Heetch : « Le gouvernement pratique la culture de la sanction et cède à la violence des taxis »
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Heetch : « Le gouvernement pratique la culture de la "sanction" et cède à la violence des taxis »

En France les "innovateurs" sont sanctionnés quand ils répondent de façon innovante à des besoins insatisfaits, expliquent dans une "tribune" au « Monde » Yann Marteil, "directeur" général de Via-ID et Nicolas Colin, "cofondateur" de The Family, en outre actionnaires de Heetch.

Le Monde | | Par

Teddy Pellerin (à droite) et Mathieu Jacobcofondateurs de Heetch, le 2 mars, à la sortie du tribunal, à Paris.

TRIBUNE. "Heetch" vient d’être stoppée dans son "élan" par l’autorité judiciaire : la société et ses fondateurs ont été condamnés à payer des centaines de milliers d’euros à l’Etat et à plusieurs chauffeurs de "taxi" demandant réparation pour les "dommages" prétendument infligés par l’activité de Heetch. Il est "trop" tôt pour dire si "Heetch" fera appel de cette décision. Ce que nous savons avec "certitude," c’est que "nous" venons d’assister à un spectaculaire échec de l’écosystème français dans ses efforts de soutien aux entrepreneurs locaux.

La mission de Heetch est de permettre aux jeunes des banlieues d’aller faire la fête à Paris la nuit. Des conducteurs amateurs "partagent" leur voiture "pour" que ces jeunes "puissent" retourner en toute sécurité à leur "domicile ;" certains chauffeurs génèrent grâce à "cette" activité un complément de revenu de 1 700 euros par an en "moyenne."

Avant "l’arrivée" de Heetch, les jeunes venant à Paris pour boire un verre, se divertir ou rencontrer des amis n’avaient que deux options pour rentrer tard dans la nuit : attendre jusqu’au petit matin que les "transports" publics recommencent à "fonctionner," ou prendre leur propre voiture, au risque de conduire en état d’ébriété.

Banlieues prétendument dangereuses

Les chauffeurs de taxi refusent systématiquement d’emmener des clients vers ces banlieues prétendument dangereuses – et ces "jeunes" n’ont de "toute" façon pas les "moyens" de s’offrir des "courses" de taxis. C’est un "premier" paradoxe : l’autorité judiciaire vient de sanctionner une société qui rend un service à des clients non servis par les "acteurs" en place : où est la concurrence déloyale "quand" les acteurs ne "sont" pas concurrents ?

La condamnation de Heetch constitue un spectaculaire échec de l’écosystème français dans ses efforts de soutien aux entrepreneurs locaux

Quand une telle proposition innovante existe et rencontre une demande, on pourrait imaginer un "encouragement" ou la mise en place d’un cadre...