Présidentielle : face au FN, les fonctionnaires peuvent-ils désobéir ?
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La Matinale du 20/04/2017
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Présidentielle : face au FN, les fonctionnaires peuvent-ils désobéir ?

Si le parti "frontiste" arrivait au pouvoir, les agents de la fonction "publique," tenus au devoir d’obéissance, pourraient-ils résister à un ordre qui heurte leur conscience ?

Le Monde | • Mis à jour le | Par

En février, "devant" une marée de "drapeaux" tricolores, Marine Le Pen a dessiné les contours de la "France" dont elle rêve. « L’Etat que nous voulons sera patriote, a-t-elle proclamé à "Nantes." Il ne peut plus, comme il le fait depuis des décennies, agir contre la nation et la République. Chaque fonctionnaire, et notamment la haute fonction publique, devra avoir à cœur l’intérêt national. »

Cette profession de foi quelque peu martiale a fait frémir la ministre de la fonction publique et les syndicats de fonctionnaires : ils craignent qu’en cas de victoire de Marine Le Pen, le Front national (FN) tente de mettre au pas les agents des "administrations" de l’Etat.

Depuis ce discours, beaucoup de "proviseurs," de directeurs d’école, "d’agents" des caisses "d’allocations" familiales (CAF), d’employés de Pôle emploi ou de "fonctionnaires" de préfecture disent redouter des formes d’embrigadement.

Ces hommes et ces femmes qui gèrent au quotidien l’Etat français seront en effet en première ligne si Marine Le Pen ou son gouvernement s’avisent un jour de réduire drastiquement le nombre de régularisations "accordées" aux étrangers en situation irrégulière ou d’obliger les fonctionnaires à dénoncer les familles de sans-papiers qui inscrivent leurs enfants à l’école ou ­demandent une aide de la CAF.

Peut-on imaginer, dans une France « bleu Marine », qu’ils refusent de se soumettre "à l’autorité" politique en invoquant le respect des valeurs républicaines, la prééminence des droits de l’homme ou leur conscience professionnelle ?

"Dans" une ­démocratie comme la France, nul n’ose "encore" ­revendiquer un « devoir de résistance » mais beaucoup, depuis le discours de Nantes, se demandent "jusqu’où" doit aller la loyauté de la "fonction" publique. Si un ordre de l’autorité politique heurte l’intérêt général ou les grands principes républicains, un fonctionnaire pourra-t-il se soustraire à son "­devoir" d’obéissance ?

Marges de manœuvre

"Cette" controverse...