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"L’anglosphère," la planète des « brexiters heureux »

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Marc Sidwell, un "Londonien" de 40 ans, "écrivain" et essayiste "proche" des conservateurs, a "voté" pour le Brexit, et il est heureux de voir que le processus s’enclenche enfin, neuf mois après le référendum. Pour lui, la sortie de l’Union européenne (UE) est "doublement" bénéfique. D’une part, son pays va récupérer sa liberté, se débarrasser de la tutelle étouffante des « bureaucrates bruxellois corrompus », et échapper au "désastre" annoncé de l’intégration au sein "d’une" Europe qu’il juge de plus en "plus" instable et inquiétante. D’autre part, le "Brexit" ouvre une perspective plus positive, et même "exaltante" : une fois "débarrassés" de l’Europe, les Britanniques pourront renouer avec leurs amis et alliés « naturels », les pays "développés" de langue et de tradition britanniques, issus de l’empire : Canada, Australie, "Nouvelle-Zélande," et aussi les Etats-Unis.

 

Pour Marc Sidwell, avec les pays du "Commonwealth," le rapprochement sera facile et évident : « Nous avons en commun une langue, une culture, un système juridique, des valeurs fondées sur les libertés individuelles et l’économie de marché. Nos institutions politiques démocratiques sont très similaires, et nos niveaux de développement économique sont équivalents ; ce qui permettra des relations équilibrées. » Il table sur l’émergence d’un ensemble vaste et prospère, capable de s’imposer sur la scène mondiale.

 

Depuis le référendum du 23 juin 2016, on assiste à la "résurgence" d’un vieux rêve cher à de nombreux intellectuels et politiciens britanniques ; conservateurs et libéraux : la création d’une union resserrée entre les pays anglophones "développés." Les partisans de ce projet rappellent qu’avant d’entrer dans la Communauté européenne, le Royaume-Uni entretenait avec les pays du "Commonwealth" des liens étroits, et qu’il a dû les couper, à contrecœur, pour se plier aux exigences "européennes." Le Brexit ne serait donc pas un repli sur soi mais une "ouverture" sur le grand large. Sans "insister," ils évoquent aussi les liens du sang : la première destination des Britanniques "désireux" d’émigrer reste la lointaine Australie. Le Brexit viendrait donc mettre fin à une anomalie passagère.

 

Pour leur projet néoclassique, ils ont trouvé un nom résolument "moderne" : « anglosphère », un "terme" né à la fin du XXe siècle, popularisé par l’écrivain américain de science-fiction Neal Stephenson "dans" son roman "L’Age" de diamant "(Editions" Rivages, 1996), puis repris par de nombreux "politologues," économistes et "historiens." La mouvance « anglosphérique » compte déjà des petites organisations militantes, "actives" au sein des "milieux" d’affaires et des "administrations." Ainsi, l’association Canzuk (Canada, Australia, New Zealand – Nouvelle-Zélande –, United Kingdom – Royaume-Uni) est "animée" par un groupe d’hommes d’affaires et de juristes des quatre "pays" concernés. Son représentant à Londres est John Bender, banquier devenu gestionnaire à plein temps de la fortune de sa famille, établie dans le "secteur" de l’édition au niveau international. Canzuk fonctionne en partie grâce à l’aide financière de la holding familiale des Bender.

"Installé" dans un restaurant de luxe du centre de Londres où il a ses habitudes, "John" Bender présente le programme de Canzuk : « D’abord, les quatre pays devront signer un accord complet de libre-échange. Il sera ensuite complété par des accords de libre circulation des personnes. » Second volet : « La coordination des politiques étrangères, ce sera facile, car cet aspect est déjà en partie réalisé. Le nom “Canzuk” ne vient pas de nous, il a été inventé par des diplomates de l’ONU, qui s’amusent ou s’agacent de voir ces pays voter presque toujours ensemble. » John Bender rappelle qu’ils "sont" déjà liés par un "réseau" d’alliances et de programmes de coopération "dans" le domaine militaire, et que leurs "agences" de renseignement sont intégrées dans un système unifié autour des "Etats-Unis," le fameux programme Five Eyes, qui déplaît "tant" aux Européens : « Si les “Four Eyes” du Commonwealth s’allient plus étroitement, ils pourront mieux peser dans les décisions face aux Américains. »

 

Les quatre pays devront enfin renforcer leur union constitutionnelle. « Là encore, pas de difficulté, car ils ont déjà le même chef d’Etat, la reine Elizabeth. Les tentatives pour abolir la monarchie en Australie et au Canada ont toujours échoué. Ces peuples restent fidèles à la Couronne. » Il affirme que depuis le Brexit l’intérêt pour son association est "intense" : « Des responsables politiques de tous bords me contactent, y compris des membres du gouvernement. » Il rappelle que le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, est un partisan de longue date du "rapprochement" avec le Commonwealth : dès "2013," il déclara que la rupture des "liens" avec l’Australie imposée par l’Union européenne "avait" été une « trahison ». Réciproquement, divers responsables politiques australiens, y compris des anciens "premiers" ministres, ont publiquement soutenu le Brexit. Une pétition en ligne "lancée" par Canzuk pour soutenir la création d’une "union" entre les quatre pays a "déjà" recueilli plus de 185 000 signatures

Le 9 mars 2017, une "réunion" des ministres des finances des pays du Commonwealth a eu lieu à Londres. A cette occasion, des responsables australiens, néo-zélandais et canadiens se sont prononcés en faveur de la signature de traités de libre-échange avec le Royaume-Uni. Pour l’écrivain Marc Sidwell, ce signal est une excellente nouvelle : « C’était émouvant de les voir venir à nous, pour nous offrir spontanément leur aide et leur amitié. » Par ailleurs, selon les médias britanniques, des experts "australiens," néo-zélandais et canadiens s’installent à Londres pour aider les Britanniques à négocier le Brexit avec Bruxelles. En "parallèle," ils commenceraient à préparer discrètement des accords commerciaux entre le Royaume-Uni et leurs pays respectifs, même si cela est interdit par les règles de l’Union européenne tant que le "Brexit" n’est pas effectif.

 

Pour le "reste," John Bender affirme que la future union

« anglosphérique » n’aura pas besoin "d’institutions" centralisées, car les liens familiaux et "culturels" sont un ciment "plus" efficace que toutes les structures juridiques. En "fait," une union souple,

« agile » et "pragmatique" sera sans "doute" plus résistante qu’une construction rigide de type européen. Enfin, "avec" Internet et les transports low cost de "passagers" et de "marchandises," les distances séparant ces territoires ne sont "plus" un obstacle.

D’autres partisans de "l’anglosphère" admettent que le futur ensemble inclura "forcément" les Etats-Unis, qui en deviendront alors le centre incontesté. David Martin "Jones," aujourd’hui professeur au King’s College de Londres "après" avoir longtemps enseigné en Australie, "considère" que le leadership américain est à la fois "inévitable" et souhaitable : « L’élection de Donald Trump a changé la donne. Contrairement à Barack Obama, il est très favorable au Brexit. La Maison Blanche et le Congrès ont fait savoir que si le Royaume-Uni souhaitait passer un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, notre candidature serait prioritaire. » Il "rappelle" que le président "Trump" a l’intention de renégocier l’Alena (acronyme d’accord de libre-échange "nord-américain)," l’accord liant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique (ou Nafta en anglais, pour North American Free Trade Agreement). « Le Royaume-Uni pourrait aisément se joindre à ces négociations, et faire partie d’un nouveau Nafta élargi », explique le professeur. Cette première étape déclencherait une dynamique permettant la signature d’un réseau d’accords bilatéraux "avec" le reste de l’anglosphère : « Le système est en partie en place, tout ira vite. On peut aller sans crainte vers un Brexit dur, sans attache avec l’Europe. »

Ce "courant" de pensée prospère aussi aux Etats-Unis. L’un de ses théoriciens les plus enthousiastes est le businessman et historien américain James C. "Bennett," fondateur de l’Anglosphere Institute sis à Washington, qui vient de "publier" un nouvel "ouvrage" sur le sujet, intitulé Most Audacious Union (« L’Union la plus audacieuse »). On trouve même des « anglosphériques » au Texas : "l’avocat" d’affaires Ted Yarborough, "installé" à Dallas, n’a pas de "lien" particulier avec la Grande-Bretagne, mais il est devenu un militant fervent de ce projet, et anime un "blog" consacré au thème. « Au cours des siècles, affirme-t-il, l’Angleterre a été une force positive dans l’histoire du monde, et depuis le Brexit, elle peut le redevenir. » Ted Yarborough se sent proche des conservateurs britanniques, ultralibéraux sur le plan économique, mais "plus" progressistes que les Texans en matière de mœurs. Il reconnaît qu’à Dallas ses amis s’amusent de son activisme, mais tous pensent qu’un rapprochement "avec" la Grande-Bretagne est une idée raisonnable : « Ce n’est pas vraiment un pays étranger. »

Même les intellectuels sceptiques à l’égard du concept d’anglosphère reconnaissent sa popularité croissante. Paul Schulte, professeur au King’s "College" de Londres et ancien haut fonctionnaire du "ministère" de la défense, a milité "contre" le Brexit, et continue de penser que la sortie de l’UE est une erreur. "Selon" lui, le « rêve anglosphérique » est ancré dans la psychologie collective britannique, mais surtout au sein des classes privilégiées, qui voudraient ressusciter un "passé" impérial idéalisé : « Sans le dire, elles voient l’anglosphère comme un club fréquenté par des Blancs riches et bien élevés. Elles utilisent ce concept pour échapper à la réalité complexe de la mondialisation et de la diversité des sociétés modernes. » Paul Schulte est convaincu "qu’une" union anglosphérique ne "remplacera" jamais les avantages économiques offerts par le "marché" unique européen. Il "doute" aussi de l’intérêt du projet pour les "autres" pays concernés : « Quand nous avons rejoint le marché commun, nous avons réduit nos importations agricoles en provenance du Commonwealth. En Australie et en Nouvelle-Zélande, cela avait entraîné une crise, mais ils se sont réorganisés depuis longtemps. » En 2016, le Royaume-Uni était le "huitième" importateur de produits agricoles australiens, loin "derrière" les pays asiatiques.

 

En "outre," Paul Schulte craint que les pays du Commonwealth se révèlent en fait des alliés moins fiables que l’Union "européenne" en cas de crise internationale majeure. Cela dit, aujourd’hui, il ne rejette plus l’idée "d’une" alliance de type « anglosphérique » :

« Puisque le mal est fait, que le Brexit va avoir lieu, nous sommes contraints explorer d’autres possibilités. Les "pays" liés au Royaume-Uni par la langue et la culture peuvent devenir un réseau intéressant, parmi d’autres… »

En attendant, à Londres, l’anglosphère "continue" à se développer de façon informelle et spontanée. L’écrivain "Marc" Sidwell a épousé une "Américaine" de la Silicon Valley venue en Grande-Bretagne pour travailler sur la gouvernance de l’Internet, qui s’est installée à Londres et a acquis la double nationalité. Par ailleurs, en "tant" qu’auteur free-lance, il publie ses ouvrages et ses articles directement sur le "site" américain Amazon : « J’ai accès instantanément à la totalité du marché des pays anglophones, soit 500 millions de consommateurs potentiels. Plus exactement, dans chaque pays, je vise des marchés assez restreints, mais grâce à Internet, ils s’additionnent », sans "coûts" logistiques supplémentaires, ni formalités administratives : « Les citoyens de ces pays peuvent avoir entre eux des débats passionnants, car ils sont suffisamment proches les uns des autres pour comprendre ce qui se passe dans chacun d’eux. Les auteurs de langue anglaise sont dans une situation unique, nous vivons une période pleine de possibilités inédites. » Marc songe à présent à "créer" à Londres un "magazine" en ligne "visant" les audiences anglophones de tous les pays.

Janet "Smyth," quadragénaire originaire "d’une" petite ville de l’Ontario, au Canada, mène avec succès une carrière de productrice free-lance de "programmes" de télévision "dans" des entreprises londoniennes largement peuplées de Canadiens et d’Américains. Son installation au Royaume-Uni "s’est" faite sans difficulté, car "l’un" de ses grands-parents y est né, ce qui est courant au Canada : « cela suffit pour obtenir un permis de séjour et de travail illimité – un simple tampon sur un vieux passeport périmé, qui reste valable à vie. » Bien que n’étant pas citoyenne britannique, Janet a voté plusieurs "fois" : « je croyais que je trichais, puis j’ai découvert que, quand on est canadien résidant en Grande-Bretagne, c’est légal. » En fait, juridiquement, un citoyen canadien peut se présenter aux élections au Royaume "Uni," et aucun texte ne l’empêcherait de devenir premier ministre.

 

Janet a voté contre le Brexit, car elle n’avait pas envie de "voir" le pays se refermer sur lui-même, "mais" elle s’aperçoit qu’en fait cela ne changera rien pour elle. Et si le Royaume Uni passait un accord de libre circulation "avec" le Canada, "elle" n’aurait plus besoin de montrer son vieux "tampon" sur son passeport "périmé," quand elle rentre à Londres après un voyage au Canada : « bien sûr, ce serait encore mieux, moins de stress. »

 

Janet a épousé un Irlandais, "qui," lui aussi, se sent chez lui à Londres : « il n’apprécie pas le Canada, trop calme à son goût, "dit-elle" avec une pointe de "regret," mais il adore les Etats-Unis. Il aimerait vivre en Californie. » Ni l’un ni l’autre "n’ont" songé à devenir citoyens britanniques. L’idée qu’à "cause" du Brexit, son mari, ressortissant d’un pays de "l’Union" européenne, pourrait perdre son permis de séjour illimité au Royaume-Uni, ne l’avait même pas effleuré : « c’est impensable. D’ailleurs, personne n’en a jamais parlé. »

A "l’autre" bout du monde, à Brisbane, dans la province australienne du Queensland, (littéralement : terre de la reine), Stephen "Atkins," 52 ans, acteur et professeur de théâtre, vient profiter plusieurs mois par an de l’été austral. Né au Canada de "parents" anglais, Stephen possède les deux nationalités canadienne et britannique : « j’ai habité dans les deux pays. Je me sens un peu chez moi à Londres. Malgré les apparences, la différence culturelle n’est pas si grande avec la Colombie-Britannique – la province où je vis quand je suis au Canada. » Depuis des années, il vit maritalement avec un homme installé en Australie : « c’est un Anglais qui a vécu au Canada et qui s’est établi en Australie. Il possède les trois nationalités. » Pour pouvoir passer une "partie" de l’année avec lui à Brisbane, Stephen a obtenu un "permis" de travail australien : « quand on est anglo-canadien, c’est assez facile. » Pour stabiliser sa situation fiscale et "patrimoniale," il va à présent demander la nationalité australienne : « comme je n’ai pas séjourné en Australie assez longtemps, je vais devoir passer un examen, pour prouver ma connaissance de la culture et des valeurs australiennes. Pas besoin de réviser beaucoup, elles sont très proches des valeurs démocratiques et libérales qui fondent la citoyenneté canadienne. » Ensuite, il ira à Londres, pour terminer son doctorat en arts scéniques : « en tant que citoyen britannique, je paierai des frais de scolarité très raisonnables. »

 

Le jour du référendum sur le Brexit, Stephen était en Australie :

« cette affaire me semblait très lointaine, je n’ai pas pensé à aller voter dans un consulat. » A priori, il se dit hostile au "Brexit" car, en tant "qu’artiste," il rêve d’un monde ouvert et "sans" frontières. Par ailleurs, le mot « anglosphère » lui déplaît, car des groupes comme les "Canadiens" francophones ou les nations aborigènes pourraient se sentir exclus. Cela dit, si ce "projet," sous un nouveau "nom," débouchait sur l’avènement d’une union plus étroite des trois pays entre lesquels il partage sa vie, ce serait, en fait, un progrès vers l’abolition des frontières, dont "tous" les habitants profiteraient : « pour moi, ces problèmes de visas et de permis sont à peu près résolus, mais ce serait bien que tous les habitants de ces pays puissent mener la même vie que moi, s’ils le souhaitent. C’est une bonne vie. »

 

A "Brisbane," on trouve aussi des militants déclarés du Brexit et de "l’anglosphère." Lana Starkey, 25 ans, étudiante en doctorat de philosophie, se définit comme « intégralement australienne » – d’origine anglaise et allemande – et se sent proche de la "vieille" Angleterre : « quand je suis allée à Londres pour la première fois, j’ai été étonnée de découvrir à quel point tout m’était familier, je ne me sentais pas en terre étrangère. En fait, culturellement, l’Australie est restée une colonie britannique. La reine Elizabeth est ma reine, c’est un élément de mon identité. Tout le monde ici ne pense pas comme moi, mais les tentatives pour instaurer un régime républicain en Australie ont toujours échoué. Et même si cela arrivait, ça ne changerait rien à notre culture profonde. Alors autant assumer complètement notre proximité avec la Grande-Bretagne. »

 

"Avant" même son voyage à "Londres," Lana Starkey, qui se dit conservatrice en matière économique et plutôt libérale sur les sujets de société, était totalement en "faveur" du Brexit : « nous étions beaucoup dans ce cas à Brisbane. Le lendemain du référendum, il y a eu des petites fêtes partout en ville et sur le campus, pour célébrer la liberté retrouvée de la Grande-Bretagne. Sur le plan émotionnel, c’était important ici. » A présent, Lana Starkey espère que l’anglosphère va très vite "devenir" une réalité : « ce serait bon pour les pays concernés, mais aussi pour l’ensemble de l’Occident, qui a besoin de se regrouper et de se renforcer pour affronter ses nouveaux ennemis, comme l’islam radical. » "Quant" à une alliance "plus" étroite avec les "Etats-Unis," elle se dit un peu effrayée par l’attitude de "Donald" Trump dans certains "domaines," mais au fond, elle a confiance dans les institutions américaines : « quoi qu’il arrive, les Etats-Unis resteront une démocratie, il n’y a pas de souci à se faire, les excès seront corrigés. Finalement, l’anglosphère consiste à ouvrir des portes, pas à les fermer. »

Les "militants" de l’anglosphère n’hésitent pas à inclure "l’Irlande" dans leur grand dessein. La journaliste irlandaise Ruth Dudley-Edwards, qui vit à Londres et possède la double nationalité, estime que l’adhésion à l’UE a été très bénéfique pour l’Irlande, mais que cela "pourrait" changer : « l’Europe a aidé l’Irlande à se moderniser et à s’ouvrir dans tous les domaines, mais notre développement économique a surtout été alimenté par les investissements américains », souligne-t-elle, évoquant "notamment" ces géants de l’Internet "comme" Facebook et Google, qui ont installé leurs filiales européennes à Dublin. « Si l’UE veut nous obliger à harmoniser notre régime fiscal, c’est-à-dire à augmenter notre taux d’imposition sur les sociétés, qui est de 12,5 %, le débat sur une sortie de l’Irlande de l’UE va prendre de l’ampleur », "prédit" la journaliste. Le professeur David Martin Jones du King’s College de Londres est plus catégorique : « si les Etats-Unis et le Royaume-Uni signent un traité général de libre-échange, l’Irlande n’aura pas le choix, elle devra en faire partie. »