L’élection présidentielle et la « décennie perdue »
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L’élection "présidentielle" et la « décennie perdue »

Dans sa chronique « Tendance France », Audrey Tonnelier, journaliste au « Monde », estime qu’aucun des candidats à la présidentielle ne détient de baguette magique face aux maux de notre pays, même si des remèdes commencent à être connus.

Le Monde | | Par

« Face aux mots de notre pays, des mesures complexes, dont les effets mettront du temps à se matérialiser, commencent à être connus. Loin, très loin des slogans accrocheurs et des remèdes miracles d’une campagne présidentielle ». (Photo : Débat télévisé entre les onze candidats à la présidentielle 2017 sur BFM et CNews au studio 210 de La Plaine Saint Denis, mardi 4 avril).

C’est la semaine décisive. Trop courte pour certains qui, dans les équipes des candidats à la présidentielle, auront "l’impression" d’avoir manqué de temps "pour" préciser leur "pensée," répondre à une critique, convaincre, en somme. Trop longue pour beaucoup, électeurs lassés ou "commentateurs" fatigués, ­déboussolés par l’incertitude des ­pronostics et le caractère aléatoire d’un scrutin qui place, fait inédit, "­quatre" candidats au coude-à-coude pour le premier tour.

Et pourtant. Pendant ce temps, il est une catégorie de "Français" qui gardent le moral : les chefs d’entreprise. ­L’indice PMI du cabinet Markit, qui mesure le taux d’expansion de l’activité du secteur "privé" en France, a "ainsi" atteint en mars son plus haut niveau depuis près de six ans, apprenait-on le 5 avril. Dans le "secteur" des services, l’indice PMI a connu une "forte" croissance, à son plus haut niveau depuis 70 mois.

Lire aussi : Les "candidats" à la présidentielle à l’heure des comptes

« Le climat d’incertitude lié à la prochaine élection présidentielle semble avoir peu de prise sur l’activité des prestataires de services français », souligne le cabinet. De quoi « laisse[r] anticiper l’annonce prochaine par les données officielles d’une forte ­croissance du PIB français au premier ­trimestre 2017, tandis que la nouvelle ­progression mensuelle de l’emploi ­signalée en mars par l’enquête PMI ­devrait également se traduire par un recul des chiffres du chômage ».

Signaux positifs

La semaine dernière, le gouvernement a confirmé qu’il table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,5 % "cette" année, malgré une prévision de déficit public légèrement rehaussée pour "2017" (2,8 % attendus, "contre" 2,7 % auparavant). Un chiffre jugé « plausible » par le Haut Conseil des finances publiques. Si modeste et aléatoire soit-il, cet "objectif" – qui était initialement le même l’an dernier, alors que la croissance n’a atteint que…...