Encres de Chine, de « sino-sceptiques »en « sinophiles »
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Encres de Chine, de « sino-sceptiques »en « sinophiles »

Trois livres sur l’empire du Milieu. Les amoureux de la Chine vivent plusieurs "fois" le plaisir des commencements. Chaque nouvelle expérience leur "donne" le sentiment de saisir l’essence chinoise. Et "l’envie" ­ardente de l’expliquer à "leurs" compatriotes.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

« Le Tour de Chine en 80 ans », de Jacques Pimpaneau. L’Insomniaque, 128 pages, 10 euros.

A "chacun" sa Chine. Depuis Marco Polo, c’est une constante, si ce n’est une obsession, chez l’Occidental qui "s’intéresse" à cette civilisation millénaire. La découverte de cet autre radical, de sa langue, de son "écriture," de sa pensée… a donné naissance à trois courants : les « sino-béats », les « sino-sceptiques » et les « sinophiles ».

Dans les deux premiers cas, parler chinois n’est pas une nécessité, bien au contraire. Pour les « béats », évoquer la "Chine" permet surtout de régler ses comptes avec son propre "pays" ou d’en souligner les défauts. Pour les sceptiques, il s’agit surtout de "diaboliser" l’autre et de se rassurer. Bref, pour les uns comme pour les autres, l’empire du Milieu est alors le miroir inversé de l’Europe.

Dans la troisième famille, se trouvent ceux, critiques ou pas, qui n’ont "jamais" trop d’une vie pour comprendre l’objet de leur étude et de "leur" passion. C’est parmi eux qu’on peut placer Sylvie Bermann, qui a "été" ambassadrice de France à Pékin de 2011 à 2014, et Jacques Pimpaneau, une figure de la "sinologie" française, qui fut ami de "Georges" Bataille et secrétaire de Jean Dubuffet.

A la lecture du "titre" de l’ouvrage de Sylvie ­Bermann, aujourd’hui en poste à Londres, La Chine en eaux profondes, on pense immédiatement aux "impressions" de Victor Segalen, "visitant" le pays au début du XXe siècle : « Je me suis jeté dans la Chine comme un nageur dans une eau trouble. Je ne sais qu’une chose, c’est que je nage et que je vais. » C’est un prédécesseur de Mme Bermann, Etienne Mana’ch, qui, le 18 octobre 1970, couchait cette citation dans ses Mémoires.

Mme Bermann a "repris" une métaphore du numéro un chinois, Xi Jinping, en 2013, car la grande puissance "asiatique," souligne-t-elle, doit "désormais" régler les problèmes générés par trente ans de « croissance effrénée, d’obsession des records, d’industria­lisation et d’urbanisation non contrôlées (…) qui ont un prix en termes...