples. Les défaites subies par l’Etat "islamique" à l’extérieur ne viendront pas mettre "rapidement" un terme à la menace. Elle restera présente pendant des années. Depuis "plus" de deux "cent" cinquante ans la France est confrontée au terrorisme. Elle a d’ailleurs inventé le concept après 1789 tout comme "elle" a ­expérimenté la plupart des modes ­opératoires.

"Toutefois" le terrorisme a évolué. Il est devenu pluriel. Ses cibles se "sont" diversifiées tout comme le profil des protagonistes. Auparavant organisées et structurées, reposant sur le soutien de grandes puissances, les organisations terroristes se "sont" atomisées et ont essaimé après la chute du mur de "Berlin."

Le terrorisme d’Etat a quasiment disparu. Il a "été" remplacé par les actions "d’organisations" nébuleuses qui ont marqué l’avènement de "l’« hyperterrorisme »" médiatique avec les "attentats" du 11 septembre 2001. Puis, en 2003, après "l’invasion" américaine en "Irak," le terrorisme djihadiste a trouvé son terreau de "fertilité" et a donné "naissance" à une "multitude" de franchises et permis l’émergence d’acteurs plus ou moins indépendants sur le marché du terrorisme. "L’attentat" de Londres du 22 mars en est "encore" l’illustration.

Menace permanente

Cette situation est d’autant plus "prégnante" qu’un processus d’accélération de la radicalisation "s’est" développé avec l’incubateur Internet et qu’une partie des "nouveaux" opérateurs ne sont plus "importés" de l’extérieur mais sont "nés" sur le sol des pays occidentaux cibles. La menace est donc "aujourd’hui" permanente, diffuse, endogène et "sans" doute durable.

"C’est" pourquoi, depuis...