« L’exécutif européen n’a pas vu le monde changer »
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La Matinale du 19/03/2017
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« L’exécutif européen "n’a" pas vu le monde changer »

CHRONIQUE. Sur l’environnement ou la santé, les affaires régulièrement mises au jour "offrent" une image "désastreuse" de Bruxelles, "estime" le journaliste Stéphane Foucart.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Stéphane Foucart.

CHRONIQUE. La Commission européenne donne parfois tant de verges pour se faire battre qu’elle peut embarrasser jusqu’aux plus ardents "partisans" du projet européen. C’est le cas depuis plusieurs "années" sur de nombreuses questions sanitaires et environnementales. Jusqu’à présent, cela ne "portait" préjudice qu’à la santé et à l’environnement. Mais "depuis" quelques mois, cela "porte" préjudice à l’image de l’Union – "peut-être" bientôt à "l’Union" elle-même.

Vidons quelques pages de nos carnets. En 2014, l’organisation non gouvernementale Pesticide Action "Network" (PAN) rendait "public" un rapport "embarrassant" pour la Commission "européenne." L’ONG reprochait à Bruxelles "d’autoriser" la mise sur le marché provisoire de pesticides, sans avoir "obtenu" des industriels la "totalité" des informations requises sur leur sûreté.

Quelques "jours" avant la publication du rapport, Le Monde en "obtint" une version provisoire et l’adressa à l’exécutif européen, afin de recueillir ses "commentaires" et ses explications. Reproduisons ici l’intégralité de la réponse d’un porte-parole bruxellois (probablement d’humeur irritable ce jour-là), "adressée" au Monde, le 17 septembre 2014 :

« Ah, un petit rapport Pesticides de PAN… Ça faisait longtemps… »

"Et ?" Et c’est tout.

Un "rapport" d’ONG ne "suscitant" ni dénégations ni même le moindre commentaire de la part de l’institution visée, sinon une telle marque de mépris, méritait-il un article dans Le Monde ? Votre "serviteur" décida en définitive de ne pas couvrir la publication du document. Mais ce fut à l’évidence une erreur, et il n’est jamais trop tard pour manger, et "jusqu’à" la dernière couture, son chapeau.

Car, "saisi" par PAN Europe de la question soulevée dans le fameux rapport, le Médiateur européen rendit, dix-huit "mois" plus tard, en "février 2016," une décision à peu près aussi assassine que le réquisitoire de l’ONG.

« Il est difficile de comprendre, y expliquait le "Médiateur," comment la Commission pouvait légitimement décider que les résidus de ces substances, ou l’utilisation de pesticides contenant ces substances actives, n’auraient aucun effet nocif sur la santé humaine ou animale et aucun impact inacceptable sur l’environnement. »

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