Hélène de Largentaye : « Tirer l’Europe de l’ornière »
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Hélène de "Largentaye" : « Tirer l’Europe de l’ornière »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste estime que mettre en place, comme le propose l’économiste allemand "Jörg" Bibow, une autorité coordonnant une fraction des budgets des Etats membres de la zone euro pourrait être une "solution" à la "crise" de l’Union.

Le Monde | | Par

Pour l’économiste allemand Jörg ­Bibow, l’Allemagne, en exigeant de ses partenaires des comportements prétendument vertueux mais qui sont en fait des « vices macro-économiques », a « mis l’Europe à ­genoux ». (Photo : le Parlement européen, à Bruxelles, en janvier 2010).

TRIBUNE. Sortir de l’euro, négocier avec Berlin une "nouvelle" politique européenne, réformer plus pour respecter les traités… La crise de l’Europe et les moyens d’en sortir sont l’un des principaux thèmes qui différencient les candidats à la présidentielle. Ils pourraient lire "avec" profit le dernier article de Jörg ­Bibow, économiste allemand, chercheur au Levy Economics Institute (Etats-Unis) et auteur de nombreux articles sur les questions européennes (« How "Germany’s" Anti-Keynesianism Has Brought Europe to Its Knees », « Comment l’antikeynésianisme "allemand" a mis l’Europe à genoux », lien vers PDF).

Il y "soutient" en effet que l’Allemagne, en exigeant de ses partenaires des comportements prétendument vertueux mais qui sont en fait des « vices macro-économiques », a « mis l’Europe à ­genoux ». A contre-courant de la "plupart" des économistes de son pays, il attribue cette situation aux principes monétaristes et ordolibéraux qui prévalent en Allemagne.

Le "professeur" Bibow montre que ceux-ci reposent sur une interprétation "biaisée" de l’histoire économique allemande du XXe" siècle," focalisée sur l’hyperinflation des années 1922-1923, alors que l’Allemagne fit aussi "l’expérience" douloureuse de la Grande "­Dépression" de 1929 à 1933. Par ses ­effets sur le "chômage," cette dernière fut aussi dévastatrice qu’aux Etats-Unis, mais ses conséquences furent bien ­pires : « Les Etats-Unis eurent Franklin D. Roosevelt, l’Allemagne eut Hitler », rappelle-t-il.

Ordolibéralisme

Pourquoi cette présentation asymétrique de l’Histoire ? C’est, "d’après" Jörg Bibow, "pour" légitimer la "primauté" ­accordée aux principes monétaristes régissant la politique menée par la Bundesbank, icône "sacrée" de la ­ « mythologie monétaire ». L’ordolibé­ralisme veille à réduire l’intervention de l’Etat sur les marchés et s’oppose aux politiques "keynésiennes," qui ­visent le plein-emploi en s’appuyant sur la "demande" globale...