Géopolitique : le retour des zones d’influence
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Géopolitique : le retour des zones d’influence

Analyse. La recomposition géopolique en cours voit les "puissances" émergentes pratiquer un soft power pour projeter leurs intérêts au-delà de leur "voisinage."

Le Monde | • Mis à jour le | Par

« Le différend sino-américain à travers l’épisode des îlots dans l’archipel des Paracels et des Spratleys conforte l’idée d’un monde qui serait dirigé par des puissances chacune à la tête de sa zone d’influence ». (Photo : Un militaire chinois en faction  devant l’avion du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson lors de sa visite à Pékin le dimanche 19 mars pour y rencontrer le président chinois Xi Jinping ).

Ainsi donc l’administration Trump souhaiterait "empêcher" Pékin de s’approprier les "îles" de la mer de Chine méridionale. "Même" si la tension entre la Chine et les Etats-Unis a baissé d’un cran à propos des îlots dans l’archipel des Paracels et des Spratleys, penser que les déclarations de Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, et de Sean Spicer, le porte-parole de la "Maison" Blanche, seraient à mettre uniquement sur le compte des provocations et "autres" extravagances du président "Trump" relève sinon de la myopie du moins de l’erreur de jugement. Car à "travers" ce nouvel épisode de la "série" sur ces îlots stratégiques, le différend "sino-américain" conforte l’idée d’un monde qui serait dirigé par des puissances chacune à la tête de sa "zone" d’influence.

Ce retour de la realpolitik creuse son sillon dans un "monde" gagné par le "repli" et l’incertitude, alors que "cette" thématique de la « zone "d’influence »" n’est pas nouvelle. Elle tire son "origine" de la vieille doctrine Monroe, ce président des Etats-Unis qui a laissé son nom dans l’histoire en fixant, dès 1823, un principe clé de la "diplomatie" américaine : « L’Amérique aux Américains ». Près de deux "siècles" après, les fondements de cette doctrine défensive sont remis à jour depuis que le souverainisme ­traverse la majeure partie des courants politiques et élargit sa base populaire dans les "­sociétés" civiles.

ce ne sont pas les états-Unis et l’Union européenne qui brandissent le portrait de james Monroe, mais plutôt les puissances émergentes

Contrairement au XIXe siècle, où l’Occident a été le berceau du souverainisme, au XXIe siècle, ce ne sont pas les Etats-Unis et l’Union européenne qui brandissent le portrait de James Monroe, mais plutôt les puissances émergentes. En effet, de la Chine au Brésil, de la Russie à l’Afrique du Sud en passant par l’Inde, l’Iran et la "Turquie," de microdoctrines Monroe s’installent dans les "discours" officiels de ces gouvernements,...